Maupassant
- Автор: Де Мопассан Ги
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Neuchateloises
- ISBN: ASIN: B005HFL90I
- Жанр: Другая драматургия
Электронная книга - «Maupassant». Краткое содержание книги:
Ce livre des œuvres complètes de Guy de Maupassant est exhaustif. Il réunit ses huit romans (dont deux inachevés), ses quelques 350 nouvelles réunies en 24 recueils, ses sept pièces de théâtre (dont deux inachevées), toutes ses poésies (réunies en deux volumes), ses carnets de voyages ainsi que les centaines d’articles qu’il écrivit pour la presse entre 1876 et 1891 (classées par dates de publication et par recueils annuels). Une introduction de l’éditeur explique le parcours et l’œuvre de Guy de Maupassant. Ce livre est le fruit d'une somme de travail considérable. Les quelques milliers de pages de « Maupassant : Œuvres complètes » sont réparties en 57 volumes, ayant chacun un sommaire interactif propre. Aussi, un sommaire général permet d’accéder instantanément à n'importe lequel de ses volumes, ou, au choix, à un de ses chapitres, nouvelles, contes fantastiques, poésies, articles de presse, etc. Toutes ces œuvres ont été relues, corrigées lorsque cela était nécessaire, et mises en page avec soin pour en rendre leur lecture aussi agréable que possible.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
Au-delà d’une simple compilation, « Maupassant : Œuvres complètes » constitue également un formidable outil de recherche, facile et agréable à utiliser pour quiconque s’intéresse à l’œuvre de Guy de Maupassant. Pour le simple lecteur, il est une source de plaisir et de curiosité quasiment inépuisable.
• Edition complétée d’une étude de l’éditeur.
• Edition enrichie de notes explicatives interactives.
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Je ne sais plus du tout le premier vers.
Mme DESTOURNELLES furieuse
Monsieur, vous commencez à m'agacer les nerfs.
M. RENÉ
Quand j'aurai le premier, tous viendront à la suite.
Mme DESTOURNELLES
Certes, ils viendront. À moins qu'ils ne prennent la fuite.
M. RENÉ se frappant le front
Comme on oublie ! Allons, soufflez-moi, rien qu'un peu.
Mme DESTOURNELLES
Ah ! puissé-je, en soufflant, rallumer votre feu.
Elle souffle.
M. RENÉ il récite avec embarras
Je te vis, charmante bergère,
Assise, un jour, sur la fougère ;
Oui, là-bas, je te vis un jour ;
Et tout mon cœur brûla d'amour ;
Non point de flamme passagère
Qui s'éteint, trompeuse et légère.
C'est d'un indestructible amour
Que je brûlai, douce bergère,
Quand je te vis sur la fougère…
C'est bien ?
Mme DESTOURNELLES
« C'est bien » n'est pas au rôle, assurément.
Et puis ce serait bien… si c'était autrement.
M. RENÉ
Pourquoi cela ?
Mme DESTOURNELLES
Pourquoi ? vous êtes détestable
Comme un petit garçon qui récite une fable.
Votre voix, votre corps, vos gestes sont en bois.
Avez-vous aimé ?
M. RENÉ très étonné
Moi ?
Mme DESTOURNELLES
Vous.
M. RENÉ
Certes… quelquefois.
Mme DESTOURNELLES
Eh bien, racontez-moi cela.
M. RENÉ
Quoi ?
Mme DESTOURNELLES
Vos conquêtes ;
Car je ne vous vois pas faisant tourner les têtes.
M. RENÉ
Je ne dirai point si j'ai réussi…
Mme DESTOURNELLES
Toujours ?
Non. Vous ne devez pas être heureux en amours.
Eh bien ! nous allons voir ce que vous savez faire.
Supposons qu'une femme, habile en l'art de plaire,
Se trouve en tête-à-tête avec vous. Son… esprit
Dès longtemps attira votre cœur et le prit.
— Supposons que je sois cette femme charmante —
Vous voulez exprimer l'amour qui vous tourmente ;
Nous sommes tous deux seuls. — Allez. —
Elle attend. Il reste debout devant elle dans une pose embarrassée.
Eh bien, c'est tout ?
On peut sans péril écouter jusqu'au bout.
Alors changeons de rôle, et soyez la bergère.
Je vais improviser. Asseyez-vous ; — ma chère.
Elle prend le chapeau du marquis ; s'en coiffe ; fléchit un genou devant lui, et, avec une moquerie dans la voix.
Je cours après le bonheur ;
Plus je cours, plus il va vite.
Mais ce bonheur qui m'évite,
Dis, n'est-il pas dans ton cœur ?
Je cherche la douce fièvre ;
Mais elle me fuit toujours.
Cette fièvre des amours,
N'est-elle pas sur ta lèvre ?
Pour les trouver j'ai dessein
De baiser, ô ma farouche,
Et ton âme sur ta bouche,
Et ton doux cœur sur ton sein.
Elle le regarde en riant, puis, se relevant.
Il l'embrasse. Êtes-vous une bergère en Sèvres ?
Troublez-vous. Qu'un soupir s'échappe de vos lèvres.
Baissez les yeux, tremblez, pâlissez, rougissez.
changeant de ton — d'une voix brève
Çà, nous ne ferons rien. Cher monsieur, c'est assez.
M. RENÉ brusquement
Je suis mauvais, la faute en est à mon costume ;
Si j'étais en habit tout simple, je présume
Que je saurais sans peine exprimer mon amour.
À l'époque fleurie où régnait Pompadour,
Presque autant que la tête on poudrait la pensée ;
Et la phrase ambiguë, avec soin cadencée,
Semblait une chanson aux lèvres des amants.
Ils avaient en l'esprit encor plus d'ornements
Que de rubans de soie à leur fraîche toilette.
L'amant était léger, l'amante était follette.
Ils ne se permettaient que de petits baisers
Pour ne point faire tort à leurs cheveux frisés ;
Et gardaient tant de grâce et de délicatesse
Qu'un mot un peu brutal eût rompu leur tendresse.
Mais aujourd'hui, qu'on a décousu pour toujours
La pompe des habits et celle des discours,
Nous ne comprenons plus ces futiles manières ;
Et pour se faire aimer il faut d'autres prières,
Plus simples mais aussi plus ardentes.
Mme DESTOURNELLES
Il faut,
Cher monsieur, pour jouer un rôle sans défaut,
Se mettre, avec l'habit, la peau du personnage ;
Sentir avec son cœur, penser selon son âge,
Aimer comme il aimait.
M. RENÉ
Mais moi, si j'aime aussi.
Mme DESTOURNELLES
Vous n'aimez pas.
M. RENÉ
Pardon, j'aime.
Mme DESTOURNELLES
Mais non.
M. RENÉ
Mais si.
Mme DESTOURNELLES
Alors vous avez dû lui dire : « Je vous aime. »
Rappelez-vous le ton, et puis faites de même.
M. RENÉ
Non. Je n'ai point osé lui dire.
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