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Cyrano de Bergerac

Электронная книга - «Cyrano de Bergerac». Краткое содержание книги:

Une représentation à l'hôtel de Bourgogne (en 1640). La salle du théâtre se remplit: on va y donner une pastorale, la Clorise, dans le genre précieux. Le jeune et beau Christian de Neuvillette y vient contempler la femme qu'il aime: Roxane, une précieuse épouvantablement ravissante à qui le comte de Guiche fait la cour. La pièce commence, mais est vite interrompue par le turbulent Cyrano de Bergerac, qui interdit à l'acteur Montfleury de jouer, car il est trop gros! Des spectateurs protestent, et l'un d'eux provoque Cyrano, en critiquant son nez, très grand - ce à quoi le héros réplique par la célèbre tirade des nez, éloge de sa propre laideur, avant de se battre avec l'importun. Pendant le duel, il compose une ballade (À la fin de l'envoi, je touche!). À son ami Le Bret, il confesse qu'il aime passionnément Roxane sa cousine, mais sa laideur le laisse sans espoir...
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J'ai soustrait à mon maître un peu de luminaire.

UN GARDE, à une bouquetière qui s'avance.

C'est gentil de venir avant que l'on n'éclaire !..

(Il lui prend la taille).

UN DES BRETTEURS, recevant un coup de fleuret.

Touche !

UN DES JOUEURS.

Trèfle !

LE GARDE, poursuivant la fille.

Un baiser !

LA BOUQUETIÈRE, se dégageant.

On voit !..

LE GARDE, l'entraînant dans les coins sombres.

Pas de danger !

UN HOMME, s'asseyant par terre avec d'autres porteurs de provisions de bouche.

Lorsqu'on vient en avance, on est bien pour manger.

UN BOURGEOIS, conduisant son fils.

Plaçons-nous là, mon fils.

UN JOUEUR.

Brelan d'as !

UN HOMME, tirant une bouteille de sous son manteau et s'asseyant aussi.

Un ivrogne

Doit boire son bourgogne...

(Il boit).

à l'hôtel de Bourgogne !

LE BOURGEOIS, à son fils.

Ne se croirait-on pas en quelque mauvais lieu ?

(Il montre l'ivrogne du bout de sa canne).

Buveurs...

(En rompant, un des cavaliers le bouscule).

Bretteurs !

(Il tombe au milieu des joueurs).

Joueurs !

LE GARDE, derrière lui, lutinant toujours la femme.

Un baiser !

LE BOURGEOIS, éloignant vivement son fils.

Jour de Dieu !

- Et penser que c'est dans une salle pareille

Qu'on joua du Rotrou, mon fils !

LE JEUNE HOMME.

Et du Corneille !

UNE BANDE DE PAGES, se tenant par la main, entre en farandole et chante.

Tra la la la la la la la la la la lère...

LE PORTIER, sévèrement aux pages.

Les pages, pas de farce !..

PREMIER PAGE, avec une dignité blessée.

Oh ! Monsieur ! ce soupçon !..

(Vivement au deuxième, dès que le portier a tourné le dos).

As-tu de la ficelle ?

LE DEUXIÈME.

Avec un hameçon.

PREMIER PAGE.

On pourra de là-haut pêcher quelque perruque.

UN TIRE-LAINE, groupant autour de lui plusieurs hommes de mauvaise mine.

Or çà, jeunes escrocs, venez qu'on vous éduque.

Puis donc que vous volez pour la première fois...

DEUXIÈME PAGE, criant à d'autres pages déjà placés aux galeries supérieures.

Hep ! Avez-vous des sarbacanes ?

TROISIÈME PAGE, d'en haut.

Et des pois !

(Il souffle et les crible de pois).

LE JEUNE HOMME, à son père.

Que va-t-on nous jouer ?

LE BOURGEOIS.

Clorise.

LE JEUNE HOMME.

De qui est-ce ?

LE BOURGEOIS.

De monsieur Balthazar Baro. C'est une pièce !..

(Il remonte au bras de son fils).

LE TIRE-LAINE, à ses acolytes.

... La dentelle surtout des canons, coupez-la !

UN SPECTATEUR, à un autre, lui montrant une encoignure élevée.

Tenez, à la première du Cid, j'étais là !

LE TIRE-LAINE, faisant avec ses doigts le geste de subtiliser.

Les montres...

LE BOURGEOIS, redescendant, à son fils.

Vous verrez des acteurs très illustres...

LE TIRE-LAINE, faisant le geste de tirer par petites secousses furtives.

Les mouchoirs...

LE BOURGEOIS.

Montfleury...

QUELQU'UN, criant de la galerie supérieure.

Allumez donc les lustres !

LE BOURGEOIS.

... Bellerose, L'Épy, la Beaupré, Jodelet !

UN PAGE, au parterre.

Ah ! voici la distributrice !..

LA DISTRIBUTRICE, paraissant derrière le buffet.

Oranges, lait,

Eau de framboise, aigre de cèdre...

(Brouhaha à la porte).

UNE VOIX DE FAUSSET.

Place, brutes !

UN LAQUAIS, s'étonnant.

Les marquis !.. au parterre ?..

UN AUTRE LAQUAIS.

Oh ! pour quelques minutes.

(Entre une bande de petits marquis).

UN MARQUIS, voyant la salle à moitié vide.

Hé quoi ! Nous arrivons ainsi que les drapiers,

Sans déranger les gens ? sans marcher sur les pieds ?

Ah ! fi ! fi ! fi !

(Il se trouve devant d'autres gentilshommes entrés peu avant).

Cuigy ! Brissaille !

(Grandes embrassades).

CUIGY.

Des fidèles !..

Mais oui, nous arrivons devant que les chandelles...

LE MARQUIS.

Ah ! ne m'en parlez pas ! Je suis dans une humeur...

UN AUTRE.

Console-toi, marquis, car voici l'allumeur !

LA SALLE, saluant l'entrée de l'allumeur.

Ah !..

(On se groupe autour des lustres qu'il allume. Quelques personnes ont pris place aux galeries. Lignière entre au parterre, donnant le bras à Christian de Neuvillette. Lignière, un peu débraillé, figure d'ivrogne distingué. Christian, vêtu élégamment, mais d'une façon un peu démodée, paraît préoccupé et regarde les loges).

Scène II

Les mêmes, Christian, Lignière, puis Ragueneau et Le Bret.

CUIGY.

Lignière !

BRISSAILLE, riant.

Pas encor gris !..

LIGNIÈRE, bas à Christian.

Je vous présente ?

(Signe d'assentiment de Christian).

Baron de Neuvillette.

(Saluts).

LA SALLE, acclamant l'ascension du premier lustre allumé.

Ah !

CUIGY, à Brissaille, en regardant Christian.

La tête est charmante.

PREMIER MARQUIS, qui a entendu.

Peuh !..

LIGNIÈRE, présentant à Christian.

Messieurs de Cuigy, de Brissaille...

CHRISTIAN, s'inclinant.

Enchanté !..

PREMIER MARQUIS, au deuxième.

Il est assez joli, mais n'est pas ajusté

Au dernier goût.

LIGNIÈRE, à Cuigy.

Monsieur débarque de Touraine.

CHRISTIAN.

Oui, je suis à Paris depuis vingt jours à peine.

J'entre aux gardes demain, dans les Cadets.

PREMIER MARQUIS, regardant les personnes qui entrent dans les loges.

Voilà

La présidente Aubry !

LA DISTRIBUTRICE.

Oranges, lait...

LES VIOLONS, s'accordant.

La... la...

CUIGY, à Christian, lui désignant la salle qui se garnit.

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