Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические любовные романы » Marianne, une étoile pour Napoléon
Marianne, une étoile pour Napoléon - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Marianne, une étoile pour Napoléon

Электронная книга - «Marianne, une étoile pour Napoléon». Краткое содержание книги:

La vie prodigieuse de Marianne d'Asselnat de Villeneuve commence en Angleterre, dans le paisible domaine de sa tante Ellis Selton qui l'a recueillie après la mort de ses parents, guillotinés sous la Terreur. Son adolescence prend fin brutalement le jour même où elle épouse le beau Francis Cranmere dont elle est secrètement éprise depuis longtemps. Au cours d'une nuit de noces effroyable elle perd à la fois son amour, sa fortune et sa sécurité. Marianne doit fuir, abandonner tout ce qu'elle aime, revenir en France où règne l'homme qu'on lui a appris à haïr jour après jour : Napoléon.
1 ... 121 122 123 124 125 126 127 128 129 ... 140
Перейти на страницу:

Elle se leva doucement pour gagner une porte latérale. Juste à ce moment, l’Empereur s’arrêtait devant Le Dru et, d’un doigt, soulevait la croix qui brillait sur sa poitrine.

— Tu es un brave, à ce que l’on dirait. Où as-tu eu ceci ?

Une flambée d’orgueil apporta une rougeur passagère au visage figé du soldat.

— Devant Ciudad Rodrigo, Sire ! Des mains du maréchal Ney !

— Et pourquoi ?

— Pour... une peccadille, Sire !

Le rare et miraculeux sourire illumina un instant le visage de l’Empereur. Levant la main, il tira vivement l’oreille du garçon dont les yeux, aussitôt, se remplirent de larmes.

— J’aime ces peccadilles, fit-il, et j’aime la modestie ! Ton message, mon ami !

Fascinée malgré elle, Marianne était demeurée à la même place. Pourquoi fuir, après tout ? L’Empereur n’ignorait plus rien de ce qu’elle avait été. Même si Le Dru osait l’attaquer devant lui, il ne pourrait rien contre elle. Et puis, au fond d’elle-même, une irrépressible curiosité, teintée peut-être d’un peu de perversité, la poussait à épier ce garçon dont elle avait eu si peur, mais au sujet duquel elle n’analysait plus très bien ses sentiments. Tout doucement, elle avait repris son siège derrière la harpe.

D’une main fébrile, Le Dru tirait de son dolman un large pli cacheté. Sa rougeur avait disparu et, tout au contraire, Marianne avait l’impression qu’il pâlissait d’instant en instant comme s’il était sur le point de se trouver mal. Une crispation douloureuse du visage au moment où il tendit la lettre acheva de renseigner Marianne.

Elle osa parler, trouvant peut-être un plaisir à aller au-devant du danger.

— Sire, dit-elle calmement. Cet homme se soutient à peine. Je gagerais qu’il est blessé !

Au son de sa voix, Le Dru tourna la tête vers elle. Avec un peu d’amusement, elle vit s’agrandir les yeux bleus de l’ancien marin.

— C’est ma foi vrai... commença Napoléon. Est-ce que tu es...

Le bruit de la chute lui coupa la parole. Le Dru ne tenait debout que par un suprême effort de volonté. Mais, recevant en plein visage la vision inattendue de Marianne, la surprise avait fauché net cette volonté trop tendue et le courrier de Madrid venait de s’évanouir purement et simplement aux pieds de l’Empereur.

— Eh bien ! fit ce dernier, si maintenant mes dragons tombent en pâmoison comme de simples jeunes filles !...

Mais il était déjà à genoux et se hâtait d’ouvrir le dolman dont le hausse-col étroit gênait la respiration. Sur la chemise, à la hauteur de l’épaule, une tache de sang s’élargissait.

— Tu avais raison, fit-il à l’adresse de Marianne, cet homme est blessé. Viens m’aider.

Elle était allée prendre, sur une console, une carafe de cristal gravé dont elle faisait couler un peu d’eau sur son mouchoir. Puis, s’agenouillant à son tour sur le tapis, elle se mit à bassiner les tempes de Le Dru, mais sans obtenir de résultat appréciable.

— Il faudrait un cordial, dit-elle, et aussi un médecin. Avons-nous un peu de brandy ?

— Chez nous le « brandy » s’appelle cognac ! grogna Napoléon. Quant au médecin...

Il courut à la cheminée, tira le cordon de la sonnette. Le page, terrifié, réapparut et son regard s’effara en découvrant l’homme qu’il avait introduit étendu de tout son long sur le tapis.

