Y a bon, San-Antonio
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #45
- Год: 1961
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «Y a bon, San-Antonio». Краткое содержание книги:
— Asseyez-vous, je vous écoute.
Il contourne son burlingue ministre et s’accoude à son sous-main de maroquin.
— Monsieur le Consul, je me trouve ici depuis quelques heures en mission secrète. En compagnie de deux de mes inspecteurs, je devais enquêter sur certaines personnes étrangères dont le comportement a paru suspect à mes chefs. Or, mes hommes ont été kidnappés dans la soirée. Un mystérieux correspondant leur a fixé rendez-vous à Bokono en mon nom. Sans méfiance ils s’y sont rendus. Là une auto les attendait qui les a emmenés dans le cœur de la brousse.
Je me tais pour le laisser parler, mais il tarde à jacter, le diplomate. À mon avis il manque de chaleur. J’espérais un peu plus de compréhension et un esprit coopératif plus poussé.
— Voilà qui est fâcheux, fait-il.
Entre nous et la prochaine édition de France-Soir, j’avais déjà eu la même idée avant de carillonner à sa porte.
— Je voudrais faire quelque chose, vous vous en doutez, poursuis-je courageusement, mais dans ce malheureux pays déchiré par la guerre civile, j’avoue que je me sens perdu.
Il ôte ses lunettes et se met à les fourbir avec la pochette de soie de son smoking.
— Cher monsieur le Commissaire, une confidence en vaut une autre. Je viens moi-même d’arriver à Élisabethville et je fête ce soir mon entrée en fonctions avec les personnalités de la ville.
— Parmi elles, M. le Consul, n’y a-t-il pas un notable de la police ou de l’armée ? Quelqu’un qui puisse me permettre enfin de disposer d’une certaine force armée pour rechercher mes compagnons ?
Il hésite un instant.
— Attendez-moi ici, fait-il.
Puis, désignant avant de sortir une cave à liqueurs :
— Si vous voulez vous servir un verre.
Je veux que je veux. Il n’a pas fermé la porte que j’ai déjà sélectionné la boutanche de noir et blanc (dans ce pays c’est tout indiqué) et que je m’en vote une rasade à l’unanimité plus ma voix.
Le coup de remonte-moral me fait grand bien. Je me dis que tout n’est peut-être pas perdu. Mes deux compères se sont déjà trouvés dans des draps plus sales que leurs chemises et ils s’en sont (et Dalida) tirés.
Je me sers un nouveau gorgeon d’optimisme en bouteille et le Consul revient. Il tient à la main une feuille de papier sur laquelle quelques lignes d’écriture commencent de sécher. Il l’évente pour hâter cet assèchement.
— J’ai parmi mes invités le sous-directeur des mines de Kestadéssou. Il est au mieux, paraît-il, avec les services de police. Voici un mot de recommandation. Je lis :
« Prière de prêter assistance au porteur de la présente. Merci.