Docteur Sleep
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Серия: Shining #2
- Год: 2013
- Язык: французский
- ISBN: 9782-226-29987-1
- Переводчик: Nadine Gassie
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Docteur Sleep». Краткое содержание книги:
King says he wanted to know what happened to Danny Torrance, the boy at the heart of The Shining, after his terrible experience in the Overlook Hotel. The instantly riveting Doctor Sleep picks up the story of the now middle-aged Dan, working at a hospice in rural New Hampshire, and the very special twelve-year old girl he must save from a tribe of murderous paranormals.
On highways across America, a tribe of people called The True Knot travel in search of sustenance. They look harmless - mostly old, lots of polyester, and married to their RVs. But as Dan Torrance knows, and tween Abra Stone learns, The True Knot are quasi-immortal, living off the 'steam' that children with the 'shining' produce when they are slowly tortured to death.
Haunted by the inhabitants of the Overlook Hotel where he spent one horrific childhood year, Dan has been drifting for decades, desperate to shed his father's legacy of despair, alcoholism, and violence. Finally, he settles in a New Hampshire town, an AA community that sustains him and a job at a nursing home where his remnant 'shining' power provides the crucial final comfort to the dying. Aided by a prescient cat, he becomes 'Doctor Sleep.'
Mais Dan, lui, savait. Elle ferma les yeux et le chercha.
Dan et Billy se trouvaient sous l’enseigne d’un nouveau motel. Et toujours pas de nouvelles d’Abra. Mauvais, ça.
« Allez, Chef, viens, dit Billy. Rentrons et… »
Soudain, elle était là. Dieu merci.
« Chut, attends une minute », dit Dan. Et il écouta. Deux minutes plus tard, il se tournait vers Billy, qui trouva que le sourire sur son visage le faisait de nouveau ressembler à Dan Torrance.
« C’était elle ?
— Oui.
— Comment ça s’est passé ?
— Elle dit que ça a été. Tout roule.
— Aucune question sur moi ?
— Juste pour savoir si t’es un oncle côté maternel ou paternel. Écoute, Billy, pour le truc de l’oncle, on s’est plantés. T’es de loin trop âgé pour être le frère de Lucy ou de David. Quand on s’arrêtera demain pour faire notre course, tu t’achèteras des lunettes de soleil. Et tu garderas ta casquette de base-ball bien enfoncée sur les oreilles pour que tes cheveux blancs ne se voient pas.
— Tant que j’y suis, je devrais peut-être m’acheter un shampoing colorant Just For Men.
— Fais pas le con, vieux clown. »
Ça fit sourire Billy. « Entrons réserver notre chambre et allons dîner. T’as meilleure mine. On dirait que tu vas pouvoir manger un peu.
— Un peu de soupe, dit Dan. Inutile de prendre des risques.
— Va pour la soupe. »
Il arriva à la terminer. Lentement. Et — avec la certitude que, d’une façon ou d’une autre, tout ceci serait résolu dans moins de vingt-quatre heures — il parvint à la garder. Ils dînaient dans la chambre de Billy, et quand il eut fini, Dan s’étendit de tout son long sur la moquette. Ça atténua un peu ses douleurs à l’estomac.
« C’est quoi, ça ? demanda Billy. Un truc de yogi à la con ?
— Exactement. Je l’ai appris en regardant les dessins animés de Yogi l’Ours. Récapitule-moi tout encore une fois.
— J’ai tout pigé, Chef, t’inquiète pas. Tu sais que tu commences à ressembler à Casey Kingsley, là ?
— Effrayant. Mais récapitule-moi tout encore une fois.
— Bon. Abra commence à émettre des ping ultrasoniques aux environs de Denver. S’ils ont quelqu’un capable d’écouter, ils sauront qu’elle arrive. Et qu’elle n’est pas loin. On débarque à Sidewinder une bonne heure avant — disons à quatre heures plutôt qu’à cinq — et on passe l’embranchement du camping sans s’arrêter. Ils nous verront pas. À moins qu’ils aient posté une sentinelle sur la nationale.
— Je crois pas qu’ils le feront. » Cela rappela à Dan un autre aphorisme AA: Nous sommes impuissants sur les êtres, les lieux et les choses. Comme la plupart des pépites AA, c’était soixante-dix pour cent vrai, trente pour cent jolie foutaise ronflante. « De toute façon, on ne peut pas tout contrôler. Continue.
— Il y a une aire de pique-nique un peu plus haut sur la route, à environ un kilomètre et demi. Tu y es allé deux ou trois fois avec ta mère avant que vous vous retrouviez coincés par la neige pour l’hiver. » Billy se tut. « Juste toi et elle ? Jamais ton père ?
