L'échelle de Darwin [Darwin's Radio - fr]
- Автор: Бир Грег
- Год: 2001
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 2-221-09181-7
- Переводчик: Jean-Daniel Breque
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'échelle de Darwin [Darwin's Radio - fr]». Краткое содержание книги:
Découverte en Géorgie d’un charnier récent qui ne doit rien à la révolution ni à la guerre… Toutes les femmes étaient enceintes. Et le secret d’État pèse sur cette affaire.
Kaye Lang, généticienne de talent et peut-être de génie, découvre que la partie silencieuse de nos gènes recèle d’anciens virus susceptibles de s’éveiller. Et plus encore qu’une surprenante machinerie, enfouie dans nos gènes depuis des millions d’années, vient de s’enclencher.
Alors qu’une maladie terrifiante, le syndrome de SHEVA, se met à frapper les femmes.
L’humanité est-elle menacée, ou bien se prépare-t-elle à un nouveau bond sur l’échelle de Darwin, la voie de l’évolution ?
Secoué par le gémissement des pneus et la collision évitée de justesse, il fut pris d’une soudaine suée et sentit céder le barrage qui retenait sa colère et sa frustration.
— Va te faire foutre ! hurla-t-il au routier invisible. La prochaine fois, je transporterai le virus Ébola !
Il n’était guère d’humeur charitable. Le CDC allait être obligé de révéler ses informations au public, peut-être dans quelques semaines. À ce moment-là, si les projections étaient exactes, il y aurait plus de cinq mille cas de grippe d’Hérode dans les seuls États-Unis.
Et Christopher Dicken ne serait, au mieux, crédité que d’un bon boulot de subalterne.
8.
La maison vert et blanc, d’un style colonial datant des années 40, imposante en dépit de sa taille moyenne, se dressait au sommet d’une petite colline, entourée de chênes et de peupliers d’un âge respectable, ainsi que de rhododendrons que Kaye avait plantés trois ans plus tôt.
Elle avait téléphoné depuis l’aéroport, découvrant un message laissé par Saul. Occupé au labo d’un client de Philadelphie, il ne comptait rentrer que dans la soirée. Il était à présent dix-neuf heures, et le crépuscule brossait un ciel splendide au-dessus de Long Island. Des nuages cotonneux se libéraient d’une masse d’un gris sinistre en train de se dissiper. Sur les branches des chênes, les moineaux faisaient autant de bruit que tout un jardin d’enfants.
Elle ouvrit la porte, poussa ses valises dans l’entrée et composa le code qui désactivait l’alarme. La maison sentait le renfermé. Alors qu’elle posait ses bagages, l’un de leurs deux chats, un tigré orange baptisé Crickson, surgit de la salle de séjour, claquant doucement des griffes sur le plancher en teck du couloir. Kaye le prit dans ses bras, le gratta sous le menton, et il se mit à ronronner et à miauler comme un jeune faon malade. Temin, le second chat, était invisible. Sans doute était-il dehors en train de chasser.
Son cœur se serra lorsqu’elle découvrit la salle de séjour. Du linge sale s’y étalait un peu partout. Devant le canapé, la table basse et le tapis d’Orient disparaissaient sous les assiettes en carton. Quant à la table pour manger, elle était jonchée de livres, de journaux et de pages jaunes arrachées à un vieil annuaire. L’odeur de renfermé provenait de la cuisine : légumes avariés, café moulu éventé, emballages de plastique.
Saul s’était laissé dépasser. Comme d’habitude, elle était rentrée juste à temps pour tout nettoyer.
Kaye ouvrit en grand la porte d’entrée ainsi que toutes les fenêtres.
Elle se prépara un petit steak grillé et une salade assaisonnée avec une sauce en bouteille. Comme elle ouvrait une bouteille de pinot noir, elle aperçut une enveloppe sur le plan de travail carrelé, près de la machine à espresso. Pendant que le vin respirait, elle ouvrit l’enveloppe. À l’intérieur se trouvait une carte de vœux surchargée où Saul avait gribouillé un message.
Kaye,
Ma chérie, mon amour, mon amour, je suis profondément navré. Tu m’as manqué et, cette fois-ci, ça se voit dans toute la maison. Ne t’occupe pas du nettoyage. Je demanderai à Caddy de passer demain et je la paierai en heures supplémentaires. Détends-toi. La chambre est impeccable, je m’en suis assuré,