La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742765018
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
D'une part Magge Lundin ne semblait pas en état de mener une conversation claire, d'autre part il y avait la possibilité que quelqu'un ait entendu le coup de feu. Mieux valait pour elle quitter l'endroit sur-le-champ. Elle pourrait toujours retrouver Magge Lundin plus tard et l'interroger sous des formes plus calmes. Elle remit le cran de sûreté, fourra l'arme dans sa poche et ramassa son sac à dos.
Elle avait eu le temps de parcourir une dizaine de mètres sur la route quand elle s'arrêta et se retourna. Elle revint lentement vers la maison de Nils Bjurman et examina la moto de Magge Lundin.
Harley Davidson, se dit-elle. Cool.
27
MERCREDI 6 AVRIL
LE TEMPS PRINTANIER ÉTAIT MAGNIFIQUE quand Mikael engagea la voiture d'Erika Berger en direction du sud sur la route de Nynäs. On pouvait déjà deviner une tendance au vert sur les champs noirs et une réelle chaleur emplissait l'air. Un temps parfait pour oublier tous les problèmes et partir pour quelques jours de détente à la cabane de Sandhamn.
Il était convenu avec Gunnar Björck qu'il le retrouverait vers 13 heures, mais il était en avance et s'arrêta à Dalarô boire un café et lire les journaux. Il ne s'était pas préparé à la rencontre. Björck avait quelque chose à raconter et Mikael était fermement déterminé à ne pas quitter Smådalarö avant d'avoir appris des choses sur Zala. Des choses qui pourraient l'aider à progresser.
Björck l'accueillit dans la cour. Il avait l'air plus crâne et plus sûr de lui que deux jours plus tôt. Qu'est-ce que tu mijotes, mon coco ? Mikael évita de lui serrer la main.
— Je peux te fournir des informations sur Zala, dit Gunnar Björck. A certaines conditions.
— Je t'écoute.
— Que je ne sois pas mentionné dans le reportage de Millenium.
— D'accord.
Björck eut l'air surpris. Blomkvist avait accepté facilement et sans discussion le point pour lequel il avait prévu un long combat. C'était sa seule carte. Des infos sur les meurtres en échange de son anonymat. Et Blomkvist acceptait sans façon de supprimer ce qui aurait dû constituer un gros titre dans le journal.
— Je suis sérieux, dit Björck avec méfiance. Je veux le voir écrit noir sur blanc.
— Je te mettrai ça noir sur blanc si tu y tiens, mais un tel papier ne vaut pas un clou. Tu as transgressé la loi et je le sais. Normalement j'ai le devoir de te dénoncer aux flics. Tu sais des choses que je veux obtenir, et tu te sers de ça pour acheter mon silence. J'y ai réfléchi et j'accepte. Je te facilite les choses en m'engageant à ne pas mentionner ton nom dans Millenium. Soit tu me fais confiance, soit tu ne me fais pas confiance.
Björck réfléchit.
— Moi aussi, je pose une condition, dit Mikael. Le prix de mon silence est que tu racontes tout ce que tu sais. Si je découvre que tu me caches quelque chose, tous nos accords seront caducs. Alors je t'épinglerai sur toutes les manchettes du pays, comme je l'ai fait avec Wennerström.
Björck eut un frisson en y pensant.
— D'accord, dit-il. Je n'ai pas le choix. Tu me promets que mon nom ne sera pas mentionné dans Millenium et je te dis qui est Zala. Et pour cela j'exige d'être protégé, en tant que source.
Il tendit la main. Mikael la serra. Il venait de promettre de dissimuler une infraction à la loi, ce qui en soi ne lui faisait ni chaud ni froid. Il avait seulement promis que lui-même et le journal Millenium n'écriraient rien sur Björck. Dag Svensson avait déjà écrit toute l'histoire de Björck dans son livre. Et le livre de Dag Svensson serait publié. Mikael était fermement décidé à veiller là-dessus.
L'ALERTE TOMBA AU POSTE DE POLICE de Strängnäs à 15 h 18. L'appel arriva directement au standard du poste sans passer par le central des secours. Le propriétaire d'une maison de campagne juste à l'est de Stallarholmen, un certain Öberg, signalait qu'il avait entendu un coup de feu et qu'il était allé vérifier sur place. Il avait trouvé deux hommes grièvement blessés. L'un des deux peut-être pas si grièvement que ça, mais il souffrait énormément. Et, au fait, la maison était celle de Nils Bjurman. C'est-à-dire ce maître Nils Bjurman assassiné dont on avait tant parlé dans les journaux.
La police de Strängnäs avait eu sa matinée chargée par un vaste contrôle routier sur le territoire de la commune, prévu de longue date. Au cours de l'après-midi, la surveillance de la circulation avait été interrompue, quand une femme de cinquante-sept ans avait été tuée par son compagnon dans leur domicile à Finninge. Presque simultanément, un incendie s'était déclaré dans un immeuble à Storgârdet, avec une victime, et, cerise sur le gâteau, deux voitures étaient entrées en collision de plein fouet à hauteur de Vargholmen sur la route d'Enkôping. Les alertes s'étaient succédé en l'espace de quelques minutes et, de ce fait, une grande partie des ressources de la police de Strängnäs était bloquée.
L'officier de garde au poste, une femme, avait cependant suivi les événements à Nykvarn dans la matinée et avait compris qu'il y avait un certain rapport avec cette Lisbeth Salander qu'on recherchait partout. Nils Bjurman étant lié à cette enquête, elle en tira ses conclusions. Elle prit trois mesures. Elle détacha le seul véhicule d'intervention disponible à Strängnäs en cette journée chargée pour l'expédier de toute urgence à Stallarholmen. Elle appela ses collègues de Södertälje et leur demanda de l'assistance. La police de Södertälje n'était pas moins submergée de travail, puisqu'une grande partie de ses ressources avait été concentrée sur des fouilles autour d'un entrepôt qui avait brûlé au sud de Nykvarn, mais le lien éventuel entre Nykvarn et Stallarholmen amena l'officier de garde à Södertälje à détacher deux voitures pour qu'elles filent immédiatement à Stallarholmen en renfort du véhicule d'intervention de Strängnäs. Finalement, la femme de garde au poste de Strängnäs prit son téléphone pour appeler l'inspecteur Jan Bublanski à Stockholm. Elle le joignit sur son portable.
Bublanski se trouvait à Milton Security pour une discussion accablante avec son PDG Dragan Armanskij et les deux collaborateurs Fräklund et Bohman. Leur collaborateur Niklas Eriksson brillait par son absence.
La réaction de Bublanski fut d'ordonner à Curt Bolinder de se rendre de toute urgence à la maison de campagne de Bjurman. Il devait emmener Hans Faste, au cas où on pouvait mettre la main sur lui. Après un moment de réflexion, Bublanski appela aussi Jerker Holmberg, qui se trouvait encore au sud de Nykvarn, ce qui faisait une distance plus courte à parcourir. Holmberg avait des nouvelles à lui communiquer.