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READ-E-BOOK » Юмористическая фантастика » Le guide du routard galactique [The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy - fr]
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Le guide du routard galactique [The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Le guide du routard galactique [The Hitch Hiker's Guide to the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

SAVIEZ-VOUS…
que la planète Terre doit être détruite d’ici deux minutes ?
SAVIEZ-VOUS…
que votre meilleur ami est peut-être natif de Betelgeuse ?
SAVIEZ-VOUS…
que la poésie des vogons est vraiment exécrable ?
SAVIEZ-VOUS…
que le Président de nla Galaxie est peut-être moins idiotqu’il n’en a pas l’air (ou l’inverse) ?
SAVIEZ-VOUS…
quelle est la réponse à la Question fondamentalede la Vie, de l’Univers et du Reste ?
SAVIEZ-VOUS…que vous tenez en ce moment ce bouquin à l’envers ?
PAS DE PANIQUE !
Ce Guide du routard galactique a réponse à tout !
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Voici quelle est l’exacte teneur de cet article :

Flotte de construction Vogon :

Voici la démarche à suivre au cas où vous voudriez être pris en stop par un Vogon : laissez tomber.

Leur race est l’une des plus désagréables de la Galaxie – sans être franchement méchants, ils ont mauvais caractère, s’avèrent hypocrites, formalistes et cyniques. Ils ne lèveraient pas le petit doigt pour sauver leur propre grand-mère des griffes du hanneton glouton de Tron sans avoir au préalable un ordre écrit, contresigné en trois exemplaires, expédié, renvoyé, requis, perdu, retrouvé, soumis à enquête publique, reperdu et finalement enterré durant trois mois dans la tourbe avant d’être recyclé comme allume-feu.

Le plus sûr moyen de faire cracher une tournée à un Vogon est encore de lui fourrer vos doigts dans le fond du gosier ; et le plus sûr moyen de l’irriter est encore de donner sa grand-mère en pâture au hanneton glouton de Tron.

Enfin, ne laissez sous aucun prétexte un Vogon vous déclamer des poèmes.

— Quel étrange bouquin, dit Arthur. Mais alors, comment s’est-on fait prendre en stop ?

— C’est bien là le problème, constata Ford en rangeant le livre dans son étui. « Il est aujourd’hui périmé. J’enquête sur le terrain pour préparer la nouvelle édition mise à jour et l’une de mes tâches est justement d’ajouter une explication sur l’habitude qu’ont désormais les Vogons d’employer des Dentrassis aux cuisines, ce qui nous fournit la matière d’une intéressante petite échappatoire.

Une expression douloureuse s’inscrivit sur les traits d’Arthur :

— Mais qui sont ces Dentrassis ?

— Des gars extra. Ce sont eux les meilleurs cuisiniers et les meilleurs préparateurs de cocktails, pour le reste ils s’en contrefoutent. Et ils seront toujours prêts à prendre les astrostoppeurs, en partie parce qu’ils apprécient la compagnie, mais surtout parce que ça embête les Vogons. Ce qui est exactement le genre de détail utile à savoir lorsqu’on est un pauvre routard qui essaie de découvrir les Merveilles de l’Univers avec moins de trente dollars altaïriens par jour. Et voilà mon boulot. Marrant, non ?

Arthur avait l’air largué.

— Curieux, dit-il en contemplant, soucieux, l’un des autres matelas.

— Malheureusement, je suis resté sur Terre un peu plus longtemps que prévu : j’étais venu passer une semaine et je me suis retrouvé coincé quinze ans.

— Mais comment as-tu fait pour arriver en premier lieu ?

— Facile : en me faisant prendre par un taquin.

— Un taquin ?

— Ouais.

— Euh, c’est quoi, un…

— Un taquin ? Les taquins sont en général de riches et jeunes oisifs. Ils se baladent en quête de planètes n’ayant pas encore établi de contacts interstellaires et ils les sondent.

— Ils les sondent ?

Arthur commençait à avoir la nette impression que Ford prenait plaisir à lui rendre la vie difficile.

— Ouais, dit Ford. Ils les sondent. Ils cherchent un coin désolé presque désert puis se posent près de quelque brave type sans méfiance que jamais personne n’ira croire et ils se mettent à gambader devant lui, la tête coiffée d’antennes rigolotes, tout en faisant bip-bip. Vraiment puéril, quoi.

Ford s’allongea sur le matelas, les mains croisées derrière la nuque, arborant un air très satisfait particulièrement exaspérant.

