Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]
- Автор: Херберт Фрэнк
- Серия: Dune (fr) #3
- Год: 1978
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 2-221-00045-5
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.
Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
L’un et l’autre, nous sommes des étrangers, songea-t-il.
Il fallait bien longtemps aux gens du sietch pour prendre une décision, mais il savait qu’ils avaient de l’emploi pour ceux qui connaissaient l’art du combat. Les contrebandiers avaient toujours besoin d’hommes de valeur. Mais Halleck n’entretenait plus d’illusions à leur égard. Les contrebandiers de ce temps n’étaient plus ceux qui lui avaient donné asile des années auparavant, lorsqu’il avait fui, après le démantèlement du fief de son Duc. Non, ces gens appartenaient à une race nouvelle, prompte à chercher le profit.
Il regarda encore le saule absurde. Il lui vint alors l’idée que les tempêtes de cette réalité nouvelle pourraient bien disperser aux quatre horizons ces contrebandiers et leurs amis. Elles pourraient détruire Stilgar et sa fragile neutralité et balayer avec lui toutes les tribus qui demeuraient encore fidèles à Alia.
Ils avaient tous été colonisés. Halleck avait déjà assisté à cela, il avait connu ce goût amer sur son propre monde. Maintenant, il distinguait clairement ce qui se passait ici, il reconnaissait les maniérismes des Fremen des cités, le modèle des faubourgs, la façon dont les traits les plus caractéristiques du sietch rural étaient gommés jusque dans les refuges les plus secrets des contrebandiers, comme celui-ci. Les districts ruraux étaient devenus autant de colonies des centres urbains. Leurs populations avaient appris à supporter un joug matelassé, sous l’empire de la cupidité sinon des superstitions. Même ici, surtout ici, les gens avaient l’attitude des êtres soumis et non pas celle des hommes libres. Ils étaient méfiants, secrets, fuyants. Toute manifestation d’autorité provoquait le ressentiment – quelle que fût l’autorité : La Régente, Stilgar, le Conseil du Sietch…
Je ne peux pas leur faire confiance, se dit Halleck. Il ne pouvait que les utiliser et entretenir leur méfiance envers autrui. Ce qui était triste. C’en était fini des vieilles concessions mutuelles des hommes élevés dans la liberté. Les usages anciens avaient été ramenés à des paroles rituelles, et leur origine s’était perdue dans les mémoires.
Alia avait bien fait son travail, punissant ceux qui la combattaient, récompensant ceux qui la soutenaient, redistribuant les forces impériales au hasard tout en dissimulant les éléments majeurs de son pouvoir impérial. Les espions ! Par les dieux inférieurs, elle avait tant d’espions !
Halleck pouvait presque matérialiser le jeu mortel de mouvements et de parades par lequel Alia avait espéré maintenir l’opposition en situation de déséquilibre.
Si les Fremen restent assoupis, se dit-il, elle peut gagner.
Le sceau d’entrée s’ouvrit avec un craquement sonore. Un serviteur du nom de Melides apparut. Il était petit, avec un corps replet posé sur de grêles jambes d’araignée et le distille ne faisait qu’accentuer sa laideur.
« Vous avez été accepté », dit-il.
Halleck devina la ruse et la dissimulation dans sa voix. Il comprit qu’il ne bénéficierait ici que d’un asile de courte durée.
Jusqu’à ce que je puisse m’emparer d’un de leurs ornis, se dit-il.
« Transmets ma gratitude à ton Conseil », dit-il. Et il songea alors à Esmar Tuek, qui avait donné son nom à ce sietch. Esmar, mort par la trahison, aurait tranché la gorge de ce Melides au premier regard.
57
Tout chemin qui rétrécit les possibilités futures peut devenir un piège mortel. Les humains ne progressent pas dans un labyrinthe, ils explorent un horizon vaste empli d’occasions uniques. Seules des créatures vivant le nez enfoui dans le sable peuvent être attirées par la perspective rétrécie du labyrinthe. L’originalité et les différences produites par le sexe sont la protection vitale des espèces.