Carnets noirs
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Серия: La Trilogie Bill Hodges #2
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Albin Michel
- ISBN: 9782226319227
- Переводчик: Océane Bies
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Carnets noirs». Краткое содержание книги:
Après Misery, King renoue avec un de ses thèmes de prédilection : l’obsession d’un fan. Dans ce formidable roman noir où l’on retrouve les protagonistes de Mr. Mercedes (prix Edgar 2015), il rend un superbe hommage au pouvoir de la fiction, capable de susciter chez le lecteur le meilleur… ou le pire.
— Je vois pas ce que tu veux dire. »
Subitement, c’est Jerome qui a du mal à soutenir son regard.
« Il est trop mince, pour commencer. Il a poussé son régime gym-salade trop loin. Mais c’est pas ça qui m’inquiète le plus.
— C’est quoi ? »
Mais Jerome sait, et il n’est pas surpris que Holly sache, même si Bill pense avoir réussi à le lui cacher. Holly a ses méthodes.
Elle baisse la voix comme si elle craignait d’être entendue même s’il n’y a personne d’autre qu’eux à cent mètres à la ronde :
« Il va le voir souvent ? »
Jerome n’a pas besoin de demander de qui elle parle.
« Je sais pas trop.
— Plus d’une fois par mois ?
— Je pense, oui.
— Une fois par semaine ?
— Peut-être pas aussi souvent. »
Mais qui peut l’affirmer ?
« Pourquoi ? » Holly a les lèvres qui tremblent. « Il est… Brady Hartsfield est un légume ou pas loin !
— T’as rien à te reprocher, Holly. Crois-moi. Tu l’as frappé parce qu’il s’apprêtait à faire sauter deux mille jeunes dans une salle. »
Il essaie de lui toucher la main mais elle la retire brusquement.
« Je me reproche rien ! Je le referais ! Encore et encore et encore ! Mais je déteste penser que Bill est obsédé par lui. Je sais ce que c’est, l’obsession, et c’est pas agréable ! »
Elle croise les bras sur sa poitrine, vieux geste de réconfort dont elle s’est en grande partie sevrée.
« Je crois pas que ce soit de l’obsession à proprement parler. » Jerome s’exprime avec précaution, cherchant les mots justes : « Je crois pas qu’il soit question du passé.
— Et de quoi d’autre ? Parce que ce monstre a aucun avenir ! »
Bill en est pas si sûr, pense Jerome, mais jamais il le dirait. Holly va mieux, mais elle est encore fragile. Et comme elle l’a dit elle-même, l’obsession, elle sait ce que c’est. De plus, lui-même n’a pas la moindre idée de ce que signifie cet intérêt persistant de Bill pour Brady. Il a seulement un pressentiment. Une intuition.
« Restons-en là », dit-il.
Cette fois, quand il pose sa main sur la sienne, elle le laisse faire, et ils bavardent de choses et d’autres encore un moment. Puis il consulte sa montre.
« Faut que j’y aille. J’ai promis de passer chercher Barbara et Tina à la piste de roller.
— Tina est amoureuse de toi, lâche Holly tout de go tandis qu’ils remontent la pente vers leurs voitures.
— Si c’est le cas, ça lui passera, dit Jerome. Je repars dans l’Est et dans pas longtemps, un mignon garçon va faire irruption dans sa vie. Elle écrira son nom sur les couvertures de ses livres.
— Je veux bien le croire, dit Holly. C’est comme ça que ça se passe en général, non ? Je ne veux pas que tu la taquines, c’est tout. Elle penserait que tu te moques d’elle et ça la rendrait triste.
— Je la taquinerai pas », dit Jerome.
Ils sont arrivés aux voitures et, encore une fois, Holly se force à soutenir son regard.
« Moi, je suis pas amoureuse de toi, pas comme elle, mais je t’aime quand même beaucoup, alors prends soin de toi, Jerome. Il y a des étudiants qui font de grosses bêtises. Ne sois pas l’un d’eux. »
Cette fois, c’est elle qui le prend dans ses bras.
« Oh, j’ai failli oublier, s’exclame Jerome. J’ai un petit cadeau pour toi. C’est un T-shirt, mais je pense pas que tu voudras le mettre pour aller voir ta mère. »
Il lui tend son sac en papier. Elle en sort un T-shirt rouge vif et le déplie. Un slogan, imprimé en lettres noires sur le devant, clame :
CETTE CONNERIE C’EST DES CONNERIES