La fille de Brooklyn
- Автор: Musso Guillaume
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions XO
- ISBN: 978-2845638082
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille de Brooklyn». Краткое содержание книги:
L'horizon scintillait. C'est là qu'Anna m'a demandé :
« Si j'avais commis le pire,
m'aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l'aimerais quoi qu'elle ait pu faire.
Du moins, c'est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d'une main fébrile, et m'a tendu une photo.
— C'est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j'ai contemplé son secret et j'ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.
Intense et captivant, un cold case aussi addictif
qu'une grande série télé.
Intrigue diabolique, personnages uniques et attachants, suspense de tous les instants : avec La fille de Brooklyn , Guillaume Musso signe l'un de ses romans les plus ambitieux et les plus réussis.
Sans me précipiter, je posai les choses à plat. Anna et moi n’étions pas de la même génération. Sans doute était-elle allée au cinéma avant ses six ans, mais à quel âge ?
Google. Mes doigts sur le clavier. « À quel âge emmener ses enfants au cinéma ? » Des dizaines de pages s’affichèrent. Essentiellement des forums consacrés à la famille et des magazines féminins. Je parcourus les premiers sites. Un consensus semblait se dégager ; deux ans, c’était trop tôt, mais on pouvait tenter le coup à trois ou quatre ans.
Retour à Wikipédia. 1994. Anna a trois ans et ses parents l’emmènent voir… Le Roi Lion, le plus gros succès pour enfants de cette année-là.
Nouvel essai… et nouvel échec.
Bordel ! L’horizon s’obscurcissait. Plus de droit à l’erreur. Je m’étais fait des illusions. Le jeu paraissait facile, mais il y avait trop de possibilités, trop de paramètres à prendre en compte. Jamais je ne parviendrais à récupérer le mot de passe d’Anna.
Un dernier essai pour la gloire. 1995. Anna a quatre ans. Je fermai les yeux pour essayer de me l’imaginer à cet âge. Une petite fille apparut dans mon esprit. Peau mate, traits fins, regard émeraude presque translucide, sourire timide. C’est la première fois qu’elle va au cinéma. Et ses parents l’emmènent voir… Nouveau coup d’œil à l’encyclopédie en ligne. Cette année-là, c’est le génial Toy Story qui a écrasé le box-office. Je tapai la réponse et posai le doigt sur la touche pour valider. Avant d’appuyer, je fermai les yeux une dernière fois. La petite fille était toujours là. Nattes noires, salopette en jean, sweat-shirt coloré, chaussures immaculées. Elle est contente. Parce que ses parents l’emmènent voir Toy Story ? Non, ça ne cadrait pas avec la Anna que je connaissais. Je revins en arrière et relançai le film. Noël 1995. Anna a presque cinq ans. C’est la première fois qu’elle va au cinéma et c’est elle qui a choisi le film. Parce qu’elle est déjà intelligente et indépendante. Elle sait ce qu’elle veut. Un beau dessin animé dans lequel elle pourra s’identifier à l’héroïne et apprendre des choses. À nouveau je parcourus la liste des succès de l’année, guettant la voix intérieure de la petite fille. Pocahontas. La fille de la tribu des Powhatans à qui les dessinateurs de Disney avaient donné les traits de Naomi Campbell. Un frisson me transperça. Avant même de valider la réponse, je fus persuadé d’avoir trouvé. J’entrai les dix lettres magiques et une nouvelle page Web apparut me permettant de reconfigurer le mot de passe. Yes ! Cette fois, c’était la bonne. Je lançai l’application de géolocalisation du téléphone et, au bout de quelques secondes, un point bleu pâle clignota sur mon écran.
Mes mains tremblaient. Mon cœur cognait. J’avais eu raison de persévérer. Un message m’indiquait que le téléphone d’Anna était hors ligne, mais que le système gardait en mémoire pendant vingt-quatre heures la dernière position connue de l’appareil.
Les charmes détestables de la surveillance globale…
Je fixai le cercle qui scintillait au milieu de la Seine-Saint-Denis. À première vue, une sorte de zone industrielle entre Stains et Aulnay-sous-Bois.
J’écrivis un SMS à Caradec (Tu es encore loin ?), auquel il répondit dans la foulée (Boulevard Saint-Germain, pourquoi ?).
Grouille ! J’ai une piste sérieuse.
En l’attendant, je fis une copie d’écran et notai l’adresse qui s’affichait, avenue du Plateau, Stains, Île-de-France. Puis je basculai en mode satellite et zoomai au maximum. Vu du ciel, le bâtiment qui m’intéressait ressemblait à un gigantesque bloc de parpaings posé au milieu des friches.
En quelques clics, je parvins à identifier précisément l’endroit : une entreprise de garde-meuble. Je me mordis la lèvre. Des entrepôts en pleine banlieue : tout ça n’augurait rien de bon.
Un coup de klaxon lointain mais prolongé, plus proche d’un barrissement d’éléphant que d’un avertisseur sonore, secoua la terrasse.
Je levai les yeux, posai deux billets sur la table, remballai mes affaires et sautai dans le vieux Range Rover de Caradec qui déboulait de la rue Delambre.
6
Riding with the King
La vie prend des virages à 180 degrés et, quand ça arrive, c’est sur les chapeaux de roues qu’elle le fait.