N'éteins pas la lumière
- Автор: Миньер Бернар
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: XO Éditions
- ISBN: 978-2845636316
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «N'éteins pas la lumière». Краткое содержание книги:
— J’ignore comment ces trucs se sont retrouvés dans mon tiroir ! Quelqu’un a dû se tromper de bureau… Ce n’est pas à moi !
Il ne put retenir un soupir.
— Écoute. On a tous des hauts et des bas…
— Ce n’est pas à moi, MERDE ! Il faut te le dire comment ?
Elle avait haussé le ton. Il la considéra les sourcils levés. Avant qu’il ait pu ajouter quoi que ce soit, elle avait claqué la porte et se dirigeait vers son bureau sous le feu concentré de tous les regards de l’open space.
— Putain, Chris, t’étais où ? s’exclama Ilan. Tu as vu l’h…
Il s’interrompit en découvrant son regard.
— La ferme, d’accord ?
— Débriefing dans cinq minutes, Christine.
Il ne prit même pas la peine de la regarder, cette fois. Il disparut dans son bureau. Elle serra les dents et contempla ses mails sur l’écran de son Mac. Elle avait merdé, encore une fois. Mais comment se concentrer avec ce malade dont les paroles lui mangeaient littéralement le cerveau ? Et comment ces drogues avaient-elles atterri dans son tiroir ? Elle soupira, ferma un instant les yeux, les rouvrit. Jeta un coup d’œil alentour.
Assis au bureau voisin, Ilan était tellement rouge qu’il semblait prêt à exploser. Lui non plus n’osait pas la regarder. Il faisait semblant d’être plongé dans les revues et les journaux étalés devant lui pour la prochaine revue de presse — mais son stylo tremblait de fureur dans sa main.
— Putain, t’as vu ça ? dit-il soudain.
Christine le regarda, inquiète. Son stylo tremblait toujours, tout comme sa voix.
— Une mère de famille a appelé son fils né un 11 septembre Jihad ! Et elle l’a envoyé à l’école avec un tee-shirt sur lequel était inscrit : « Je suis né un 11 septembre, je suis une bombe » ! Il paraît que ce genre de tee-shirt est en vente libre et rencontre un franc succès… Un gosse de trois ans, merde… Le tee-shirt lui a été offert par son oncle ! Et tu sais quelle a été la défense de leur avocate ? Si ma cliente avait voulu utiliser son fils de trois ans pour faire l’apologie du crime, elle ne lui aurait pas mis ce tee-shirt pour aller à l’école, entouré d’enfants qui ne savent pas lire, mais elle aurait fait le tour de la ville… Tu le crois, ça ? Tu le crois ? Et les profs, les parents d’élèves, ils savent pas lire non plus, peut-être ?
Il secoua la tête d’un air écœuré. Le téléphone vibra dans la poche de Christine au même moment et elle sentit un frisson la parcourir. L’écran affichait : numéro inconnu.
— Oui ?
— Christine Steinmeyer ?
Une voix d’homme — mais pas celle de la veille : une voix sans accent, moins grave, moins insinuante.
— C’est moi, dit-elle prudemment.
— Ici l’hôtel de police. Je vous appelle au sujet de la lettre que vous nous avez apportée hier.
Son admirateur : il n’avait pas traîné.
— Est-ce que vous pourriez passer nous voir ?
— C’est-à-dire que… je travaille.
— Eh bien, passez dès que vous aurez terminé. Demandez le lieutenant Beaulieu à l’accueil.
Elle le remercia et raccrocha. Nota qu’un nouveau mail était arrivé dans sa boîte aux lettres. Elle cliqua dessus. Il était intitulé : JEU. L’adresse de l’expéditeur, malebolge@hell.com, lui était inconnue, et elle faillit l’envoyer directement dans la corbeille, mais le message qu’il contenait attira son attention in extremis :
Jette un coup d’œil à ça