La vie privée de Walter Klozett
- Автор: Дар Фредерик
- Серия: Le Commissaire San-Antonio #87
- Год: 1975
- Язык: французский
- Год: Éditions Fleuve Noir
- Жанр: Иронические детективы
Электронная книга - «La vie privée de Walter Klozett». Краткое содержание книги:
D'abord parce que la caractéristique essentielle d'une vie privée, c'est d'être privée, justement.
Ensuite, parce que cette vie privée-là ne m'appartenant pas, quoi qu'on ait tenté de faire à ce sujet, j'avais des scrupules furonculeux à la rendre publique.
Mais une existence pareille fait partie du patrimoine humain. La cacher équivaudrait à mutiler une société qui a grand besoin de toutes ses ressources pour ne pas trop ressembler à un mur de chiottes.
Et puis, quoi : il faut bien vivre !
Qu'est-ce que tu dis ?
Ah, bon ! Je croyais…
Son sourire a disparu.
Elle en fait autant.
Ouf.
Je me remonte tant mal que bien sur mon oreiller pour attendre la suite de ma vie, laquelle vie se met à ressembler à la fuite d’une conduite de gogues.
Malnourry ne tarde pas à revenir.
— Comment vous sentez-vous, monsieur le commissaire ? s’inquiète l’O.P.
— Je devrais me faire sentir par quelqu’un d’autre, car je me sens plutôt mal, riposté-je, en puisant dans les réparties béruréennes, vu un manque très net de phosphore.
— Cet asile est en folie, ronchonne l’aimable policier.
— N’est-ce point là sa vocation, mon bon ?
Lui, l’humour, c’est au compte-gouttes et dans beaucoup d’eau ; aussi ne réagit-il pas.
— Je venais vous apporter un message d’Alexandre-Benoît Bérurier, me dit-il en tirant de sa poche une enveloppe grise tachée de café au lait, de vin rouge, de beurre et de jaune d’œuf. Sur l’enveloppe on peut lire la raison sociale de l’expéditeur : Gaz de France, celle du destinataire : « Bérurier ». Elle contient une lettre rédigée sur la nappe de papier gaufré d’un restaurant à prix fixe (comme s’il restait des prix fixes à notre époque, mais va-t-en rebecqueter le vocabulaire, toi !). Soucieux de sceller ce pli malgré que la gomme du rabat soit inutilisable, ayant déjà servi, le Gros l’a clos avec une épingle de… sûreté, ce qui confère une certaine noblesse dix-septième siècle à son message.
Je libère la lettre de son sceau et la déroule. Le parchemin me déclare très exactement ceci :
Mon vieu Paf,
Il a pas tors, le pohète qui dit que « Qui aime le vant récolte la trompette. » Magine toi que moi et l’arbi que j’ t’ai causer, on n’a retrouvait la gonzaisse cavait la blouze blenche. Ile s’agite de une sècreterre de l’incompatibilité. Attens, contourne la groce tache de gras qu’é la, saillet ? Bon. La gonzaisse elle dit come sa qu’ cé un môssieu dont elle l’a prix pour un nain-gêneur des travots qui l’eusse priait d’avertire l’arbi vu qu’elle sans n’allé cheu z’elle étante à la fin de son sairvisse. J’i ai demender le cygne alleman du mec, ce don t’elle m’a fourni. Pour comble ed bonne heure un fou d’isi quétaient en sien policié et qu’en n’a gardait les marotes et qui samuse a relevait les numéraux miralojiques de toutes les z’autos qui vient t’isi, attens, contourne le ron de la boutaille, t’i yet ? Bon.
Un vrai décryptage. Je préfèrerais étudier des hiéroglyphes égyptiens plutôt que de traduire une babille du Dodu. J’en chope mal au bol, à force de surattention.
Je marque un temps de repos. Malnourry qui vient de sortir une boîte à pilules de sa vague me demande :
— M’autoriseriez-vous à boire un peu de votre Évian, monsieur le commissaire, c’est l’heure de mon Colargol-infrademeuré ?
— Faites, mon vieux…
Il se verse une rasade de flotte et gobe sa grosse pastille jaune en prenant des mines.
Moi, je retourne à mes décodages :
Le fou m’a fourny t’une litz dai numéraux don il a noter. Je m’ai mets t’en chasse pour si dé fouas sa donné quéquechosse. Fé-toi du lard en m’attendre et inquète-toi pa : dan 100 t’ans on n’ parlerat plu dé tousse sa. Ton paute :