— Non, il travaillait. À l’écriture d’une pièce de théâtre. Continue. »
Billy poursuivit. Dan l’écouta attentivement, puis hocha la tête. « Très bien. Tu sais tout sur le bout des doigts.
— Qu’est-ce que je t’avais dit ? Maintenant, je peux te poser une question ?
— Ouais, bien sûr.
— D’ici demain après-midi, tu pourras encore marcher un kilomètre et demi ?
— Oui, je pourrai. »
J’ai intérêt.
Grâce à un départ matinal — quatre heures du matin, bien avant les premières lueurs du jour —, Dan Torrance et Billy Freeman commencèrent à apercevoir peu après neuf heures un long nuage barrant l’horizon. Un peu plus tard, le temps que le nuage bleu-gris se soit matérialisé en une chaîne montagneuse, ils faisaient halte dans la bourgade de Martenville, Colorado. Là, dans la courte (et pratiquement déserte) rue principale, Dan vit non pas ce qu’il espérait voir, mais mieux encore: une boutique de vêtements pour enfants appelée Kids’ Stuff. Et, un peu plus loin, un drugstore flanqué d’un mont-de-piété à l’air poussiéreux et d’un Vidéo Express avec PRIX CASSÉS POUR CAUSE DE FERMETURE TOUT DOIT DISPARAÎTRE écrit au blanc d’Espagne sur la vitrine. Il y expédia Billy s’acheter des lunettes de soleil pendant que lui-même franchissait le seuil de Kids’ Stuff.
L’endroit dégageait une impression de sinistrose et de perte d’illusions. Il était le seul client. C’était une bonne idée qui avait mal tourné. Sûrement à cause des boutiques de grandes marques dans les galeries marchandes de Sterling ou Fort Morgan. Pourquoi acheter local quand on pouvait d’un coup de bagnole aller acheter des petits pantalons et des petites robes pas cher ? Et tant pis si c’était fabriqué au Mexique ou au Costa Rica. Une femme fatiguée, à la mise en plis fatiguée, sortit de derrière son comptoir et l’accueillit d’un sourire fatigué. Quand elle lui demanda si elle pouvait l’aider, Dan répondit que oui. Et quand il lui expliqua ce qu’il voulait, elle ouvrit des yeux ronds.
« Je sais que c’est un peu inhabituel, dit-il, mais faites-moi une faveur, je vous en prie. Je vous paierai en espèces. »
Il eut ce qu’il voulait. Dans les petits commerces sinistrés à l’écart des autoroutes, le mot magique fait encore de l’effet.
Alors qu’ils approchaient de Denver, Dan contacta Abra. Il ferma les yeux et visualisa la roue que tous deux connaissaient bien désormais. Dans la ville d’Anniston, Abra en fit autant. Ce fut plus facile cette fois. Lorsqu’il les rouvrit, ses yeux tombèrent sur la pelouse des Stone descendant en pente douce vers la Saco River miroitante sous le soleil d’après-midi. Abra ouvrit les siens sur les Rocheuses.
« Ouah, oncle Billy ! Elles sont belles, tu trouves pas ? »
Billy jeta un coup d’œil à l’homme assis à ses côtés. Dan avait croisé les jambes d’une manière qui ne lui ressemblait pas du tout et il balançait doucement le pied. Ses joues avaient repris un peu de couleur et il y avait une petite lueur dans ses yeux qui n’y était pas durant toute leur course vers l’Ouest.
« Sûr qu’elles sont belles, ma puce », répondit-il.
Dan sourit et ferma les yeux. Quand il les rouvrit, la bonne santé qu’Abra avait communiquée à son visage s’estompait déjà. Comme une rose privée d’eau, songea Billy.
« Alors ?
— Ping », répondit Dan. Il sourit encore, mais c’était un sourire fatigué cette fois. « Comme un détecteur de fumée qui a besoin qu’on lui change les piles.
— Tu crois qu’ils l’ont entendu ?
— Je l’espère bien », dit Dan.
Rose faisait les cent pas dehors le long de son EarthCruiser quand Charlie le Crack s’amena en courant. Les Vrais avaient pris de la vapeur le matin même, ne gardant qu’une seule cartouche en réserve, et avec tout ce que Rose avait absorbé en solitaire ces derniers jours, elle était trop remontée pour ne serait-ce que penser à s’asseoir.
« Alors ? demanda-t-elle. Donne-moi de bonnes nouvelles.
— Je l’ai chopée, c’est bon comme nouvelle ? » Remonté lui aussi, il attrapa Rose par les bras et la fit tournoyer, cheveux au vent. « Je l’ai chopée ! Juste quelques secondes, mais c’était elle !