Jonathan Strange & Mr Norrell
- Автор: Кларк Сюзанна
- Год: 2007
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 978-2-221-10404-0
- Переводчик: Isabelle D. Philippe
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Jonathan Strange & Mr Norrell». Краткое содержание книги:
Voguant sur sa gloire, il fait la connaissance d’un jeune et brillant magicien qu’il prend sous son aile, Jonathan Strange. Ensemble, les deux hommes vont éblouir l’Angleterre par leurs prouesses. Jusqu’à ce que l’audacieux Strange, attiré par les aspects les plus sombres de la magie, provoque la colère de Mr Norrell.
L’association tourne à la rivalité, causant bientôt des ravages insoupçonnables...
Pour ce qui concernait le Dr Greysteel, Lord Byron pouvait se tuer n’importe quel jour de la semaine. Strange, c’était une autre affaire.
— Vous le croyez capable d’autodestruction ? s’enquit-il avec alarme.
— Oh, assurément !
— Que faire ?
— Faire ? répéta Sa Seigneurie, légèrement embarrasser. Pourquoi voulez-vous faire quelque chose ? – Puis, jugeant qu’ils avaient parlé assez longtemps d’autrui, Sa Seigneurie aiguilla la conversation sur sa personne : – Somme toute, je suis content de vous avoir rencontré, docteur Greysteel. J’avais amené un médecin d’Angleterre avec moi, mais j’ai été contraint de le renvoyer à Gênes. À présent, je crains que mes dents ne se déchaussent. Regardez[193] !
Byron ouvrit grand la bouche pour montrer sa dentition au Dr Greysteel.
Le Dr Greysteel tâta délicatement une grosse molaire blanche.
— Elles me paraissent très saines et solides, dit-il.
— Oh ! croyez-vous ? Plus pour très longtemps, j’en ai peur. Je vieillis, je me ratatine avec l’âge, je le sens. – Byron soupira. Puis, animé par une pensée plus gaie, il ajouta : – Cette crise avec Strange, savez-vous, n’eût pu survenir à un meilleur moment. Le hasard veut que j’écrive un poème sur un magicien qui lutte contre les Esprits ineffables qui président à son destin. Naturellement, en tant que modèle de mon magicien, Strange est loin d’être parfait… Il lui manque l’authentique nature héroïque. Pour ce motif, je serai donc obligé d’y mettre un peu de moi.
Une délicieuse jeune Italienne passa à leur hauteur. Byron pencha la tête à un angle très insolite, ferma les yeux à demi et se composa un visage qui suggérait qu’il allait expirer d’une indigestion chronique. Le Dr Greysteel ne put que supposer que le poète gratifiait la jeune femme de l’expression et du profil byroniens.
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Les lettres noires[194]
« Santa Maria Zobenigo
Jonathan Strange au révérend Henry Woodhope
« 3 décembre 1816
« Mon cher Henry,
« Vous devez vous préparer à des nouvelles extraordinaires. J’ai vu Arabella. Je l’ai vue et je lui ai parlé. N’est-ce pas magnifique ? N’est-ce pas là la meilleure de toutes les nouvelles ? Vous ne me croirez pas. Vous n’allez rien comprendre. Je vous garantis que je ne rêvais pas. Je n’étais pas non plus en proie à l’ivrognerie, ni à la folie ni à l’opium. Réfléchissez : vous n’avez qu’à admettre que, lors du dernier Noël à Clun, nous étions à demi ensorcelés, et tout devient crédible, tout devient possible. Quelle ironie du sort, n’est-ce pas, que, entre tous, je n’aie pas su reconnaître la magie alors qu’elle était l’unique objet de mes pensées ? Pour ma défense, je puis alléguer qu’elle était d’une sorte tout à fait inattendue et provenait d’une direction que je n’eusse jamais prévue. Pourtant, à ma grande honte, d’autres ont eu l’esprit plus délié que moi. John Hyde savait que quelque chose ne tournait pas rond et il a essayé de m’alerter, mais je ne l’ai pas écouté. Même vous, Henry, m’avez déclaré sans détour que j’étais trop pris par mes livres, que je négligeais et mes responsabilités et mon épouse. Je vous en voulais de vos mises en garde et vous ai rabroué à plusieurs reprises. Je le regrette aujourd’hui et vous en demande humblement pardon. Blâmez-moi autant que vous voulez. Vous ne pourrez jamais me juger la moitié aussi fautif que je me juge. Mais venons-en à l’essentiel. J’ai besoin que vous veniez me rejoindre à Venise. Arabella se trouve en un lieu voisin, qu’elle ne peut pas plus quitter que je peux m’y rendre… Du moins… [Suivent plusieurs lignes rayées]. Mes amis de Venise sont bien intentionnés, mais ils m’accablent de questions. Je n’ai pas de domestique, et ici il m’est difficile de parcourir la ville incognito. Sur cela, je ne m’étendrai pas. Mon cher, mon bon Henry, je vous supplie de ne pas créer de difficultés. Venez sur-le-champ à Venise. Votre récompense sera de nous voir restituer une Arabella saine et sauve. Pour quelle autre raison, sinon, Dieu a-t-il fait de moi le plus grand magicien du siècle ?
« Votre frère,