— Un médecin, tout de suite, ordonna l’Empereur. Une civière et deux valets pour transporter cet homme dans une chambre des communs !

— Sortir un blessé évanoui par ce froid noir ? protesta Marianne. Votre Majesté n’y songe pas ?

— Tu as peut-être raison, mais, tu sais, mes soldats ont la peau dure. N’importe ! Qu’on lui prépare une chambre ici. Eh bien ! courez, malheureux ! Vous êtes encore là ?

L’évanouissement de Le Dru était profond. L’homme devait être parvenu aux derniers degrés de l’épuisement. Il était toujours sans connaissance quand apparurent le médecin de service au palais et les valets chargés de le mettre au lit.

Tandis que l’homme de l’art procédait à un rapide examen, Marianne, qui s’était reculée jusqu’à un fauteuil proche, regardait Napoléon briser le cachet de la lettre et la parcourir en hâte. Elle nota avec inquiétude que ses sourcils se fronçaient et que ses mâchoires se contractaient. Les nouvelles ne devaient pas être bonnes... En effet, après avoir lu, l’Empereur froissa l’épais papier d’un poing nerveux.

— Incapables ! gronda-t-il entre ses dents serrées... tous des incapables ! Ne s’en trouvera-t-il pas un seul, dans toute ma famille, qui puisse sinon concevoir des plans valables, du moins exécuter les miens avec grandeur et désintéressement ?

Marianne ne fit aucun commentaire. La phrase, elle le savait, ne s’adressait pas à elle. A cette minute, Napoléon l’avait oubliée, pris qu’il était par le nouveau problème posé dans cette lettre. C’était à lui-même qu’il parlait et se fût-elle risqué à répondre qu’elle se fût attiré immanquablement une rebuffade. Le médecin, d’ailleurs, se relevait.

— On peut transporter le blessé dans son lit, Sire, dit-il. Je lui donnerai mes soins plus commodément.

— Faites ! Mais tâchez qu’il soit bientôt en état de m’entendre. J’ai diverses questions à lui poser...

Tandis que, sous la direction du docteur, les valets installaient avec précaution Le Dru, inconscient, sur la-civière, Marianne s’approcha de l’Empereur qui, sa lettre à la main, s’apprêtait vraisemblablement à regagner son cabinet de travail.

— Sire, demanda-t-elle, me permettez-vous d’aller, tout à l’heure, prendre des nouvelles de ce blessé ?

— Tu as peur qu’il ne soit pas bien soigné ? dit Napoléon mi-bougon, mi-plaisant. Je t’assure que mon service de santé fonctionne parfaitement...

— Ce n’est pas cela ! Si je souhaite m’assurer de son état, c’est parce que je le connais !

— Encore ? Ah çà ! Mais tu es comme « Taillerand » qui connaît à peu près intimement toute l’Europe ? Veux-tu me dire où tu as connu ce garçon qui nous arrive tout droit d’Espagne alors que tu es venue d’Angleterre.

— Justement : en Angleterre. Je l’ai connu dans la baie de Plymouth, une nuit de tempête, à bord du bateau de Nicolas Mallerousse : il s’évadait des pontons. C’était un marin de Surcouf et nous avons été, ensemble, captifs des naufrageurs.

Napoléon fronça les sourcils. L’histoire, visiblement, lui semblait manquer de clarté.

— Je vois, ironisa-t-il, vous êtes de vieux compagnons d’armes ! Mais ce que j’aimerais savoir, c’est ce qu’il fait dans les dragons, ton ami ? On se bat toujours, sur mer, et Surcouf, plus que jamais, a besoin d’hommes. J’ajoute qu’en général ses marins l’adorent et préféreraient se faire couper un bras plutôt que de le quitter. Alors, pourquoi celui-là est-il à terre ? Il a le mal de mer ?

Marianne se prit à regretter d’avoir parlé. Le ton sarcastique de Napoléon ne présageait rien de bon et, de plus, elle avait vaguement l’impression qu’il ne la croyait pas tout à fait. Mais maintenant il était trop tard pour reculer. Il fallait aller jusqu’au bout.

— Il adorait Surcouf, en effet, mais il aime encore davantage l’Empereur, commença-t-elle prudemment tout en se demandant comment elle allait pouvoir raconter, sans soulever de tempête, l’épisode du Compas d’Or, et surtout sans être obligée d’en venir à l’humiliante aventure de la grange.

1 ... 121 122 123 124 125 126 127 128 129 ... 140
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)