Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » D'ivoire, de singes et de paons [Ivory, and Apes, and Peacocks - fr]
D'ivoire, de singes et de paons [Ivory, and Apes, and Peacocks - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

D'ivoire, de singes et de paons [Ivory, and Apes, and Peacocks - fr]

Электронная книга - «D'ivoire, de singes et de paons [Ivory, and Apes, and Peacocks - fr]». Краткое содержание книги:

D'ivoire, de singes et de paons [Ivory, and Apes, and Peacocks - fr]
1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 26
Перейти на страницу:

Everard pesta intérieurement, et dans plusieurs langues. Apparemment, il va falloir que je me rende en personne à Usu, vingt ans en amont, et que je fouine un peu partout – au risque de voir l’ennemi repérer ma machine et de me faire tuer. « Eh bien, dit-il d’une voix un peu tendue, pose quand même la question, veux-tu ? Si tu ne peux rien apprendre, cela ne sera pas de ta faute.

— Non, souffla-t-elle, mais ce sera à mon grand chagrin, doux seigneur. » Elle exécuta une dernière génuflexion avant de prendre congé.

Everard alla rejoindre l’officier qui lui avait proposé une sortie. Il ne pensait pas découvrir quoi que ce soit d’intéressant à Usu ni dans ses environs, mais cette distraction serait la bienvenue.

14

Le soleil sombrait à l’horizon lorsqu’ils regagnèrent l’île. Un voile de brume recouvrait la mer, atténuant l’éclat du jour et parant d’une nuance dorée les murailles de Tyr, donnant à la cité des allures de château elfique prêt à s’évaporer dans le néant. Everard constata en débarquant que la plupart des habitants étaient rentrés chez eux. L’officier le quitta pour aller retrouver sa famille et le Patrouilleur prit la direction du palais, empruntant des rues naguère agitées où régnait désormais une atmosphère quasi spectrale.

Devant le portique se tenait une silhouette sombre que les sentinelles feignaient de ne pas voir. A l’approche d’Everard, elles se levèrent et empoignèrent leurs lances, se préparant à vérifier son identité. La position de garde-à-vous n’avait pas encore été inventée. La femme vint à sa rencontre en trottinant. Comme elle s’inclinait, il reconnut Sarai.

Son cœur fit un bond. « Que veux-tu ? lança-t-il d’une voix rauque.

— J’ai attendu ton retour toute la journée, ô seigneur, car il m’a semblé que tu étais impatient d’entendre mon rapport. »

Elle avait dû déléguer ses tâches quotidiennes. Comme il devait faire chaud dans cette rue ! « Tu... tu as trouvé quelque chose ?

— Peut-être, maître ; un soupçon d’indice. J’aurais aimé qu’il soit plus substantiel.

— Parle, pour... pour l’amour de Melqart !

— Pour le tien, ô seigneur, pour le tien, puisque tu as confié cette mission à ta servante. » Sarai reprit son souffle. Ses yeux cherchèrent ceux d’Everard, s’y fixèrent. Elle reprit la parole d’une voix posée, empreinte de sérieux.

« Comme je le craignais, aucun des domestiques les plus âgés ne possédait le savoir que tu recherches. Ils n’étaient pas entrés au service du roi Abibaal à cette époque, ou bien ils travaillaient ailleurs qu’au palais – une ferme, une résidence d’été, peu importe. Deux ou trois d’entre eux affirment avoir entendu parler de ces visiteurs, mais ils ne m’ont rien appris que mon seigneur ne m’ait déjà dit. En désespoir de cause, je suis allée prier à l’autel d’Asherat. Je l’ai suppliée de t’accorder sa grâce, toi qui l’as servie par mon intermédiaire alors que les autres hommes s’y étaient longtemps refusés. Et, merveille des merveilles ! elle m’a exaucée. Qu’elle en soit louée ! Je me suis rappelé que le père de Jantin-hamu, un aide valet, avait jadis servi lui aussi au palais. Je suis allé voir Jantin-hamu, qui m’a amenée voir Bomilcar, et celui-ci peut te parler de ces visiteurs étrangers.

— Mais... mais c’est magnifique, bafouilla-t-il. Jamais je n’aurais été capable de faire ce que tu as fait. Je n’aurais pas su qui interroger.

