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Электронная книга - «Moby Dick». Краткое содержание книги:

Ismaël, attiré par la mer et le large, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod, baleinier d'un capitaine nommé Achab, amputé d'une jambe, qui emmènera Ismaël autour du monde à la poursuite du cachalot blanc…
Faut-il présenter ce livre mythique, magnifique aventure, suspense prenant qui nous amène peu à peu à l'apocalypse finale, parabole chargée de thèmes universels et nouvelle Bible aux accents prophétiques.
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M’apercevant qu’il n’y avait pas de rideaux aux fenêtres, que la rue était très étroite, que la maison d’en face avait une vue plongeante dans la chambre et prenant une conscience toujours plus aiguë de l’aspect peu décoratif de Queequeg, vêtu de pas grand-chose d’autre que son chapeau et ses bottes, je le suppliai tant bien que mal d’accélérer un peu sa toilette et plus spécialement de mettre ses pantalons au plus tôt. Il obéit, puis entreprit de se laver. À cette heure matinale, n’importe quel chrétien se serait lavé la figure, mais à mon étonnement, Queequeg se contenta de limiter ses ablutions à sa poitrine, à ses bras et à ses mains. Il endossa ensuite sa veste et prenant un dur morceau de savon sur la table de toilette, il le plongea dans l’eau et commença à le faire mousser sur son visage. J’attendais de voir d’où il allait extraire son rasoir et voilà qu’il saisit le harpon dressé contre le lit, en ôta le long manche de bois et retira du fourreau la lame, la repassa un peu sur sa botte, et s’approchant du morceau de miroir accroché au mur, entreprit un raclage ou plutôt un harponnage énergique de ses joues. Queequeg, pensai-je, c’est là mésuser de la coutellerie d’un pirate. Je m’étonnai moins ultérieurement de cette opération quand j’appris de quel admirable acier est faite une tête de harpon, et à quel point on maintient effilé son long tranchant.

Le reste de sa toilette fut vite terminé et il sortit fièrement de la chambre, drapé dans sa veste de singe, arborant son harpon comme un bâton de maréchal.

CHAPITRE V Le petit déjeuner

Je le suivis de près et descendis au bar où j’abordai le ricanant patron très affablement. Je ne nourrissais pas de rancune à son égard quand bien même il avait poussé la plaisanterie un peu loin au sujet de mon compagnon de lit.

Toutefois un bon rire est chose excellentissime, une bonne chose par trop rare, ce qui est d’autant plus regrettable. De sorte que si un homme paie de sa personne pour fournir la matière à une bonne plaisanterie, qu’il n’en soit pas rebuté, mais en fasse les frais en riant le premier, avec générosité, vous pouvez être sûrs que cet homme a plus d’étoffe que vous n’auriez pu le croire.

Tous les pensionnaires arrivés la nuit précédente, que je n’avais pas encore eu le temps de bien voir, étaient réunis dans le bar. Presque tous étaient des baleiniers, les premiers, deuxièmes et troisièmes seconds, charpentiers, tonneliers, forgerons de bord, harponneurs, et gardiens de navire, une équipe tannée, musclée, broussailleuse, poilue, hirsute, portant leurs vestes de singe en guise de robe de chambre.

Sans grand risque de se tromper, on pouvait deviner depuis combien de temps un homme était à terre. Les joues saines de ce jeune gars, pareilles à une poire dorée par le soleil, à croire qu’il devait en émaner le même parfum musqué, disaient qu’il ne pouvait pas avoir débarqué depuis plus de trois jours, revenant des Indes. Cet homme, près de lui, de quelques nuances plus claires, a un ton acajou. Le teint d’un troisième garde la brûlure attardée du soleil tropical mais se décolore déjà par-dessous, celui-là, sans l’ombre d’un doute, est depuis des semaines à terre. Mais qui pouvait faire montre d’une joue comme celle de Queequeg, striée de diverses couleurs, et ressemblant au versant ouest des Andes dont l’éventail offre par tranches le contraste des climats.

– Hoé, à la bouffe! cria le patron, ouvrant la porte et, nous entrâmes pour le petit déjeuner.

