Le Pistolero
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Серия: La Tour Sombre #1
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: Éditions J'ai Lu
- ISBN: 978-2290345894
- Переводчик: Marie de Prémonville
- Жанр: Ужасы
Электронная книга - «Le Pistolero». Краткое содержание книги:
Il leva les yeux vers elle et esquissa un pauvre sourire.
— Salut, Allie.
— Salut, Nort.
Elle posa la bûche par terre et entreprit d’allumer les lampes, sans lui tourner le dos.
— Dieu m’a touché, dit-il au bout d’un moment. J’vais plus mourir, tu sais. Il me l’a dit. Il a promis.
— Je suis bien contente pour toi, Nort.
L’allumette qu’elle tenait glissa entre ses doigts tremblants, mais elle la rattrapa.
— Je voudrais arrêter de chiquer de l’herbe. Ça m’plaît plus. C’est pas bien, pour un homme qui a été touché par Dieu, de chiquer de l’herbe.
— Alors pourquoi tu n’arrêtes pas ?
Elle était tellement exaspérée qu’elle le regardait de nouveau comme un homme, non plus comme un miracle infernal. Tout ce qu’elle voyait, c’était un spécimen plutôt triste, seulement à moitié drogué, avec un air honteux de chien battu. Elle ne pouvait plus avoir peur de lui.
— Je tremble, fit-il. Et je suis en manque. Je peux pas arrêter. Allie, toi qu’as toujours été bonne pour moi…
Il se mit à sangloter.
— Je peux même pas m’empêcher de me pisser dessus. Qu’est-ce que je suis ? Qu’est-ce que je suis ?
Elle s’approcha de la table et s’arrêta, hésitante.
— Il aurait pu faire en sorte que j’sois plus en manque, dit-il à travers ses larmes. Il pouvait bien faire ça, s’il a pu me faire revivre. J’me plains pas, hein… je veux pas m’plaindre…
Il parcourut la salle du regard, l’air égaré, et murmura :
— Sinon il pourrait me tuer d’un coup.
— C’est peut-être une blague. Il avait l’air d’avoir un sacré sens de l’humour.
Nort attrapa sous sa chemise son petit sac et en sortit une poignée d’herbe. Sans réfléchir, elle lui frappa le poignet pour la lui faire lâcher, puis retira sa main, horrifiée.
— J’y peux rien, Allie, c’est plus fort que moi.
Avec ses manières d’infirme, il alla piocher dans le sac. Elle aurait pu l’en empêcher, mais elle ne se donna pas la peine. Elle retourna allumer les lampes, déjà fatiguée alors que la soirée commençait à peine. Mais personne ne vint ce soir-là, à part le vieux Kennerly, qui avait tout raté. Il ne parut pas surpris outre mesure de voir Nort. Peut-être quelqu’un lui avait-il dit ce qui s’était passé. Il commanda une bière, demanda où était Sheb, et la pelota.
Plus tard, Nort vint la trouver et lui tendit un morceau de papier plié d’une main tremblante, indigne d’être en vie.
— Il a laissé ça pour toi, dit-il. J’ai failli oublier. Si j’avais oublié, i’s’rait revenu et il m’aurait tué, tu peux en être sûre.
Le papier était précieux, une denrée à chérir, pourtant elle n’aimait pas le contact de celui-là. Il était lourd, désagréable au toucher. Dessus, un seul mot :
— Comment il a su mon nom ? demanda-t-elle à Nort, et Nort se contenta de hocher la tête. Elle ouvrit le papier et le lut :
Vous vouliez en savoir plus sur la Mort. Je lui ai laissé un mot. Ce mot, c’est DIX-NEUF. Si vous lui dites ce mot, son esprit s’ouvrira. Il vous dira ce qu’il y a au-delà. Il vous dira ce qu’il a vu.
Le mot est DIX-NEUF.
La réponse vous rendra folle.
Mais tôt ou tard vous poserez la question.
Vous ne pourrez pas vous en empêcher.
Bonne journée ! :o)