— Ford, insista Arthur, ma question va peut-être te paraître stupide mais qu’est-ce que je fiche ici ?

— Enfin, tu le sais bien : je t’ai sauvé de la Terre.

— Et qu’est-il arrivé à la Terre ?

— Ah ! Elle a été démolie !

— Pas possible ? dit Arthur d’un ton égal.

— Oui. Elle s’est tout simplement volatilisée dans l’espace.

— Là, tu vois, c’est un truc qui m’embêterait plutôt.

Les sourcils froncés, Ford sembla ruminer une telle idée :

— Oui, je veux bien l’admettre, finit-il par concéder.

— L’admettre ! s’emporta Arthur. L’admettre !

Ford se leva d’un bond.

— Veux-tu regarder le bouquin ! siffla-t-il d’un ton pressant.

— Quoi ?

— PAS DE PANIQUE !

— Je ne panique pas.

— Si.

— D’accord, je panique : que puis-je faire d’autre ?

— Te contenter de me suivre et de prendre du bon temps. Tu vas voir que la Galaxie est un coin marrant. Tu n’auras qu’à te fourrer ce poisson dans le fond de l’oreille.

— Je te demande pardon ? demanda Arthur sur un ton qu’il estimait plutôt poli.

Ford brandissait un petit bocal qui contenait indubitablement un petit poisson jaune. Arthur le considéra en clignant des yeux. Il aurait tant voulu avoir quelque chose de simple et d’identifiable à quoi se raccrocher : il se serait senti plus tranquille si, en même temps que les slips dentrassis, les piles de matelas Coinslab-Huhlbeux et l’homme de Bételgeuse qui le conviait à se fourrer dans l’oreille un petit poisson jaune, il avait pu apercevoir rien qu’un petit paquet de corn-flakes. Mais il n’en voyait pas et ne se sentait pas tranquille du tout.

Brusquement les assaillit un bruit violent qu’il ne put identifier. Il hoqueta de terreur en entendant ce qui lui fit l’effet d’un homme en train de se gargariser tout en se battant contre une horde de loups.

— Chhhtttt ! dit Ford. Écoute donc. C’est peut-être important !

— Im… portant ?

— C’est le capitaine des Vogons qui passe un message par la sono.

— Tu veux dire que c’est comme ça que les Vogons parlent ?

— Écoute !

— Mais je ne sais pas parler vogon !

— Tu n’as pas besoin. Mets-toi simplement ce poisson dans l’oreille.

Et Ford, dans un mouvement éclair, colla sa main contre l’oreille d’Arthur qui ressentit l’écœurante irruption du poisson qui s’empressa de se faufiler au fond de son conduit auditif. Il poussa un hoquet horrifié, voulut, l’espace de quelques secondes, se gratter l’oreille puis lentement se tourna, les yeux agrandis de surprise : il était en train de ressentir l’équivalent auditif de cette expérience d’optique où l’on voit les silhouettes noires de deux visages face à face laisser place brusquement à l’image d’un chandelier blanc. Ou bien lorsque sur une feuille un tas de taches colorées s’organise soudain en un chiffre six – signe que votre opticien s’apprête à vous facturer très cher une nouvelle paire de lunettes.

Il était toujours en train d’écouter les gargouillis ululants, il le savait, sauf qu’à présent ils avaient comme qui dirait revêtu toutes les apparences d’un anglais fort policé.

Et voici ce qu’il entendit…

Chapitre 6

« Hou-hou-garglou-hou-garglou-hou-hou-hou-garglou-hou-hou-garglou-hou-hou-garglou-garglou-hou-garglou-garglou-garglou-hou-hou-sllllllurrp-aurghh devraient se payer du bon temps. Je répète : c’est votre capitaine qui vous parle aussi êtes-vous priés de cesser ce que vous faites pour me prêter un peu attention. Primo : je constate, grâce à mes instruments, que nous avons à bord deux astrostoppeurs. Alors, qui que vous soyez, bonjour ! Je voudrais simplement qu’il soit bien clair entre nous que votre présence à bord est totalement indésirable. Il m’a fallu travailler dur pour en arriver là où je suis aujourd’hui et je ne suis pas devenu capitaine d’un vaisseau de construction vogon pour le simple plaisir de faire le taxi pour un ramassis de resquilleurs dégénérés. J’ai fait dépêcher une équipe à votre recherche et sitôt qu’elle vous aura dénichés, je vous fais flanquer par-dessus bord. Si vous avez beaucoup de chance, peut-être que je vous lirai quelques-uns de mes poèmes avant.

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