Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
Tensing s’en sortait encore mieux. Il ne marchait pas seulement dans le jardin d’hiver, mais aussi le long des salles, et il montait et descendait l’escalier avec l’approbation de son médecin.
— À cette allure, vous serez parti dans moins de quinze jours, dit Mike quand il vint le voir, un mercredi, en robe de chambre et pantoufles.
— Non, répondit Tensing en approchant une chaise. Je suis libéré demain matin. Je l’ai appris cet après-midi.
Il s’assit et se pencha en avant, baissant la voix.
— Désolé de rompre notre association, mon vieux, mais le devoir m’appelle, et vous vous en tirez à merveille. Vous serez dehors en un clin d’œil.
— Vous reprenez votre ancien boulot ?
Et si le War Office est bombardé ? En ce moment, Londres n’est pas moins dangereux que le front.
— Mon ancien boulot ? répéta Tensing, qui semblait déconcerté.
— Au War Office.
— Ah ! oui. Remplir des formulaires n’a rien d’un travail prestigieux, je sais, mais ça doit être fait. Et ces jours-ci, c’est plutôt excitant à Londres, avec les raids et tout ça.
— C’est comme ça que vous vous êtes blessé ? Pendant un raid ?
— Rien d’aussi dramatique, j’en ai peur. Une machine à écrire m’est tombée dessus. (Il serra la main de Mike.) J’espère que nous nous reverrons.
Sûrement pas, pensa Mike, mais il acquiesça.
— Bonne chance !
Tensing secoua la tête.
— Mauvaise réplique. La réponse correcte est « dix-neuf horizontal : ce que souhaite un pied gauche. »
Et il s’en fut.
Mike mit dix minutes avant de comprendre que la solution était « merde ».
Il la marqua sur un petit bout de papier qu’il tendit à sœur Carmody quand elle s’approcha de son lit mais, avant qu’il ait pu la prier de le faire passer à Tensing, elle demanda :
— Vous sentez-vous assez bien pour recevoir un visiteur ?
— Un visiteur ?
Cela ne pouvait être Daphne. Dans sa dernière lettre, elle avait écrit qu’il y avait eu un afflux de soldats sur la côte « à cause de l’invasion toute proche ». En conséquence, le pub affichait complet, impossible pour elle de s’éclipser. Mike avait traduit qu’elle s’était trouvé un flirt. Dieu merci !
— Oui, disait sœur Carmody, c’est un nouveau patient. Dès son admission, il a voulu savoir si vous étiez ici.
Mike ne se trompait donc pas quand il pensait que l’équipe viendrait déguisée en patients.
— Où est-il ?
Il allait sauter du lit quand il se rappela qu’il était encore censé jouer les alités.
— Je vous l’envoie, déclara sœur Carmody.
Presque aussitôt, les portes de la salle volèrent sous la poussée d’un homme au visage constellé d’éphélides, l’épaule bandée, un bras dans le plâtre, qui s’avançait d’un pas vif entre les lits. C’était Hardy.
— Vous vous souvenez de moi ? Le soldat David Hardy ? de Dunkerque ?
— Oui, répondit Mike, qui regardait son plâtre.
Je te voulais mort, pour que tu n’aies pas eu la moindre chance de faire du dégât.
— Ça ne m’aurait pas surpris, que vous m’ayez oublié. Vous étiez dans un sale état. Comment va votre pied ? Est-ce qu’ils ont dû le couper ?
— Non.
— Non ? J’aurais juré qu’il faudrait l’enlever, déclara-t-il d’un ton joyeux. Ç’avait l’air d’un sacré charcutage.
— Comment avez-vous attrapé ça ? interrogea Mike en désignant le plâtre de Hardy.
— Dunkerque. Un Messerschmitt. Il fonçait droit sur nous, alors j’ai plongé sur le pont et je me suis écrasé sur le côté. Mon omoplate a explosé. C’est pour ça que je suis ici, pour qu’on l’opère parce qu’elle ne se rétablit pas correctement, et au moment où je suis arrivé, j’ai demandé : « Y a-t-il un patient, ici, qui a bousillé son pied en débloquant une hélice à Dunkerque ? », et on m’a répondu oui. Vous ne pouvez pas imaginer comme j’étais heureux. À Douvres, l’hôpital n’avait aucune trace de votre admission, et pourtant je vous avais mis dans l’ambulance moi-même. Je pensais que vous deviez être mort en chemin. Ensuite, quand ils m’ont annoncé qu’ils m’envoyaient à Orpington, je me suis dit que c’était peut-être ce qui s’était produit pour vous, et voilà, vous êtes là. Je suis tellement content de vous avoir trouvé. Je voulais vous remercier de m’avoir sauvé la vie. Sans vous, je serais dans un camp de prisonniers en Allemagne. Ou pire. (Il sourit, radieux.) Et je tenais aussi à ce que vous sachiez quel bon travail vous avez fait le jour où vous m’avez sauvé. Dès que j’ai pu bénéficier d’un repas chaud et d’un peu de repos, je suis reparti sur la Mary Rose, puis, après son naufrage, sur le Bonnie Lass. J’ai fait quatre voyages en tout, et j’ai moi-même fait monter cinq cent dix-neuf hommes à bord avant de les ramener sains et saufs à Douvres. (Il décocha un clin d’œil joyeux à Mike.) Et tout ça c’est parce que j’ai aperçu votre lumière !
En route pour Londres, le 29 septembre 1940
Aucun navire en vue. Quelque chose a mal tourné.