Une vie sans fin
- Автор: Бегбедер Фредерик
- Год: 2018
- Язык: французский
- Год: Éditions Grasset
- ISBN: 978-2246812616
- Переводчик: Елена Викторовна Клокова
- Жанр: Современная русская и зарубежная проза
Электронная книга - «Une vie sans fin». Краткое содержание книги:
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir. »
Personne ne souhaite la mort, à part les dépressifs et les kamikazes. S’il y a une chance sur huit milliards que je parvienne à prolonger ma vie de deux ou trois siècles, vous aurez envie de m’imiter. Gardez bien à l’esprit cette réalité : vous allez mourir parce que vous vous laissez faire. Vous mourrez et pas moi. L’humanité a tout dompté : les océans les plus profonds, les montagnes les plus inaccessibles, même la lune et la planète Mars. Le moment est venu pour la médecine d’euthanasier la mort. Ensuite, on se débrouillera pour trouver de la place pour loger la surpopulation. Il n’y aura plus de Sécurité sociale dans vingt ans. Avec le vieillissement massif de la population, le déficit colossal des comptes sociaux mènera au chacun pour soi : les riches ne paieront plus pour sauver les pauvres. À moins de reporter l’âge de la retraite à 280 ans… Quant aux mutuelles et compagnies d’assurances, un rapide séquençage de notre ADN leur indiquera le niveau de risque-santé et un algorithme calculera les cotisations en fonction. L’augmentation de la durée de vie aura une conséquence positive sur le plan financier : tout le monde pourra s’acheter des maisons très chères en s’endettant sur plusieurs siècles (sauf en cas de génome déficient). Exemple : un crédit de 10 millions est remboursable sur trois cents ans, avec des mensualités de 2 700 €. Vous désirez un yacht ? Aucun problème si vous avez des siècles devant vous.
Je vous épargne le baratin des religions sur la vie après la mort. Je ne suis pas adepte des casinos, ni du PMU : ne comptez pas sur moi pour lancer des paris. Je me fiche d’une vie après la mort, ce que je veux c’est prolonger indéfiniment mon existence avant la Faucheuse. Le catholicisme prie pour la vie éternelle ; moi, je veux la vie éternelle sans me faire prier. Le problème avec Dieu c’est que si l’on n’y croit pas, on a franchement l’air d’un paumé. Surtout à cinquante ans, quand le corps se met à dysfonctionner ; une situation dont on sait, malgré tous les efforts, les crèmes anti-âge, les injections de botox, les implants capillaires et les massages ayurvédiques, qu’elle ne fera qu’empirer, jusqu’à la défaite ultime. C’est pour cette raison que les fidèles des messes ont tous plus de cinquante ans. L’Église, c’est le spa de l’âme.
Aurais-je perdu le goût du vide ?
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GONZO CHECK-UP
(Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris)
« Vivre, comment ? »