Les fontaines du Paradis
- Автор: Кларк Артур Чарльз
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-21304-7
- Переводчик: Georges H. Gallet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les fontaines du Paradis». Краткое содержание книги:
Un obstacle demeure. Il n’y a pour le Transporteur qu’un seul site d’implantation possible : le sommet de la Montagne Sacrée de Taprobane. Et là, dans un monastère, des moines prient depuis un temps immémorial…
L’ingénieur et le vénérable gardien du lieu s’affrontent. Le dynamisme de la science contre la foi inébranlable, la technologie conquérante contre la sagesse sans armes...
— J’aimerais, dit-il doucement, rester seul durant quelques minutes. Jaya… Dravindra… voyez si vous pouvez écarter les touristes.
Ses compagnons le regardèrent, hésitants ; de même que le guide qui était censé ne jamais laisser les fresques sans être gardées. Cependant, comme d’habitude, l’ambassadeur Rajasinghe obtint ce qu’il voulait, sans même élever la voix.
— Aiyu bowan, dit-il, rendant hommage aux beautés silencieuses, lorsqu’il fut enfin seul. Je suis désolé de vous avoir négligées si longtemps.
Il attendit poliment une réponse, mais elles ne firent pas plus attention à lui qu’à tous leurs autres admirateurs depuis les derniers vingt siècles. Rajasinghe ne fut pas découragé, il était habitué à leur indifférence. En fait, elle ajoutait à leur charme.
— J’ai un problème, mes chères amies, continua-t-il. Vous avez vu tous les envahisseurs de Taprobane venir et repartir, depuis le temps de Kalidasa. Vous avez vu la jungle monter comme une marée autour du Yakkagala, puis reculer sous la hache et la charrue. Mais rien n’a réellement changé durant toutes ces années. La nature a été bonne pour la petite Taprobane, et l’histoire aussi ; elle ne l’a pas touchée…
» Maintenant, ces siècles de quiétude tendent peut-être à leur fin. Il se peut que notre pays devienne le centre du monde – de beaucoup de mondes. Que la grande montagne que vous avez observée si longtemps, là-bas dans le Sud, soit la clé de l’univers. S’il en est ainsi, la Taprobane que nous avons connue et aimée cessera d’exister…
» Peut-être n’y a-t-il pas grand-chose que je puisse faire – mais j’ai quelque pouvoir pour y aider ou y mettre obstacle. J’ai encore de nombreux amis ; si je le souhaite, je peux retarder ce rêve… ou ce cauchemar… au moins jusqu’au delà de mon temps de vie. Devrais-je le faire ? Ou devrais-je apporter mon aide à cet homme, quels que soient ses motifs réels ?
Il se tourna vers sa favorite… la seule qui ne détournait pas les yeux quand il la considérait longuement. Toutes les autres jeunes femmes regardaient au loin, ou examinaient les fleurs qu’elles tenaient dans les mains ; mais celle qu’il avait aimée depuis sa jeunesse semblait, sous un certain angle, lui retourner son regard.
— Ah, Karuna ! Ce n’est pas juste de vous poser de telles questions. Car que pourriez-vous savoir des mondes réels qui existent par delà le ciel et de la nécessité pour les hommes de les atteindre ? Même si vous avez été jadis une déesse, le paradis de Kalidasa n’était qu’une illusion. Eh bien, quels que soient les étranges futurs que vous pouvez voir, je n’en ferai pas partie. Nous nous sommes connus longtemps tous les deux… à mon échelle humaine, si ce n’est pas à la vôtre. Tant que je le pourrai, je vous admirerai de la villa, mais je ne pense pas que nous nous reverrons ici. Adieu, et merci, belles dames, pour tout le plaisir que vous m’avez apporté au cours des années. Présentez mes salutations à ceux qui viendront après moi.
Pourtant, en descendant l’escalier en spirale – négligeant l’ascenseur – Rajasinghe ne se sentait pas du tout en humeur d’adieux. Au contraire, il lui semblait avoir abandonné pas mal de ses années (et, après tout, soixante-douze ans, ce n’était pas vraiment vieux). Il pouvait dire que Dravindra et Jaya avaient remarqué l’élasticité de sa démarche, à la manière dont leurs visages rayonnaient.
Peut-être sa retraite avait-elle commencé à devenir monotone. Peut-être lui et Taprobane avaient-ils tous deux besoin d’un souffle d’air frais pour chasser les toiles d’araignée – de même que la mousson apporte un renouveau de vie après des mois de cieux torpides et pesants.
Que Morgan réussisse ou non, son entreprise avait de quoi enflammer l’imagination et remuer l’âme. Kalidasa l’aurait envié… et approuvé.
DEUXIÈME PARTIE
Le temple
Alors que les diverses religions se querellent l’une l’autre quant à celle d’entre elles qui est en possession de la vérité, à notre point de vue, la vérité de la religion peut être complètement négligée… Si l’on tente d’assigner à la religion sa place dans l’évolution de l’homme, elle ne semble pas tellement être un acquis durable, plutôt une sorte de névrose par laquelle l’individu civilisé doit passer sur sa route de l’enfance à la maturité.