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Электронная книга - «Le Procès». Краткое содержание книги:

Joseph K., employé de banque modèle et sans problème, est arrêté un matin par des inconnus vêtus d'un uniforme de voyage. K. reste pourtant libre de continuer à vivre comme si rien ne s'était produit, mais il est sans arrêt surveillé et épié par trois de ses collègues de travail. Pensant, au début, que tout cela n'était qu'une vile plaisanterie, K. ne tient pas compte de ce qui se passe. Intrigué par l'absurdité de la situation, il interroge les policiers sur son arrestation et n'obtient aucune réponse: c'est alors qu'un sentiment de culpabilité s'empare de lui. Pour montrer que tout le monde se trompe à son sujet, il accepte de venir à toutes les convocations et de comparaître devant le tribunal. Angoissé, il cherche par tous les moyens à s'innocenter et commence alors à négliger son travail. Sur le conseil de son oncle, il engage un avocat qu'il va renvoyer par la suite à cause de son inefficacité, ce qui le contraint à assurer lui-même sa propre défense devant la Cour de Justice…
Un roman d'une modernité absolue, la grande Oeuvre kafkaïenne: les situations sont impossibles, les personnages irréels, l'histoire peu plausible, et pourtant nous savons tous, lorsque nous lisons ce texte, que Kafka nous parle profondément, véridiquement, de nous, de la société, de ce drôle d'animal social qu'est l'homme.
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Quand Mme Grubach vint servir à K. son déjeuner – depuis qu’elle l’avait irrité, elle assumait elle-même tout son service – il ne put se retenir de lui adresser la parole, pour la première fois depuis le fameux soir:

«Pourquoi y a-t-il donc aujourd’hui un pareil bruit dans le vestibule? demande-t-il en se servant le café; ne pourrait-on y mettre fin? N’y a-t-il pas d’autre jour que le dimanche pour faire les nettoyages?»

Bien qu’il n’eût pas regardé Mme Grubach, il remarqua qu’elle poussait un soupir comme une personne soulagée. Elle voyait une sorte de pardon, ou tout au moins une sorte de début de pardon, jusque dans ces questions de K.

«Ce n’est pas un nettoyage, monsieur K., dit-elle, c’est simplement Mlle Montag qui déménage pour aller chez Mlle Bürstner et qui transporte ses affaires.»

Elle n’ajouta rien, attendant de savoir comment K. prendrait la chose et s’il lui permettrait de continuer à parler. Mais K. la laissa d’abord faire en silence un moment en remuant pensivement la cuillère dans son café. Puis il la regarda et dit:

«Avez-vous déjà abandonné vos anciens soupçons au sujet de Mlle Bürstner?

– Ah! Monsieur K., répondit alors Mme Grubach – qui n’attendait depuis le début que cette question – en tendant vers K. ses mains jointes, vous avez pris dernièrement si tragiquement une remarque de rien du tout! J’étais bien éloignée de songer à vous blesser ni vous ni qui que ce fût; vous me connaissez depuis assez longtemps, monsieur K., pour pouvoir en être convaincu! Vous ne pouvez pas savoir ce que j’ai souffert ces jours derniers. Eh quoi! c’est moi qui irais calomnier mes locataires! Et vous, monsieur K., vous le croyiez et vous disiez qu’il fallait vous donner congé! vous donner congé!»

Cette dernière exclamation se perdit dans les larmes; Mme Grubach porta son tablier à son visage et se mit à sangloter bruyamment.

«Ne pleurez donc pas, dit K. en regardant par la fenêtre, car il ne songeait qu’à Mlle Bürstner et qu’elle allait héberger une jeune fille dans sa chambre. Ne pleurez donc pas», répéta-t-il en se retournant vers sa propriétaire.

Et, en voyant qu’elle pleurait toujours:

«Moi non plus je n’avais pas parlé aussi sérieusement que vous le pensez; nous nous sommes mépris tous deux, cela peut arriver même à de vieux amis.»

Mme Grubach baissa un peu son tablier pour voir si K. faisait vraiment bon visage.

«Eh oui! c’est comme ça!» dit K.

Et comme l’attitude de Mme Grubach semblait montrer que le capitaine n’avait rien dit, il osa même ajouter:

«Croyez-vous donc vraiment que je pourrais me brouiller avec vous pour une étrangère?

– C’est justement ça, monsieur K., dit Mme Grubach, car elle avait le malheur de dire toujours ce qu’il ne fallait pas dès que la contrainte l’abandonnait. Je ne cessais de me demander: Pourquoi M. K. s’occupe-t-il tant de Mlle Bürstner? Pourquoi se dispute-t-il avec moi alors qu’il sait que de sa part le moindre mot peut m’empêcher de dormir? Je n’ai rien dit de la demoiselle que ce que j’avais vu de mes yeux.»

