Seigneur de lumière [Lord of Light - fr]
- Автор: Желязны Роджер Джозеф
- Год: 1975
- Язык: французский
- Год: Deno
- Переводчик: Claude Saunier
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Seigneur de lumière [Lord of Light - fr]». Краткое содержание книги:
Le fanatisme religieux remplace la connaissance scientifique. Mais si vous voulez joindre les « dieux », utilisez le téléphone automatique, c'est tout de même plus pratique.
Mais attention, un homme va se révolter et partir en guerre contre ces « dieux » immortels et fanatiques…
— Si j’avais su alors ce que valait cet appareil dit Yama, j’aurais pu m’arranger pour le rendre moins durable. De temps à autre, je regrette d’avoir un tel génie.
Il passa sous le Pont des Dieux. Tourna au-dessus de la jungle, partit vers le sud. Son rugissement diminua peu à peu. Puis le silence revint.
Un oiseau pépia, un autre lui répondit, tous les bruits de la vie se réveillèrent et les voyageurs sortirent sur la piste.
— Il reviendra, fit Yama, et il ne se trompait pas.
Deux fois encore ce jour-là, ils durent quitter la piste comme le char de la foudre passait dans les cieux. La deuxième fois, il tourna au-dessus du monastère, observant peut-être les rites funéraires. Puis il s’éleva au-dessus des montagnes et disparut.
Ce soir-là, ils campèrent sous les étoiles, La deuxième nuit aussi.
Le troisième jour, ils arrivèrent sur les rives de la Deeva, au petit port de Koona. Ils trouvèrent là les moyens de transport nécessaires et repartirent le soir même vers le sud en bateau jusqu’à l’endroit où la Deeva se jette dans le majestueux Védra. Ils se dirigèrent enfin vers les quais de Khaipour, leur destination.
Tandis qu’ils glissaient, portés par le fleuve, Sam en écoutait les bruits, debout sur le pont sombre, les mains sur la lisse. Il regardait de l’autre côté de l’eau le ciel étincelant s’élever et s’abaisser, les étoiles s’incliner. Ce fut alors que la nuit lui parla par la voix de Ratri, proche de lui.
— Tu es déjà venu ici, Tathagata.
— Bien des fois.
— La Deeva est belle sous les étoiles, quand elle ondule et se replie autour du bateau.
— Certes.
— Nous allons à présent à Khaipour, au palais de Kâma. Que feras-tu quand nous serons arrivés ?
— Je vais passer quelque temps dans la méditation, déesse.
— Et sur quoi méditeras-tu ?
— Sur mes vies passées, sur les erreurs qu’elles ont toutes contenues. Il faut que j’examine à nouveau ma tactique, et celle de l’ennemi.
— Yama pense que le Nuage d’Or t’a changé.
— Peut-être.
— Il croit qu’il t’a rendu plus doux et plus faible. Tu t’es toujours fait passer pour un mystique, mais il croit qu’à présent, tu l’es devenu et que cela causera ta perte.
Sam hocha la tête, se tourna vers elle, mais ne la vit point. Était-elle là, invisible, ou était-elle partie ? Il parla doucement, d’une voix monotone.
— J’arracherai ces étoiles au ciel et les jetterai à la face des dieux, si c’est nécessaire. Je blasphémerai dans chaque temple du pays. Je prendrai les vies au filet comme le pêcheur, s’il le faut. Je remonterai dans la Cité Céleste, si même chaque marche est de flamme ou une épée nue, si même le chemin est gardé par des tigres. Un jour les dieux regarderont du haut du Ciel et me verront sur l’escalier, leur apportant le don qu’ils craignent le plus au monde. Ce jour-là commencera le nouveau Yuga. Mais d’abord, il me faut méditer.
Il se retourna pour regarder de nouveau les eaux.
Une étoile filante se fit un chemin brûlant à travers le ciel. Le bateau avançait toujours. La nuit soupirait autour de lui.
Sam regardait droit devant lui. Se rappelant le passé.
2
Un jour le petit raja d’une petite principauté vint avec sa suite à Mahartha, ville que l’on appelle Porte-du-Sud et Capitale-de-l’Aube, pour y acheter un nouveau corps. À cette époque, un homme parti de rien pouvait encore connaître un brillant destin, les dieux étaient moins formalistes et solennels, les démons toujours dans les chaînes, et la Cité Céleste s’ouvrait encore parfois aux hommes. Voici comment le prince réussit à se jouer du receveur de prières devant le temple, et comment il s’attira la défaveur du Ciel pour sa présomption.