— Je prie pour que ce vieil homme te soit utile, seigneur, dit-elle d’une petite voix, toi qui as été si bon pour l’humble laideron que je suis. Viens, je vais te guider. »

15

Faisant preuve de piété filiale, Jantin-hamu logeait son père dans le minuscule appartement qu’il partageait avec son épouse et leurs deux enfants encore dépendants. Au sein d’ombres monstrueuses, une pauvre lampe éclairait faiblement un mobilier se résumant à des paillasses, quelques tabourets, des jarres en terre cuite et un brasero. L’épouse préparait les repas dans une cuisine commune à tous les locataires, les rapportant ensuite au foyer ; la pièce confinée sentait le graillon. Everard entreprit de questionner Bomilcar, observé par des témoins éberlués.

Chauve, édenté, à moitié sourd, les membres noués par l’arthrite, les yeux blanchis par la cataracte, il faisait peine à voir. (Son âge ne devait pas dépasser la soixantaine. Au temps pour le retour à la nature prôné par les Américains du XXe siècle.) Assis le dos voûté sur un tabouret, il agrippait un bâton de ses doigts noueux. Mais son esprit n’avait rien de débile – il se tendait vers le monde depuis son corps telle une plante poussant au creux des ruines et cherchant le soleil.

« Oui, oui, il suffit que j’en parle pour les voir devant moi comme si c’était hier. Si seulement je me souvenais aussi bien de ce qui s’est passé hier. Mais il ne s’est rien passé, comme souvent...

» Sept, ils étaient sept, et ils disaient être venus en bateau depuis le pays des Hittites. Piqué par la curiosité, le jeune Matinbaal est allé traîner sur le port pour bavarder avec les marins, et il n’a trouvé aucun capitaine qui dise les avoir transportés. Enfin, peut-être avaient-ils pris place à bord d’un navire qui était reparti chez les Égyptiens ou les Philistins... Sinim, tel était le nom de leur peuple, et ils avaient parcouru des milliers et des milliers de lieues depuis le pays du Soleil levant, chargés par leur roi de lui raconter le monde. Ils parlaient couramment le punique, oui, mais avec un accent comme je n’en ai jamais entendu depuis... Ils étaient fort grands, et bien bâtis ; ils avaient une démarche de chat sauvage, oui, ils avaient des manières de félins, et, comme eux, ils pouvaient se montrer dangereux, j’en suis sûr. Ils n’avaient point de barbe ; ils n’avaient pas besoin de se raser, entends bien : les hommes étaient glabres comme des femmes. Mais ce n’étaient pas des eunuques, oh ! que non – les femmes qui cherchaient leur compagnie avaient ensuite du mal à s’asseoir, hé-hé-hé. Ils avaient des yeux clairs, une peau plus blanche que celle d’un Achéen, mais, contrairement à ceux-ci, leurs cheveux étaient noirs comme la nuit... Ils avaient des allures de sorciers, c’est sûr, et on murmurait qu’ils avaient fait au roi la démonstration de leur pouvoir. Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas de malice en eux, rien que de la curiosité, oh ! comme ils étaient curieux, ils voulaient tout savoir sur Usu, et sur la construction de Tyr que l’on préparait à l’époque. Ils ont conquis le cœur du roi ; celui-ci a décrété qu’ils pouvaient aller où bon leur semblerait, fût-ce dans les profondeurs d’un sanctuaire ou dans le coffre d’un marchand... Je me suis souvent demandé par la suite si ce n’est pas cela qui avait provoqué la colère des dieux. »

Nom de Dieu ! se dit Everard. Ce sont sûrement mes ennemis. Oui, les Exaltationnistes, Varagan et sa bande. « Sinim »... des Chinois ? Une fausse piste au cas où la Patrouille aurait eu la puce à l’oreille ? Non, je ne pense pas, sans doute une couverture bien pratique pour embobiner Abibaal et sa cour. Ils n’ont même pas pris la peine de dissimuler leur apparence. Tout comme en Amérique du Sud, Varagan était sûr que ces crétins de la Patrouille n’y verraient que du feu. Et c’est ce qui se serait passé si Sarai n’avait pas été là.

1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 26
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)