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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
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Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]

Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:

Dans la Galaxie, l’étoile MarcheArrêt représente une énigme : elle observe un cycle de deux cent cinquante ans, s’éteint pendant deux cent quinze puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio.
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
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C’était possible. Victory songea à l’oncle Hrunk, qui détestait leur concept familial… et en même temps les adorait.

La voiture remonta les rues encombrées jusqu’à l’avenue centrale qui menait jusqu’aux collines des émetteurs. Radio Princeton était la plus ancienne station de la ville – papa disait qu’elle avait commencé à émettre avant la dernière Ténèbre, quand c’était une station de radio militaire. Dans la présente génération, ses propriétaires l’avaient reconstruite sur les fondations d’origine. Ils auraient pu avoir leurs studios en ville, mais ils tenaient beaucoup à leur vénérable tradition. Monter à la station en automobile par une route qui serpentait autour d’une colline – la plus haute qui soit, encore plus haute que celle sur laquelle ils habitaient – était donc une aventure palpitante. Dehors, le sol était encore couvert de givre matinal. Victory se hissa sur le perchoir de Gokna, et toutes deux se penchèrent pour mieux voir. On était en plein hiver, et juste avant les Années Moyennes du Soleil, mais c’était seulement la deuxième fois qu’elles voyaient du givre. Gokna dressa une main vers l’est.

— Regarde, on est déjà assez haut. Tu vois les Rocheuses ?

— Et il y a de la neige dessus !

Elles le crièrent d’une seule voix. Mais les lointains reflets avaient vraiment la couleur du givre matinal. Il faudrait peut-être encore deux ans avant que la primeneige arrive dans la région de Princeton, même en plein hiver. Quel effet ça ferait de marcher dans la neige ? De tomber dans une congère ? Les deux sœurs réfléchirent un instant à ces questions, oubliant les autres événements de la journée – en particulier le débat radiodiffusé qui préoccupait tout le monde, jusqu’à la générale, depuis dix jours.

D’abord, tous les jeunes faucheux, surtout Djirlib, avaient redouté cette confrontation.

— C’est la fin de l’émission, avait dit leur frère aîné. Maintenant, les auditeurs savent la vérité sur nous.

La générale était venue exprès de la Commanderie des Terres pour leur dire qu’il n’y avait là pas de quoi s’inquiéter, et que papa réglerait leur compte aux mécontents. Mais elle ne dit pas qu’ils pourraient reprendre leur émission. Le général Victory Smith avait l’habitude de donner des instructions aux troupes et à son personnel. Elle n’était pas vraiment douée pour rassurer des enfants. Secrètement, Gokna et Victory pensaient que toute cette agitation autour de l’émission de radio rendait maman plus nerveuse que toutes les aventures guerrières qui se cachaient au fond de son passé.

Seul Papa échappait à la consternation.

— C’est ce que j’attendais depuis toujours, annonça-t-il à maman lorsqu’elle arriva de la Commanderie. Il est plus que temps de nous montrer sous notre vrai jour. Ce débat va mettre des tas de choses en pleine lumière.

Maman ne disait pas autre chose, mais c’était plus gai quand c’était papa qui le disait. Ces dix derniers jours, il avait joué avec eux encore plus que d’habitude.

— Vous êtes mes experts pour ce débat, alors je peux passer tout mon temps avec vous sans cesser de jouer les travailleurs dévoués.

Et d’osciller sur place d’un air lugubre, feignant de s’atteler à une tâche invisible. Les bébés avaient adoré ça, et même Djirlib et Brent semblaient accepter l’optimisme de leur père. La générale était partie pour le sud la veille au soir ; comme d’habitude elle avait bien d’autres soucis que des problèmes familiaux.

Le sommet de la Colline Radio se trouvait au-dessus de la limite des arbres. Des ajoncs rabougris recouvraient le sol à côté du parking circulaire. Les enfants descendirent, et s’émerveillèrent du froid encore perceptible dans l’air. La petite Victory sentit comme une bizarre brûlure sur toute la longueur de ses voies respiratoires, comme si… comme si du givre était en train de s’y former. Était-ce possible ?

— Dépêchez-vous, les enfants. Gokna, ne reste pas là à gober les mouches.

Papa et ses grands fils les poussèrent sur le large escalier qui menait à la station. La pierre rugueuse, criblée de piqûres par le feu, n’avait pas été polie, à croire que les propriétaires voulaient se présenter comme les héritiers d’une tradition antédiluvienne.

À l’intérieur, les murs étaient décorés de photogrammes – des portraits des propriétaires et des inventeurs de la radio (les mêmes personnes, en l’occurrence). Tous les enfants, Rhapsa et Hrunk exceptés, étaient déjà venus. Djirlib et Brent participaient à « La Science racontée aux enfants » depuis deux ans ; ils avaient pris la suite des enfants en phase lorsque papa avait racheté les droits d’exploitation de l’émission. Sur les ondes, les deux garçons faisaient plus que leur âge, et Djirlib était aussi intelligent que la plupart des adultes. Apparemment, personne n’avait soupçonné leur âge véritable. Papa en avait été un peu irrité.

— Je veux que les gens le devinent tout seuls… mais ils sont trop bêtes pour imaginer la vérité !

Finalement, Gokna et Victory Junior avaient été rajoutées à la distribution. C’était marrant de faire comme si on avait des années de plus pour jouer ces scénarios débiles qu’ils avaient dans l’émission. Et M. Digby était très gentil, même si ce n’était pas un vrai savant.

Il n’empêche que Gokna et Victory Junior avaient encore des voix très jeunes. Finalement, quelqu’un, surmontant sa foi en la respectabilité des émissions radiophoniques, avait compris qu’une grave perversion était étalée à la face du grand public. Mais Radio Princeton était une station privée et, plus important encore, elle avait acheté sa tranche du spectre électromagnétique et disposait de canaux antiparasites sur les bandes voisines. Les propriétaires étaient des faucheux de la Génération 58 qui comptaient encore leur argent. À moins que l’Église des Ténèbres n’arrive à mobiliser les auditeurs sur un boycottage efficace, Radio Princeton continuerait de programmer « La Science racontée aux enfants ». D’où ce débat.

— Ah, docteur Underhill, quel plaisir de vous voir !

Mme Subtrime sortit majestueusement de son minuscule bureau. La directrice de la station, toute en jambages et mains dressées, avait le corps à peine plus gros que la tête. Gokna et Viki s’amusaient follement à l’imiter.

— Vous n’allez pas croire l’intérêt que ce débat a suscité. Nous le retransmettons sur la Côte Est, et il passera en différé sur les ondes courtes. Je vous le dis sans exagération aucune : nous avons des auditeurs absolument partout !

Je vous le dis sans exagération aucune… Cachée dans l’angle mort, Gokna agitait ses pièces buccales en mesure avec les paroles. Viki conservait un aspect correct et feignait de ne rien remarquer.

Papa hocha la tête à l’adresse de la directrice.

— Je suis heureux d’avoir autant de popularité, madame.

— Oh, oui alors ! Nos annonceurs se battent pour placer leurs pubs dans ce créneau. Ils s’entretuent, carrément.

Elle sourit aux enfants.

— J’ai fait en sorte que vous puissiez regarder depuis la cabine de l’ingénieur du son.

Ils se laissèrent obligeamment conduire, même s’ils connaissaient déjà l’endroit, tout en l’écoutant s’épancher à loisir. Aucun d’eux ne savait vraiment ce que Mme Subtrime pensait d’eux. Djirlib soutenait qu’elle n’était pas si bête que ça, et que derrière ce flot de paroles se cachait un cerveau froid de comptable.

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