La Mythologie dans l'art ancien et moderne
- Автор: Menard Rene Joseph
- Год: 1878
- Язык: французский
- Год: Paris : Delagrave
- Жанр: Прочая древняя литература
Электронная книга - «La Mythologie dans l'art ancien et moderne». Краткое содержание книги:
Fig. 735. — Ulysse dans la grotte de Polyphème (d'après un bas-reliefantique).
gnons. A la vue de cette indigne cruauté, nous élevons en gémissant nos mains vers Jupiter, et le désespoir s'empare de nos âmes. Quand le cyclope a rempli son vaste corps en mangeant ces chairs humaines, il boit un lait pur, se couche dans la caverne, et s'étend au milieu de ses troupeaux. »
Ulysse alors imagine une ruse : quand le cyclope, est revenu le lendemain après avoir mené paître ses troupeaux, le héros qui avait été enfermé tout le jour dans la grotte avec ses compagnons, offre du vin au géant qui rentre. C'est ce que représente une statue de la villa Pamphili à Rome. Le cyclope trouvant que cette liqueur était bonne dit à Ulysse : «Verse-moi encore de ce vin délectable et dis-moi quel est ton nom, afin que je te donne comme étranger un présent qui te réjouisse. » Ulysse répond en lui versant de nouveau du vin : « Cyclope, puisque tu me demandes mon nom, je vais te le dire ; mais fais-moi le présent de l'hospitalité comme tu me l'as promis. Mon nom est Pej^soime ; c'est Personne que m'appellent mon père et ma mère et tous mes fidèles compagnons. » Pour présent d'hospitalité, le cyclope lui promet qu'il sera mangé le dernier, et ayant bu du vin outre mesure, il s'endort aussitôt.
Ulysse alors va prendre le bâton dont le cyclope se servait pour guider ses troupeaux, et l'ayant taillé en pointe et chauffé dans la cendre brûlante, il s'en saisit avec l'aide de ses compagnons, car ce bâton pastoral était grand comme le mat d'un navire, et en ayant dirigé la pointe vers l'œil unique du cyclope, ils se mettent à l'enfoncer de manière
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à le crever, Girodet a fait sur ce sujet une composition pleine de inou-vement.
Le cyclope, en proie à la plus atroce douleur et ne voyant plus clair,
Fig. 73G. — Les compagnons d"Ulj-sse chez le cyclope (peinture de vase).
veut chercher à tâtons Ulysse et ses compagnons. Mais le héros, s'étant accroché à la laine d'un bélier, dans la position que nous montre une sculpture de la villa Albani (fig. 737), ordonne à ses compagnons d'en
Fig. 737. — Uljsse fuyant Polyphème (d'après une sculpture antique, de la villa Albani, à Rome).
faire autant. Le cyclope passait sa main sur le dos des moutons, les mettait dehors quand il avait senti leur laine : il comptait bien trouver ainsi les compagnons d'Ulysse, mais ceux-ci étaient déjà partis, grâce au stra-
tagème du héros. Le cyclope, no les trouvant plus, se met à pousser des hurlements affreux en appelant les autres cyclopes, qui accourent à son secours en lui demandant quel est l'audacieux qui lui fait du mal. 11 répond Personne, qui est le nom sous lequel il connaissait Ulysse, et ses camarades, comprenant que personne ne lui fait de mal, retournent aussitôt chez eux. Ulysse et ses compagnons avaient déjà gagné le rivage, et le cyclope jeta vainement d'énormes quartiers de rocher dans la mer; ils l'évitèrent facilement, car il ne savait pas les diriger puisqu'il ne voyait plus clair. C'est ainsi qu'ils échappèrent à ce péril.
L'outre d'Éole. — Ulysse aborda bientôt à l'île où règne Eole qui commande aux vents. Il y fut bien reçu et le dieu lui donna, avec de riches présents, une outre bien fermée, dont dépendait le succès de sa navigation. Ulysse roula l'outre jusqu'à son navire cton partit (tig. 738). Pendant
Fig. 738. — L'outre d'Éole (d'après une pierre gravée).
neuf jours, la navigation fut en effet des plus heureuses, et le dixième on aperçut Ithaque et les rives de la patrie. Comme Ulysse fatigué s'était endormi, les rameurs, pensant que l'outre mystérieuse contenait des trésors, l'ouvrirent dans le but de s'en approprier une partie. Mais aussitôt les vents s'échappèrent avec la dernière violence et il s'éleva une furieuse tempête qui rejeta le navire dans des mers inconnues.
