Black-out
- Автор: Уиллис Конни
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Brangelonne
- ISBN: 978-2-35294-594-9
- Переводчик: Joelle Wintrebert
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Black-out». Краткое содержание книги:
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein cœur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?
— Excusez-moi, appela Mike. Vous n’auriez pas une petite idée de ces choses qui « peuvent faire des vagues » ? ou qui seraient une « tâche sans fin » ? En sept lettres ?
Peau Rouge claqua son journal, se leva et quitta la pièce d’un pas raide. Mike se pencha sur ses mots croisés quelques minutes de plus, l’air absorbé, au cas où la surveillante entrerait, puis fit rouler son fauteuil à proximité d’un palmier en pot dont il attrapa le tronc d’une main, afin de vérifier s’il était aussi robuste qu’il en avait l’air.
Il l’était. Quand Mike ajouta son autre main sur le tronc et prit appui pour se dresser avec lenteur, les palmes ne frémirent même pas. Il transféra avec précaution un peu de son poids sur son pied malade. Jusqu’ici, parfait. Il avait anticipé une douleur bien plus forte. Sans lâcher le palmier, il se pencha pour atteindre la bibliothèque la plus proche et fit un pas prudent vers elle.
Oh ! bon Dieu de bon Dieu !
Ses ongles se plantèrent dans le bois de la bibliothèque. Il s’immobilisa en équilibre, l’air sifflant à travers ses dents serrées, essayant de trouver le courage d’avancer d’un pas de plus et priant pour que la surveillante ne choisisse pas ce moment pour entrer.
D’accord, un autre pas. Ça ne pourra pas aller mieux si tu ne le fais pas.
Il agrippa de nouveau la bibliothèque, desserra les dents, et fit un nouveau pas. Bon Dieu !
Il lui fallut une demi-heure pour atteindre deux chaises, une autre bibliothèque puis une vitrine, et s’éloigner de cette simple distance l’inonda de sueur.
Je n’aurais pas dû aller aussi loin.
S’il entendait la surveillante entrer, il n’y avait aucune chance qu’il parvienne à regagner son fauteuil roulant à temps. Il commença de revenir sur ses pas, bénissant la prédilection des Victoriens pour les meubles solides et stables. Bibliothèque, palmier en pot, fauteuil roulant. Dans lequel il s’effondra avec gratitude, haletant pendant plusieurs minutes, avant de saisir ses mots croisés à la recherche de quelque chose, n’importe quoi, qu’il pourrait remplir en vitesse.
« Créature insulaire que l’auteur de Peter Pan a tuée » ? Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? « Avertissement de docteur qu’Hitler ignorerait » ?
Il laissa tomber et griffonna quelques mots. Sur le fil. Sœur Carmody arrivait en souriant.
— Avez-vous avancé ?
— Oui.
Il essaya de plier la grille à l’intérieur avant qu’elle ne puisse y jeter un coup d’œil, mais elle la lui avait déjà arrachée des mains.
— En réalité, non. Je me suis assoupi. L’air frais m’a rendu somnolent.
— Et il vous a donné de bonnes couleurs, s’extasia-t-elle. S’il fait beau demain, je vous monterai ici de nouveau.
Elle lui tendit son journal.
— Au fait, vous vous êtes trompé pour le dix-huit vertical. Ce n’est pas « duplicité ».
C’est ce que vous croyez.
Cependant, s’il voulait continuer son petit jeu, il ne pouvait pas se permettre d’éveiller ses soupçons, aussi passa-t-il le reste de la journée à élucider des définitions de mots croisés pour sa prochaine visite à l’étage.
Le samedi, le Blitz commença avec le bombardement des quais et de l’East End à Londres et, les deux jours suivants, l’afflux des nouveaux blessés fut tel que personne n’eut le temps de faire monter Mike. Mais, mardi, sœur Carmody l’installa de nouveau dans le fauteuil roulant, et il remplit aussitôt les réponses qu’il avait préparées avant de se lever. Cette fois, il marcha plus loin, même s’il ne pouvait s’éloigner que de quelques pas sans le support des meubles, et si chacun de ces pas le brûlait comme l’enfer.
Mercredi, un groupe de quatre personnes jouait au bridge, et jeudi, c’est lui qu’on emmenait pour des radios, mais vendredi le jardin d’hiver était désert. Le temps avait tourné au froid et la pluie menaçait.
— Êtes-vous sûr que vous aurez assez chaud ici ? lui demanda sœur Carmody, qui drapait ses épaules et ses genoux de couvertures en laine. La température est glaciale.
— Ce sera parfait.
Elle hésitait toujours.
— Je ne sais pas. Si jamais vous attrapiez froid…
— Je n’attraperai pas froid. Tout ira bien.
Allez-vous-en !
Elle s’en fut, après lui avoir extorqué la promesse qu’il sonnerait la surveillante s’il ressentait la moindre fraîcheur, et il griffonna à la hâte les réponses à sa grille de mots croisés qu’il avait trouvées la nuit précédente.
« Quatre horizontal : bombardier. »
« Vingt-huit vertical : cathédrale. »
« Trente et un horizontal : fuite. »
Puis il repoussa les couvertures, écouta un moment pour s’assurer qu’elle ne revenait pas, et commença son circuit.
Bibliothèque, fenêtre… Son pied s’était raidi ces trois derniers jours. Il devait se forcer pour porter son poids dessus. Horloge, palmier en pot, fauteuil à haut dossier.
— Tss-tss, fit une voix depuis les profondeurs du fauteuil. Je croyais que vous n’étiez pas censé faire porter votre poids sur ce pied, Davis !
Londres, septembre 1940
Il n’y a pas de civils.