Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr]
La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr]

Электронная книга - «La rédemption de Christophe Colomb [Pastwatch: The Redemption of Christopher Columbus - fr]». Краткое содержание книги:

Une ère nouvelle s’ouvre sur la Terre; après un siècle de guerre, de famine et de désespoir, l’humanité survivante a entrepris de soigner le monde. Et le dispose du chronoscope, qui lui montre le visage des hommes d’autrefois et lui fait entendre leur voix. L’Observatoire du temps scrute les siècles passés.
Ainsi du grand voyage qui conduisit Christophe Colomb le 12 octobre 1492 sur les rives du Nouveau Monde.
« J’ai rêvé, dit Putukam du peuple taïno d’Haïti, qu’un homme et une femme nous observaient, plus jeune que nous de quarante générations… Pourquoi n’empêchent-ils pas les Blancs de nous asservir ? »
Pour les chercheurs de l’Observatoire, n’y a-t-il pas une douleur insupportable à regarder l’Histoire dérouler son cours implacable ? Mais est-il possible d’intervenir ? Et le remède ne serait-il pas pire que le mal ?
1 ... 13 14 15 16 17 18 19 20 21 ... 103
Перейти на страницу:

Cristoforo vit la réaction des autres. Eux qui avaient vigoureusement approuvé la promesse de loyauté de Portobello baissaient à présent le nez vers la table sans rien dire. Certains rougirent – de colère ? d’embarras ? Cristoforo ne comprenait pas pourquoi la déclaration de son père les mettait dans cet état. Était-ce parce que seul un gentilhomme savait assez bien se battre pour protéger le doge légitime ? Ou bien parce que papa n’aurait pas dû avoir l’audace de prononcer le moindre mot en si noble compagnie ?

Quelle qu’en fût la raison, Cristoforo vit que leur silence avait frappé papa comme une gifle. Il parut se racornir en reculant contre le mur, et Pietro Fregoso attendit une éternité pour reprendre la parole, parachevant ainsi l’humiliation. « Notre succès dépend du courage et de la loyauté que tous les Fieschi mettront à se battre. » Paroles gracieuses mais trop tardives pour épargner les sentiments du tisserand, c’était moins une acceptation honorable de son allégeance qu’une consolation, comme une récompense jetée à un chien fidèle.

Papa n’est rien pour eux, songea Cristoforo. Ils s’assemblent chez lui parce qu’ils doivent tenir leur réunion secrète, mais il ne compte pour rien à leurs yeux.

Le conseil prit fin peu après ; décision avait été prise d’attaquer deux jours plus tard. Dès que les gentilshommes furent partis et que papa eut fermé la porte derrière eux, maman passa devant Cristoforo, toutes voiles dehors, et vint se planter sous le nez de son mari. « Qu’es-tu allé raconter, fou que tu es ? Si quelqu’un veut s’en prendre au doge légitime, il devra d’abord passer sur le corps de Domenico Colombo ! Quelles bêtises ! Depuis quand es-tu soldat ? Où est ta fine lame ? À combien de duels as-tu participé ? À moins que tu ne t’imagines une bagarre de taverne, où il te suffira d’entrechoquer les têtes de quelques ivrognes pour remporter la victoire ? N’as-tu donc nulle affection pour nos enfants que tu veuilles les laisser orphelins ?

— J’ai mon honneur », répondit papa.

Cristoforo s’interrogea : Qu’est-ce que l’honneur de papa, si son meilleur ami méprise l’offre de sa vie ?

« Ton honneur va jeter tes enfants à la rue couverts de haillons !

— Mon honneur m’a fait gardien de la porte d’Olivella pendant quatre ans ! Tu appréciais de vivre dans une belle maison alors, non ?

— Ce temps est révolu, dit maman. Le sang va couler, et ce ne sera pas celui des Adorno !

— N’en sois pas si sûre ! » Et il monta l’escalier quatre à quatre. Maman éclata en sanglots d’impuissance et d’exaspération. La dispute était finie.

Mais Cristoforo, lui, restait insatisfait. Il attendit que sa mère se calme en écartant les écheveaux de la table pour redisposer les coupes de drap sur le présentoir, afin que les clients les admirent sans les salir. Quand il estima pouvoir parler sans risque de déclencher des hurlements, il demanda : « Comment est-ce que les gentilshommes apprennent à devenir des gentilshommes ? »

Elle lui jeta un regard noir. « Ils naissent comme ça, dit-elle. C’est Dieu qui les fait gentilshommes.

— Mais pourquoi on ne pourrait pas apprendre à parler comme eux ? Ça ne doit pas être difficile. » Et il imita le ton distingué de Portobello : "Vous n’avez jamais été homme à punir quelqu’un pour vous avoir exposé ce qu’il regardait comme la vérité." »

Maman fondit sur lui et lui assena une claque retentissante. La joue lui cuisit et, bien qu’il eût cessé depuis longtemps de pleurer lorsqu’il était puni, les larmes lui montèrent aux yeux, davantage à cause de la surprise que de la douleur.