Après six jours d'une navigation pénible le vaisseau arrive à l'île des Lestrigons, géants anthropophages qui dévorent encore quelques-uns des compagnons d'Ulysse. Le héros coupe aussitôt le câble qui retenait le navire, et touche bientôt à l'île où habite la magicienne Circé. Il envoie ses compagnons pour demander l'hospitalité, et la magicienne leur offre un breuvage qui fait oublier la patrie. Ensuite elle les touche avec sa baguette et les enferme dans une étable : ils étaient devenus des porcs.
La magicienne Circé. — Cependant Ulysse, instruit par Mercure de ce qu'il doit faire, se rend au palais de Circé^ après avoir pris une plante, le moly, que le dieu lui a donnée et qui préserve des maléfices. La magicienne lui présente une coupe,et dès qu'il y a porté les lèvres, elle le touche
LA GUERRE DE TROIE.
de sa baguolto on disant : « Va inaintcnanl à lï"tal)lc rejoindre les compagnons! » Mais le charme n'agit pas, et le héros fond sur la magicienne l'épéc à la main. Circé, sentant qu'Ulysse la domine, prend un ton tout dilTérent avec lui, et après avoir rendu à ses compagnons leur première forme, les établit dans son palais oùils restent une année entière (lig. 739). Le devin Tirésias. — D'après les conseils de Circé, Ulysse voulut aller aux enfers consulter l'àme du devin Tirésias : il se rendit dans le
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êKTHS AlHrHZHoçT;,'- HFo^ AAK/.NO,-;/ TOï" KAnn.A Fig. 739. — Le palais de Circé (d'après un fragment antique).
pays desCimmériens que le soleil n'éclaire jamais,et,ayant creusé un fossé dans le sable et fait les libations aux morts, il commence ses évocations. Les ombres se pressent autour de lui : il reconnaît sa mère et cherche inutilement à embrasser ce vain fantôme. Quand le devin Tirésias lui a dit que Ismaux l'attendent encore avant de revoir sa patrie, il parle avec Agamemnon qui lui raconte comment il est tombé sous les coups de Clytemnestre, puis avec Achille, Hercule et bien d'autres héros, qui furent illustres sur la terre et sont maintenant parmi les ombres.
Nicias d'Athènes, peintre célèbre dans l'antiquité, avait fait un tableau représentant Ulysse évoquant les ombres des morts. Le roi Attale lui en offrit un prix énorme (deux cent soixante-dix mille francs de nos jours), mais l'artiste refusa pour faire don k sa patrie de son chef-d'œuvre.
Un bas-relief nous montre Ulysse interrogeant le devin Tirésias. Le héros tient en main le couteau avec lequel il vient de faire couler h-sang de deux agneaux. Tirésias, assis et couvert d'un grand manteau, tient en main un long sceptre (fig. 740).
LES RETOURS.
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Les sirènes. — Le vaisseau se remit en marche et on aperçut bientôt lîie des Sirènes : prévenu par la magicienne Circé de ce qu'il devait faire pour éviter ces enchanteresses, Ulysse boucha avec de la cire les oreilles de ses compagnons et leur ordonna de luilier à lui-même les pieds et les
Fig. * 10. — Ulysse et Tirésias (bas-relief antique, au Louvre).
mains afin qu'il ne pût cédera la séduction de leurs chants (fîg. 742). Cependant comme il n'avait pas voulu se boucher les oreilles, il se sentit attiré irrésistiblement et ordonna à ses matelots de le délier ; mais ceux-ci n'obéirent point, car ils avaient été prévenus par le héros. L'ile qu'habitent les sirènes était jonchée d'ossements de voyageurs qui, n'ayant pu résister à ces séductrices, avaient trouvé la mort en s'approchant d'elles. Charybde et Scylla. — A peine échappé à ce danger, Ulysse que ses compagnons avaient délié, aperçoit un grand bouillonnement dans la mer, et entend un grondement terrible sous les eaux. Les rameurs s'arrêtent n'osant plus avancer : on approchait du fatal détroit qui a d'un côté Charybde, et de l'autre Scylla. Charybde est un gouffre profond et tourbillonnant qui engloutit les navires ; Scylla un monstre effroyable, dont les gueules béantes avalent au moyen de ses longs cous les voyageurs assez téméraires pour en approcher. Ces deux terribles écueils sont très-près l'un de l'autre, et on ne peut éviter l'un sans être immédiatement attiré par l'autre. Ulysse, voulant éviter Charybde où tout l'équipage aurait péri, se rapprocha de Scylla, mais le monstre enleva six de ses