Terminus Elicius
- Автор: Giébel Karine
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Éditions Pocket
- ISBN: 978-2266223720
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Terminus Elicius». Краткое содержание книги:
Il remonta les draps, ferma les yeux. Ne pas penser aux meurtres, au tueur, aux femmes assassinées… D’ailleurs, il avait peut-être changé de région et décidé de frapper sur la capitale. Mais cette idée ne suffisait pas à le rassurer ; il porterait toujours le poids de l’échec. Et, dans ce lit trop grand, personne pour alléger sa solitude. Il prit un oreiller, le colla sur son ventre. Ainsi, il parvint à se rendormir, épuisé…
Jusqu’à ce que son téléphone ne l’arrache brutalement du sommeil.
— Putain ! C’est pas vrai !
C’était vrai. Et le téléphone insistait.
— Allô ?
— C’est moi, Thierry… Désolé de te sortir du pieu mais faut que tu viennes…
— Ne me dis pas que…
— Si. On a un nouveau macchabée sur les bras…
Pas de réponse. Esposito avait le souffle coupé. Ce qu’il craignait le plus venait de se produire.
— On t’attend sur place. C’est à La Ciotat, au 25 rue Marquet. Je te préviens, c’est…
— J’arrive.
Il raccrocha et s’assit sur le lit, serrant l’oreiller dans ses bras. Il était revenu, il avait recommencé. Il ne s’arrêterait pas, il ne s’arrêterait plus jamais. L’oreiller termina sa nuit contre le mur avant de s’aplatir sur le sol.
Esposito se leva, enfila à la hâte un jean, un tee-shirt, une paire de baskets. Il prit son arme et descendit en courant jusqu’au parking souterrain récupérer sa voiture.
Le gyrophare, la sirène et Marseille qui défile comme dans un mauvais rêve… Une ville martyre, une ville qui pleure. Et ses larmes qui viennent s’écraser contre mon pare-brise.
Mais non, je ne vais pas pleurer moi aussi. Même si c’est de rage.
Jeanne sortit une feuille blanche et son stylo à plume du tiroir. Elle rentrait d’une promenade dans Istres, un petit tour au marché. Une balade en forme d’errance dans les ruelles étroites et biscornues, entre les vieilles maisons d’ocre et de craie mélangées. M’a-t-il vue ? Était-il là, juste derrière moi ? Elle avait détaché ses cheveux, mis sa robe bleue ; il faisait chaud malgré le ciel menaçant. Maintenant, elle avait envie d’écrire à Elicius.
La page resta vierge un moment, les mots ne venant pas. Quelque chose l’empêchait de se concentrer. T’es tarée, ma pauvre Jeanne ! Tu vas quand même pas écrire à ce fou ! Tu veux devenir sa complice ou quoi ? Si tu pouvais te taire, me foutre la paix… ! Oh non, je ne te foutrai pas la paix ! Tu devrais avoir honte de toi, honte de ton comportement !
Lentement, Jeanne parvint à faire le vide, à ignorer la voix. Et elle se lança.
« Elicius,
Je voulais simplement vous dire que vos lettres me touchent beaucoup. Que je suis sensible à votre amour. Certes, je ne vous connais pas encore vraiment et il m’est difficile d’imaginer autre chose qu’une correspondance. Mais vos lettres me font chaque jour plus plaisir. Et j’espère que vous continuerez à m’écrire.
Cependant, je ne peux occulter vos actions, les crimes dont vous vous rendez coupable. Je comprends que la douleur vous pousse à agir ainsi, mais je crois que vous devriez bannir toute idée de vengeance. Je crois que vous ne devriez pas faire régner la terreur dans le but de faire payer à d’autres le prix de votre souffrance. Surtout à des femmes innocentes.
Et je serais très heureuse d’apprendre que vous avez renoncé. Faites-le pour moi, faites-le pour vous.