« Et que je ne te reprenne plus jamais à te donner de grands airs, Cristoforo ! cria-t-elle. Crois-tu mieux valoir que ton père ? Crois-tu que criailler comme une oie te fera pousser des plumes ? »

Emporté par la colère, Cristoforo lui répondit sur le même ton : « Mon père vaut autant que chacun d’entre eux ! Pourquoi son fils ne pourrait-il pas apprendre à être un gentilhomme ? »

Elle faillit le gifler à nouveau pour son insolence. Mais le sens de ce qu’il venait de dire lui apparut soudain et elle se reprit au dernier instant. « Ton père vaut autant que chacun d’eux, c’est vrai ! fit-elle. Et mieux, même ! »

Cristoforo désigna d’un geste les superbes tissus déployés sur la table. « Voici du drap ; pourquoi papa ne peut-il s’habiller comme un gentilhomme ? Pourquoi ne peut-il parler comme eux, se vêtir comme eux ? Le doge le respecterait, alors !

— Le doge se moquerait de lui, rétorqua maman. Et tout le monde avec lui. Et si ton père continuait à vouloir jouer au gentilhomme, l’un d’eux viendrait lui planter sa rapière dans le cœur pour lui apprendre à rester à sa place.

— Pourquoi se moquerait-on de lui alors qu’on respecte les autres, ceux qui s’habillent et qui parlent bizarrement ?

— Parce que, ceux-là, ce sont de vrais gentilshommes et pas ton père.

— Mais si ce n’est pas leur tenue ni leur langage… c’est quelque chose qu’ils ont dans le sang ? Pourtant, ils n’avaient pas l’air plus forts que papa ; ils avaient des bras tout frêles et ils étaient presque tous gros.

— Papa est plus fort qu’eux, bien sûr : mais, eux, ils ont une épée.

— Alors qu’il s’en achète une !

— Et qui voudrait vendre une épée à un tisserand ? s’exclama maman en éclatant de rire. D’ailleurs, qu’en ferait ton père ? Il n’a jamais tenu d’épée de sa vie ! Il n’arriverait qu’à se trancher les doigts !

— Oui, mais s’il s’exerçait ? S’il apprenait ?

— Ce n’est pas l’épée qui fait le gentilhomme, dit maman. Les gentilshommes sont enfants de gentilshommes, c’est tout. Le père de ton père ne l’était pas, et voilà pourquoi papa ne l’est pas non plus. »

Cristoforo rumina un moment. « Mais est-ce qu’on ne descend pas tous de Noé, après le déluge ? Pourquoi les enfants d’une famille sont des gentilshommes et pas ceux de papa ? C’est Dieu qui nous a tous créés, pourtant. »

Maman partit d’un rire amer. « Ah, c’est ça que t’ont enseigné les prêtres ? Eh bien, tu devrais les voir faire des courbettes et des révérences devant les nobles, et puis nous cracher dessus après ! Eux, ils croient que Dieu préfère les gentilshommes, mais, à voir comme il a vécu, ce n’est pas ce que pensait Jésus-Christ. Il s’en fichait bien des gentilshommes, lui !

— Alors, qu’est-ce qui leur donne le droit de mépriser papa ? » demanda Cristoforo d’une voix tendue et, malgré lui, ses yeux s’emplirent à nouveau de larmes.

Elle l’observa un moment comme si elle essayait de savoir si elle devait lui dire ou non la vérité. « L’or et la terre », fit-elle enfin.

Cristoforo ne comprit pas.

« Ils ont de l’or dans leurs coffres, expliqua-t-elle, et ils possèdent de la terre. C’est ça qui en fait des gentilshommes. Si nous avions d’immenses propriétés ou une huche pleine d’or dans le grenier, ton père serait un gentilhomme et personne ne rirait si tu apprenais à faire des phrases fleuries et si tu portais des habits taillés là-dedans. » Elle plaça l’extrémité d’un coupon de drap devant la poitrine du garçonnet. « Le beau gentilhomme que tu ferais, mon Cristoforo ! » Puis elle laissa retomber le tissu et partit d’un rire qui paraissait ne jamais devoir s’arrêter.

Finalement, Cristoforo sortit. De l’or, se dit-il. Si papa avait de l’or, les autres l’écouteraient. Très bien ; dans ce cas, je lui trouverai de l’or.

Un des participants de la réunion devait être un traître, à moins que l’un d’eux n’eût étourdiment parlé à portée d’oreille d’un domestique félon ; quoi qu’il en fût, les Adorno eurent vent des plans des Fieschi et, lorsque Pietro et ses deux gardes du corps se présentèrent près des tours rondes de la porte de Sant’Andréa où devait se tenir le rendez-vous, ils furent assaillis par une dizaine d’Adorno ; les spadassins jetèrent Pietro à bas de cheval, lui assenèrent un coup de masse d’armes sur la tête, puis s’enfuirent en le laissant pour mort.

1 ... 13 14 15 16 17 18 19 20 21 ... 103
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)