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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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La vingt-deuxième lettre était plus épaisse. L'adresse était écrite à la main. L'enveloppe portait un logo imprimé qui indiquait l'expéditeur, une adresse à Buchanan House, Queensway Quay à Gibraltar. L'en-tête de la lettre d'accompagnement précisait qu'elle était envoyée par Jeremy S. MacMillan, Solicitor. Son écriture était soignée.

Jeremy S. MacMillan

Solicitor

Dear Ms Salander,

This is to confirm that the final payment of your property has been concluded as of January 20. As agreed, I'm enclosing copies of all documentation but will keep the original set. I trust this will be to your satisfaction.

Let me add that I hope everything is well with you, my dear. I very much enjoyed the surprise visit you made last summer and, must say, I found your presence refreshing. I’m looking forward to, if needed, be of additional service.

Yours faithfully,

J.S.M.

La lettre était datée du 24 janvier. Lisbeth Salander ne vidait apparemment pas très souvent sa boîte aux lettres. Mikael regarda les documents joints. Il s'agissait d'actes de vente d'un appartement au numéro 9, Fiskaregatan à Mosebacke.

Ensuite il faillit s'étrangler avec son café. Le coût d'acquisition était de 25 millions de couronnes, et avait été effectué en deux versements à douze mois d'intervalle.

LISBETH SALANDER VIT UN HOMME BRUN et solidement bâti ouvrir la porte latérale d'Auto-Expert à Eskilstuna. Il s'agissait à la fois d'un garage de stationnement et de réparation et d'une agence de location de voitures. Une de ces sociétés comme on en trouve partout. Il était 6 h 50 et, selon un écriteau sur la porte principale, la boutique n'ouvrait qu'à 7 h 30. Elle traversa la rue, ouvrit la porte latérale et suivit l'homme dans la boutique. Il l'entendit et se retourna.

— Refik Alba ? demanda-t-elle.

— Oui. Qui êtes-vous ? On n'est pas encore ouvert.

Elle leva le P-83 Wanad de Benny Nieminen et le pointa sur son visage en tenant le pistolet des deux mains.

— Je ne suis pas d'humeur à bavarder et je suis pressée. Je veux voir ton registre des véhicules loués. Je veux le voir maintenant. Je te donne dix secondes.

Refik Alba était âgé de quarante-deux ans. Il était kurde, né à Diyarbakir, et il avait eu sa part d'armes. Il resta comme paralysé. Puis il comprit que si une folle entrait dans son bureau en tenant un pistolet à la main, il n'y avait pas grand-chose à discuter.

— Dans l'ordinateur, dit-il.

— Allume-le.

Il obéit.

— Qu'est-ce qu'il y a derrière cette porte ? demanda-t-elle tandis que l'ordinateur démarrait et que l'écran se mettait à scintiller.

— C'est juste un cagibi.

— Ouvre la porte.

Elle vit quelques combinaisons de travail.

— D'accord. Entre tranquillement dedans, comme ça je n'aurai pas à te faire du mal.

Il obéit sans protester.

— Sors ton téléphone portable, pose-le par terre et envoie-le-moi.

Il fit ce qu'elle avait dit.

— Bien. Ferme la porte maintenant.

Il s'agissait d'un antique PC avec Windows 95 et un disque dur de 280 Mo. Il fallut une éternité pour ouvrir le document Excel avec les fichiers des locations. Elle constata que la Volvo blanche que conduisait le géant blond avait été louée à deux reprises. D'abord pendant deux semaines en janvier et ensuite depuis le 1er mars. Elle n'avait pas encore été restituée. Il payait chaque semaine pour une location de longue durée.

Son nom était Ronald Niedermann.

