Les terrassiers [Diggers - fr]
- Автор: Пратчетт Теренс Дэвид Джон
- Серия: Gnomes (fr) #2
- Год: 1996
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-24179-4
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Les terrassiers [Diggers - fr]». Краткое содержание книги:
Mais la situation change brusquement : la température baisse, du ciel tombent des gouttes et les flaques d’eau deviennent dures, craquantes et glissantes. Bref, l’hiver approche.
Et pour tout compliquer, ces idiots d’humains ont décidés de rouvrir la carrière. Que faire ? Quand on mesure dix centimètres de haut et qu’on vit dix fois plus vite qu’un humain, on n’est pas de taille à repousser de tels envahisseurs.
Heureusement, les gnomes ont peut-être sur la colline un allié de poids : Jekub, le terrible dragon qui sommeille là depuis la construction du Monde…
Nisodème a un projet en tête, se dit Dorcas. Quoi, je n’en sais rien, mais ça sent mauvais.
Et la situation n’alla pas en s’améliorant au fil de la journée, surtout quand il se mit à pleuvoir. Une vilaine pluie glacée. Du grésil, à en croire Mémé Morkie. C’était mou, pas franchement de la pluie, mais pas tout à fait de la glace non plus. De la pluie vertébrée.
On ne sait comment, elle semblait réussir à se faufiler en des endroits où la pluie ordinaire n’avait pas accès. Dorcas assigna les gnomes les plus jeunes au creusement de fossés de drainage, et il mit en place un chauffage de fortune au moyen de quelques grosses ampoules lumineuses. Les gnomes les plus âgés étaient assis en cercle autour d’elles en faisant le gros dos, et ils ronchonnaient.
Mémé Morkie faisait son possible pour les rasséréner. Dorcas commençait à espérer qu’elle arrête.
— Ça, c’est de la gnognotte, disait-elle. Je me souviens de la Grande Inondation. Notre terrier s’est carrément effondré. On a eu froid et on est restés trempés pendant des jours ! (Elle caqueta, en se balançant d’avant en arrière.) On avait une mine de rats mouillés, je vous jure ! Plus un poil de sec, vous savez, et pas de feu pendant une semaine. Ah, ça, on peut dire qu’on a rigolé !
Les gnomes du Grand Magasin la fixaient en frissonnant.
— Et vous faites pas de souci, pour traverser la rase campagne, continua-t-elle sur le ton de la conversation. Neuf fois sur dix, y a rien qui vous boulottera.
— Oh, miséricorde ! laissa échapper une dame gnome d’une voix blanche.
— Mais si, j’ai été dans les champs des centaines de fois. C’est de la rigolade tant qu’on reste tout près de la haie et qu’on ouvre bien les yeux. C’est rare qu’on doive détaler.
Quand on apprit que la Land Rover s’était garée à l’endroit précis où l’on avait prévu de planter des bidules, l’humeur générale ne s’améliora pas. Les gnomes avaient passé une éternité l’été précédent à retourner le sol durci pour le transformer en une vague approximation de terre. Ils avaient planté des graines, qui n’avaient pas germé. Désormais, deux grandes ornières traversaient l’endroit, et un nouveau cadenas et une chaîne étaient accrochés à la grille.
Le grésil commençait déjà à remplir les ornières. Du gasoil avait coulé à terre et étalait ses arcs-en-ciel sur toute la surface.
Et tout du long, Nisodème rappelait aux gens à quel point la situation avait été meilleure dans le Grand Magasin. Ils n’avaient pas vraiment besoin d’être convaincus. C’était vrai, après tout : la situation avait été meilleure. Et de loin.
D’accord, songea Dorcas, on peut rester au chaud, la nourriture ne manque pas, encore qu’il y ait des limites au nombre de façons d’accommoder le lapin et les patates. Le problème, c’est que Masklinn avait imaginé qu’une fois sortis du Grand Magasin, nous creuserions, nous construirions, nous chasserions, et nous affronterions tous le futur le menton haut et le sourire large. Chez certains jeunes, c’est bien le cas, pas de problème. Mais nous autres, les anciens, nous sommes trop rassis dans nos vieilles habitudes. Moi encore, ça va. J’aime bricoler ; je peux me rendre utile. Mais les autres… Tout ce qu’ils peuvent faire pour occuper le temps, c’est ronchonner. En ce domaine, ils sont passés maîtres.
Je me demande à quoi joue Nisodème. Il est trop ardent, si vous voulez mon avis.
J’aimerais bien que Masklinn revienne.
Ou même le jeune Gurder. C’était pas un mauvais bougre.
Trois jours de passés, déjà.
Les circonstances étant ce qu’elles étaient, il savait qu’il se sentirait mieux après être allé jeter un coup d’œil à Jekub.
6
I. Car sur la Colline vivait un Dragon remontant à la Construction du Monde.
II. Mais il était vieux et cassé, et il se mourait.
III. Et il portait sur son Front la Marque des Dragons.
IV. Et cette Marque était : Jekub.