On dit que les hommes qui ont bourlingué, gagnent de l’aisance et de la maîtrise de soi en société. Pas toujours cependant. Ledyard, le grand voyageur de la Nouvelle-Angleterre, et Mungo Park l’Écossais étaient de tous les hommes ceux qui avaient le moins d’assurance dans les salons. Mais peut-être n’est-ce pas tout à fait le bon moyen d’acquérir du vernis social que de traverser la Sibérie dans un traîneau tiré par des chiens, comme Ledyard, ou de faire, jusqu’au cœur noir de l’Afrique, une longue randonnée solitaire avec un estomac vide, comme le pauvre Mungo. Pourtant ce vernis est nécessaire presque partout où l’on va.

Les circonstances m’invitèrent à ces réflexions, car lorsque nous fûmes tous réunis autour de la table, je m’apprêtais à entendre de bonnes histoires de pêche à la baleine, or, à mon grand étonnement, presque tous les hommes gardaient un profond silence. Qui plus est, ils avaient l’air embarrassé. Oui, ils étaient là, tous les loups de mer dont un bon nombre avaient pour la première fois abordé sans l’ombre d’une hésitation les grandes baleines sur des mers lointaines et les avaient, sans broncher, provoquées en combat singulier; et pourtant ils étaient assis là, à la table d’un fraternel petit déjeuner – tous du même métier, tous ayant des goûts semblables – et ils se jetaient des regards timides comme s’ils n’avaient jamais quitté quelque bergerie perdue dans les Montagnes Vertes. Curieux spectacle que ces ours pudiques, ces timides guerriers de la pêche à la baleine!

Quant à Queequeg, car Queequeg était assis avec eux et le hasard voulait qu’il présidât la table, il était froid comme un glaçon. Bien sûr, je ne puis faire grand éloge de son éducation. Son plus grand admirateur n’aurait guère pu lui trouver d’aimables excuses à avoir pris son fer avec lui et à s’en servir sans plus de façons, le brandissant au-dessus de la table, mettant en danger de nombreuses têtes, pour harponner les biftecks. Mais il avait pour ce faire des gestes calmes et tout un chacun sait que, selon une opinion répandue, faire quoi que ce soit froidement, c’est le faire avec distinction.

Nous n’aborderons pas ici le thème de toutes les singularités de Queequeg, nous passerons sous silence sa manière de s’abstenir de café et de petits pains chauds pour concentrer une attention sans faille sur les seuls biftecks saignants. Qu’il suffise de dire que le petit déjeuner terminé, il se retira comme tout le monde dans la salle commune, alluma son tomahawk-calumet, s’assit pour digérer paisiblement, et fuma coiffé de son inséparable chapeau, tandis que je sortais pour aller faire un tour.

CHAPITRE VI La rue

Si je m’étais étonné tout d’abord, après le premier regard jeté sur un être aussi incongru que Queequeg, en l’imaginant côtoyant le beau monde d’une ville civilisée, mon étonnement disparut incontinent dès que je parcourus de jour les rues de New Bedford.

Tout grand port maritime offre, aux alentours de ses quais, le spectacle d’étrangers des plus bizarres et des plus hétéroclites. Même dans Broadway et Chesnut Streets, il arrivera que des marins venus de la Méditerranée bousculent des dames effarouchées. Regent Street n’est pas inconnue des lascars et des Malais et, sur l’Apollo Green de Bombay, d’entreprenants Yankees ont souvent effrayé les natifs. Mais New Bedford bat le record de toutes les Water Street et Wapping, où vous ne rencontrerez guère que des marins, tandis qu’à New Bedford d’authentiques cannibales taillent une bavette au coin des rues, parfaits sauvages, dont beaucoup ont sur les os une chair non sanctifiée. Insolite spectacle!

Mais en plus des insulaires des Fidji, de Tongatabou, de Panjang, d’Erromango Bright et en plus des échantillons farouches produits par les équipages des baleiniers qui déambulent inaperçus, la rue vous proposera des spectacles encore plus singuliers et certainement plus comiques. Chaque semaine, on voit arriver des citadins de Vermont et du New Hampshire dévorés par l’appât du gain et de la gloire des grandes pêches. Ce sont pour la plupart des gars jeunes et robustes qui, après avoir abattu des forêts entières, cherchent à troquer la hache contre le harpon. Ils sont aussi verts que les montagnes dont ils descendent. À bien des égards, on les croirait tout frais sortis de la coquille. Voyez-moi ce gars qui fait la roue, là-bas au coin! Il porte un chapeau de castor, un manteau en queue d’hirondelle, une ceinture de marin serrée à la taille et un couteau dans sa gaine. Et cet autre qui arrive en suroît et cape d’alépine.

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