Elle examina les classeurs sur l'étagère au-dessus de l'ordinateur. Sur la tranche de l'un d'eux, PIÈCES D'IDENTITÉ était soigneusement écrit. Elle le prit et feuilleta jusqu'à Ronald Niedermann. Quand il avait loué la voiture en janvier, il avait présenté son passeport et Refik Alba en avait tout simplement fait une photocopie. Lisbeth reconnut immédiatement le géant blond. D'après le passeport, il était allemand, âgé de trente-cinq ans et était né à Hambourg. Le fait que Refik Alba ait fait une copie du passeport indiquait que Ronald Niedermann était un client ordinaire et pas une connaissance qui avait juste emprunté la voiture.

Tout en bas, Refik Alba avait noté un numéro de téléphone portable et l'adresse d'une boîte postale à Göteborg.

Lisbeth remit en place le classeur et ferma l'ordinateur. Elle regarda autour d'elle et vit un coin en caoutchouc par terre, destiné à bloquer la porte d'entrée en position ouverte. Elle le prit, s'approcha du placard et frappa à la porte avec le canon du pistolet.

— Est-ce que tu m'entends là-dedans ?

— Oui.

— Est-ce que tu sais qui je suis ?

Silence.

Il doit être aveugle s'il ne m'a pas reconnue.

— D'accord. Tu sais qui je suis. Est-ce que tu as peur de moi ?

— Oui.

— Tu n'as pas besoin d'avoir peur de moi, monsieur Alba. Je ne te ferai aucun mal. J'ai bientôt fini ici. Je m'excuse de t'avoir dérangé.

— Euh... d'accord.

— Est-ce que tu as suffisamment d'air là-dedans pour respirer ?

— Oui... qu'est-ce que tu cherches en fait ?

— Je voulais vérifier si une certaine femme a loué une voiture ici il y a deux ans, mentit-elle. Je n'ai pas trouvé ce que je cherchais. Mais ce n'est pas ta faute. Je m'en vais dans quelques minutes.

— OK.

— Je vais glisser ce truc en caoutchouc sous la porte pour la bloquer. La porte est suffisamment mince pour que tu puisses la défoncer, mais cela te prendra un petit moment. Tu n'as pas besoin d'appeler la police. Tu ne me reverras plus jamais et tu pourras ouvrir ta boutique comme d'habitude aujourd'hui et faire comme si l'incident n'avait jamais eu lieu.

La probabilité qu'il n'appelle pas la police était à peu près inexistante, mais pourquoi ne pas lui proposer de réfléchir à une alternative ? Elle quitta le magasin et retourna à sa Toyota Corolla d'emprunt au coin de la rue, où elle se changea rapidement en Irene Nesser.

Cela l'irritait de ne pas avoir trouvé la vraie adresse du géant blond, de préférence dans la région de Stockholm, au lieu d'une boîte postale de l'autre côté de la Suède. Mais c'était la seule piste qu'elle avait. Bon, ben, en route pour Göteborg.

Elle roula vers l'accès à l'E20 et prit vers l'ouest à Arboga. Elle alluma la radio, mais elle venait juste de rater les informations et tomba sur une radio commerciale. Elle écouta quelqu'un chanter putting out fire with gasoline. Elle ignorait que c'était David Bowie qui chantait et elle ne connaissait pas ce morceau, mais elle ressentit les paroles comme prophétiques.

30

JEUDI 7 AVRIL

MIKAEL CONTEMPLA LA PORTE DU HALL D'ENTRÉE du 9, Fiskaregatan à Mosebacke. L'adresse était l'une des plus exclusives et des plus discrètes de Stockholm. Il inséra la clé dans la serrure, et elle glissa parfaitement. Le panneau d'affichage dans la cage d'escalier ne lui servit pas à grand-chose. Mikael se dit que les appartements de l'immeuble, hormis quelques habitants ordinaires, devaient pour la plupart abriter le siège d'entreprises. L'absence du nom de Lisbeth Salander sur le panneau ne l'étonnait pas, mais il avait du mal à l'imaginer se planquer ici.

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