Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Malavita encore - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Malavita encore

Электронная книга - «Malavita encore». Краткое содержание книги:

On retrouve ici les quatre héros de Malavita, l'inénarrable famille Blake. Repenti de la mafia new-yorkaise, Blake, rebaptisé Wayne, a obtenu la protection du FBI, et s'est installé en France avec les siens sous la surveillance tatillonne d'un ange gardien légèrement dépressif. L'ancien gangster a trouvé dans l'inépuisable réservoir d'anecdotes de sa première vie la matière de quelques thrillers à succès. Tout se passerait pour le mieux si la cellule familiale n'était pas emportée dans la tourmente des remises en cause existentielles… Les enfants traversent une adolescence compliquée, l'épouse fidèle a décidé de s'émanciper, et l'auteur de best-sellers, soudain seul face à lui-même, est en proie aux affres de la création littéraire. Des problèmes ordinaires, somme toute, pour une famille qui ne l'est pas… Ils seront résolus de la façon la plus diabolique et la plus hilarante qui soit.
Biographie de l'auteur
Après avoir exercé divers métiers qui ont servi de cadre à ses premiers romans, Tonino Benacquista construit une œuvre dont la notoriété croît sans cesse. Après les intrigues policières de La maldonne des sleepings et de La commedia des ratés, il écrit Saga qui reçoit le Grand Prix des lectrices de Elle en 1998, et Quelqu’un d’autre, Grand Prix RTL-Lire en 2002.
Scénariste pour la bande dessinée (L’outremangeur, La boîte noire, illustrés par Jacques Ferrandez), il écrit aussi pour le cinéma : il est coscénariste avec Jacques Audiard de Sur mes lèvres et de De battre mon cœur s’est arrêté, qui leur valent un César en 2002 et 2006.
1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 70
Перейти на страницу:

Je m’appelle Ismaël.

Fred n’avait pas eu le courage de dire je et de se poser comme narrateur. Il s’était interdit ce je, persuadé qu’il était réservé au journal intime, et un journal intime s’écrivait à la main sur un cahier à carreaux. Fred voulait s’attaquer à un vrai livre, avec des caractères en script et des bords bien alignés à droite et à gauche. Le roman, c’était d’abord une mise en page rectiligne, comme déjà imprimée : qu’un seul mot dépassât et la ligne était fichue, il fallait alors la reprendre. Son obsession du texte symétrique conditionnait sa façon d’écrire, le forçant à éviter un adverbe trop long, une mauvaise césure, une ponctuation qui tombait mal. Il choisissait ses mots selon leur taille, et s’il ne pouvait les couper au bon endroit en fin de ligne, il en tapait d’autres. Au bout de plusieurs mois de cet exercice, il en était arrivé à une conclusion : on pouvait dire une même chose avec des mots différents. Était-ce cela qu’on appelait « le style » ?

Fred ne s’était jamais préoccupé de style. La première page en avait appelé une autre, puis une autre, et il avait raconté sa vie comme il avait pu, dans un texte brut, à son image, succession d’événements décrits dans les termes les plus directs, sans se soucier des répétitions et des digressions, une gifle était une gifle, une balle dans le ventre était une balle dans le ventre, et au final, dans la vie comme dans les livres, seul le résultat comptait. Il ignorait les lois de la syntaxe comme celles du code pénal et ne se souciait pas de tournure ou de forme. Quand son fils avait tenté de lui en toucher deux mots, Fred n’avait rien compris à cette notion de « style ». Pour appuyer sa démonstration, Warren avait choisi des références plus parlantes aux oreilles de son père.

— Admettons que tu sois toujours un capo et que tu aies besoin de faire descendre un type, qui tu vas choisir de Paulie Francese ou Anthony Parish pour exécuter le contrat ?

— Ils sont de deux écoles complètement différentes. Anthony est un rationaliste, ses scénarios sont très épurés, presque « naturels ». Il va toujours chercher à coincer le type là où il s’y attend le moins pour en finir le plus vite possible. Chez Paulie, en revanche, le mode opératoire est parfois plus important que la mission elle-même. Il varie souvent les armes et ne reproduit jamais deux fois le même assassinat. Il est capable d’innover, de réinventer le genre.

— Eh bien tu vois, c’est ça, le « style ».

Contre toute attente, cela avait déclenché chez Fred un début de réflexion. Depuis, il puisait dans son arsenal de patron de la pègre pour aiguiser son vocabulaire, il choisissait des mots tranchants comme des rasoirs, proposait des métaphores à base de meurtre et décrivait les douleurs morales comme s’il s’agissait de douleurs physiques.

Mais, par-delà le maniérisme, seuls comptaient vraiment le sens du récit et l’urgence à le jeter sur le papier. Le souvenir d’une vie entière vouée à l’abjection grondait encore en lui et jaillissait par salves.

À 3h50, les yeux mi-clos, il décida de ne plus se laisser parasiter par tous ces souvenirs, bons et mauvais, et retourna vers ce personnage qui venait à peine de se présenter.

Je m’appelle Ismaël.

Sur quoi il s’endormit, la lumière allumée, le livre sur le ventre.

*

À son réveil, le lit était vide. Fred tâtonna à la recherche de son bouquin et le trouva à terre. Il s’en saisit, passa une robe de chambre, descendit dans la cuisine sans croiser personne et s’y servit un fond de café tiède. Il resta un moment en apesanteur et reprit lentement ses esprits : Nous sommes dimanche matin, ils sont là jusqu’à ce soir. La chienne vint le rejoindre et posa la gueule sur les genoux de son maître.

Belle, les bras chargés de courses, entra dans la cuisine et embrassa son père sur le front.

— On revient du marché, avec Mom.

Tout en rangeant le contenu des sacs dans le réfrigérateur, elle demanda à son père :

— Papa ? Tu lis ?

— …?

— Tu lis Melville ? Toi ?

Belle désigna le volume que son père, dans un demi-sommeil, avait posé contre la cafetière. En fait, il comptait bien reprendre sa lecture là où il l’avait laissée, et franchir le cap de cette première ligne, quitte à y passer le dimanche.

— J’en ai besoin pour mon roman, dit-il. C’est difficile à expliquer.

— Et tu en es où ?

— Au début.

— Tu verras, c’est vraiment bien après les deux cents premières pages.

1 ... 14 15 16 17 18 19 20 21 22 ... 70
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)