Le Dragon de Cracovie
- Автор: Дар Фредерик
- Год: 1988
- Язык: французский
- ISBN: 978-2265064423
- Жанр: Полицейские детективы
Электронная книга - «Le Dragon de Cracovie». Краткое содержание книги:
C'est dans cet univers impitoyable de passions et de sang que va débarquer un frêle Autrichien, doué pour le meurtre et la peinture.
Il a de drôles de mœurs, un drôle de nom, et une façon terrifiante d'affronter la vie. De Vienne à Munich, de Naples à Cracovie, il va nous entraîner sur la route sanglante et désespérée qu'il s'est tracée.
Quand vous aurez lu ce livre, ayez l'obligeance de ne pas en dévoiler la fin à vos amis. Ils ne vous le pardonneraient pas.
— À cause de vos foutus serpents, je n’ai pu fermer l’œil de la nuit. Alors je vais employer la méthode empirique, traiter le mal par le mal. J’ai horreur d’être soumis à des pulsions irraisonnées. Prêtez-moi la clé du vivarium, pendant que vous achèverez votre toilette, je resterai en compagnie de ces horribles créatures.
— Bravo ! C’est cela, le courage ! déclara le baroudeur assagi.
Différents trousseaux s’offraient, fixés au mur par des crochets. Il en saisit un qu’il présenta à Adolf.
— Actionnez la clé plate en premier, recommanda-t-il, sinon tout reste bloqué ; le vieil Otto était très spécial.
Quand il pénétra dans le vivarium, Hitler eut une nausée car l’odeur des reptiles se montrait obsédante.
Ce qu’il fit alors fut pour lui une opération de routine, tant il l’avait ressassée. Il se rendit tout droit à l’infrarouge « spécial » chauffant un compartiment destiné à une race de vilains serpents noirs constellés de taches ocre. La lampe se trouvait à environ un mètre de sa portée. L’Autrichien chercha un moyen de l’atteindre sans pénétrer dans la cage.
Sa perplexité fut de courte durée car il vit, contre une paroi, une tige de fer à l’extrémité recourbée. S’étant emparé de ce crochet, il s’en servit pour amener à soi l’appareil. Celui-ci obéit docilement et descendit avec la base à laquelle il adhérait. Un astucieux système de dérouloir logé dans le plafond permettait ce souple halage.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Adolf agissait méthodiquement avec un calme de chirurgien expérimenté. Il tira le fil au maximum, puis déposa la carène du transformateur sur le fauteuil. Dorénavant, il devait découvrir le dispositif d’ouverture.
N’ayant rien détecté au bout de cinq minutes et pensant que le chauffeur n’allait plus tarder, il remit tout en place et s’abîma dans la contemplation des immondes bestioles.
La journée fut creuse. La perspective de mettre la main sur les bijoux le préoccupait à peine. Il s’aperçut que l’appât du gain ne serait jamais pour lui une motivation susceptible de le mobiliser entièrement. Quel allait être le but de sa vie si aucun appétit ne le tourmentait ? Amour et fortune lui semblaient dérisoires. Que restait-il hormis ces deux moteurs ? L’ambition du pouvoir ? Utopie !
Il chercha un début de réponse dans la lecture des journaux, en vain. Un instant, il évoqua l’altruisme. Une foule d’individus avaient prôné l’allocentrisme. Mais il le jugea comme étant une démarche de scout.
Le seul spectacle intéressant qu’il pouvait fournir c’est à lui-même qu’il le donnerait.
Il se rendit dans le bureau de Kurt où il n’avait jamais mis les pieds. Ayant son P.C. au siège de ses affaires, Heineman l’utilisait très peu ; la pièce faisait songer à ces appartements témoins dans lesquels tout est rassemblé pour une vie exemplaire, mais que l’absence de l’homme pétrifie.
Une photographie solennelle trônait sur la table de travail. Elle représentait un homme à demi chauve, dont le visage lourd et le regard impitoyable, aggravé d’un monocle, incommodaient. Une dédicace tempérait la sévérité de l’image :
N’oublie pas, Kurt, que la vie t’appartient.