K. ne répondit pas, car il n’aurait pu s’empêcher de mettre Mme Grubach à la porte au premier mot, et il ne voulait pas le faire. Il se contenta de boire son café et de faire sentir à Mme Grubach la superfluité de sa présence.

On recommençait à entendre dehors le pas traînant de Mlle Montag qui traversait le vestibule.

«Entendez-vous? dit K. en indiquant le couloir du bout de l’index.

– Eh oui! dit Mme Grubach en soupirant; je voulais l’aider et même lui prêter la bonne; mais elle est très entêtée, elle a tout voulu déménager elle-même. Je m’étonne de la conduite de Mlle Bürstner; je suis souvent lasse de garder Mlle Montag, et voilà que Mlle Bürstner la prend maintenant dans sa chambre!

– Pourquoi vous en inquiéter? dit K. en écrasant un restant de sucre dans sa tasse. Cela vous cause-t-il quelque tort?

– Non, dit Mme Grubach, en lui-même ce déménagement me fait même plaisir, car il me laisse une chambre à donner à mon neveu le capitaine. Je craignais depuis longtemps qu’il ne vous eût dérangé en restant dans le salon où j’avais été obligé de le loger, car il ne se gêne pas beaucoup.

– Quelle idée! dit K. en se levant; il n’est pas question de cela; vous avez l’air de me croire bien nerveux parce que je ne peux pas supporter ces pérégrinations de Mlle Montag! Allons, bon! la voilà qui retourne encore!»

Mme Grubach sentit toute son impuissance:

«Dois-je lui dire, monsieur K., de remettre à un peu plus tard le reste de son déménagement? Si vous voulez, je vais le faire tout de suite.

– Elle doit pourtant aller, dit K., chez Mlle Bürstner?

– Oui, répondit Mme Grubach sans trop saisir l’intention de K.

– Eh bien, alors, dit K., il faut bien qu’elle y porte ses affaires!»

Mme Grubach se contenta de hocher la tête. Cette muette impuissance qui avait l’air d’une bravade augmenta encore l’irritation de K.; il se mit à aller et venir de la porte à la fenêtre, empêchant ainsi sa propriétaire de s’en aller comme elle l’eût fait probablement sans cette navette.

K. venait juste d’atteindre la porte une fois de plus quand on frappa. C’était la bonne qui venait annoncer que Mlle Montag désirait échanger quelques mots avec M. K. et le priait de venir à la salle à manger où elle l’attendait. K. écouta pensivement, puis il se retourna d’un air presque ironique vers Mme Grubach qui en fut effrayée. Cette ironie semblait dire en effet que K. avait déjà prévu depuis longtemps l’invitation de Mlle Montag et qu’elle n’avait rien d’étonnant après tous les ennuis qu’il avait déjà dû essuyer ce matin-là de la part des locataires de Mme Grubach. Il renvoya la bonne en faisant dire qu’il venait, puis il alla à son armoire pour changer de veste, et, comme la propriétaire gémissait doucement sur l’importunité de Mlle Montag, il lui répondit seulement en la priant d’emporter la vaisselle du déjeuner.

«Mais vous n’avez touché à presque rien! lui dit-elle.

– Emportez quand même!» cria K.

Il lui semblait que Mlle Montag était mêlée jusqu’à cette vaisselle et qu’elle la lui empoisonnait.

En traversant le vestibule, il jeta un regard sur la porte, fermée, de Mlle Bürstner; mais ce n’était pas là qu’il était invité, c’était à la salle à manger, et il l’ouvrit en coup de vent, sans même prendre la précaution de frapper.

La pièce était longue, étroite, avec une seule fenêtre. Il y avait juste assez de place pour permettre de disposer obliquement un buffet de chaque côté de la porte, tout le reste de l’espace étant occupé par une longue table qui commençait près de l’entrée et arrivait jusqu’à la grande fenêtre qui en était rendue presque inabordable. La table était déjà servie pour un grand nombre de convives, car le dimanche presque tous les locataires mangeaient là.

Quand K. entra, Mlle Montag quitta la fenêtre et s’avança au-devant de lui en suivant le bord de la table; puis, la tête trop droite comme toujours, elle dit:

«Je ne sais pas si vous me connaissez?»

K. la regarda en fronçant les sourcils:

«Mais si, dit-il, il y a déjà assez longtemps que vous habitez chez Mme Grubach.

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