L'espace de la révélation [Revelation Space - fr]
- Автор: Рейнольдс Аластер
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: Presses de la Cit
- ISBN: 2-258-05841-4
- Переводчик: Dominique Haas
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «L'espace de la révélation [Revelation Space - fr]». Краткое содержание книги:
La découverte d’une fabuleuse cité enfouie suscite plus de questions qu’elle n’en résout : Sylveste, qui est archéologue, déchiffre l’histoire des Amarantins, des êtres mi-hommes, mi-oiseaux. Une tribu renégate avait quitté Resurgam pour partir dans les étoiles et, peu après son retour, un mystérieux Evénement avait provoqué l’anéantissement de toute vie à la surface de la planète. Ce cataclysme, les Amarantins l’avaient anticipé… Et s’ils l’avaient eux-mêmes provoqué ?
C’est alors que l’équipage d’un gigantesque vaisseau interstellaire décrépit, le gobe-lumen Spleen de l’Infini, vient chercher Sylveste, dans l’espoir que son père, Calvin, sauvegardé après sa mort sous forme de simulation numérique, pourra « réparer » le capitaine, un « chimérique », ou cyborg, plongé en cryothermie afin de ralentir la Pourriture Fondante qui provoque chez lui des mutations monstrueuses. Mais les membres de l’équipage du Spleen de l’Infini ont chacun des intentions cachées...
Khouri sentait le tissu froid, trempé, de son pantalon qui lui collait aux fesses.
— C’est pour ça que je suis descendue ici, en fait. Pour trouver un peu de calme et de tranquillité. Afin de mettre de l’ordre dans mes idées.
— Et dans l’espoir qu’il partagerait un peu de sa sagesse avec vous ? fit Sudjic avec un mouvement de menton en direction du capitaine.
— Il est mort, Sudjic. Il se peut que je sois la seule ici à le reconnaître, mais c’est la vérité quand même.
— Sylveste pourrait peut-être le soigner.
— Et même s’il pouvait, Sajaki le souhaiterait-il ? fit Khouri avec un hochement de tête entendu.
— Bien sûr, bien sûr. Je comprends parfaitement. Mais écoutez-moi, dit Sudjic, la voix réduite à un murmure de conspiration, alors que les seuls êtres capables de les entendre étaient les rats qui détalaient furtivement. Ils ont trouvé Sylveste, c’est ce que j’ai appris juste avant de descendre.
— Quoi ? Ils l’ont trouvé ? Vous voulez dire qu’il est là ?
— Non, bien sûr que non. Ils viennent seulement de prendre contact. Ils ne savent même pas encore où il est, juste qu’il est vivant. Reste à faire venir ce salaud à bord, d’une façon ou d’une autre. Et c’est là que vous intervenez. Et moi aussi, d’ailleurs.
— Comment ça ?
— Je ne prétends pas comprendre ce qui s’est passé avec Kjarval dans la soute d’entraînement, Khouri. Il se peut qu’elle ait tout simplement craqué, sauf que je la connaissais mieux que personne à bord, et je dirais qu’elle n’était pas vraiment du genre à craquer. En tout cas, ça a fourni à Volyova un prétexte pour l’éliminer. Je n’aurais jamais cru que cette sorcière la détestait à ce point…
— Ce n’était pas la faute de Volyova…
— Peu importe, coupa Sudjic. Ce n’est pas le problème, pour le moment. Seulement ça veut dire qu’elle aura besoin de vous pour la mission. Nous allons descendre pour le récupérer, Khouri, nous deux et peut-être la reine des salopes en personne…
— Ça, vous n’en savez rien encore.
Sudjic secoua la tête.
— Pas officiellement, non. Mais quand vous aurez passé autant de temps que moi à bord, vous découvrirez une chose ou deux sur le contournement des canaux habituels.
L’espace d’un instant, il n’y eut que le silence, uniquement troublé par le goutte-à-goutte d’une conduite qui fuyait, un peu plus loin, dans la coursive inondée.
— Sudjic, pourquoi me racontez-vous tout ça ? Je pensais que vous me détestiez ?
— Peut-être, en effet, répondit-elle. Mais c’était avant. Maintenant, nous devons nous serrer les coudes. Je me suis dit que vous me sauriez gré de vous avoir prévenue. Si vous avez un peu de bon sens et si vous savez à qui faire confiance.
Volyova parlait dans son bracelet :
— Infini, je demande la corrélation de l’échantillon de voix qui va suivre et des enregistrements stockés à bord de la voix de Sylveste. Si vous ne pouvez confirmer la corrélation, je veux en être informée immédiatement par canal sécurisé.
La voix de Sylveste retentit, fortement, au milieu d’une phrase :
« … si vous me recevez. Je répète : j’ai besoin de savoir si vous me recevez. Putain, je vous demande d’accuser réception ! »
— C’est bien lui, nota Volyova, couvrant la voix de l’homme. Je reconnaîtrais ce ton impérieux au bout de l’univers. Coupez-moi ça. J’imagine que nous n’avons pas encore ses coordonnées ?
— Désolé. Il va falloir que vous vous adressiez à la colonie dans son ensemble, en espérant qu’il vous recevra.
— Je suis sûre qu’il n’aura pas négligé ce détail.
Volyova regarda son bracelet et constata que le bâtiment ne pouvait pas encore confirmer si la voix qu’ils entendaient était bien celle de Sylveste. L’incertitude s’expliquait par le fait que le Sylveste qui était jadis venu à bord était beaucoup plus jeune que celui qu’ils cherchaient à présent, et la comparaison vocale ne serait peut-être pas parfaite. Mais, même en tenant compte de cela, il paraissait de plus en plus vraisemblable qu’ils l’avaient trouvé et que ce n’était pas un malheureux imitateur volant au secours de la colonie.
— D’accord. Connectez-moi. Sylveste ? Ici Volyova. Vous m’entendez ?
— Ce n’est pas trop tôt ! répondit-il d’une voix plus claire.
— Je suppose que ça veut dire « oui », susurra Hegazi.
— Nous devons discuter de la logistique nécessaire pour venir vous chercher, et je pense qu’il vaudrait mieux que nous le fassions sur un canal sécurisé. Donnez-moi vos coordonnées. Nous effectuerons un balayage approfondi de la région et nous pourrons capter vos émissions à la source. Ça nous évitera de passer par Cuvier.
— Et pourquoi feriez-vous ça ? Il y a quelque chose que vous voulez me faire savoir et que la colonie doit ignorer ? (Il marqua une pause, et Volyova esquissa mentalement un sourire mauvais.) On ne peut pas dire que vous ayez pris des gants avec eux, jusque-là. (Autre pause.) En passant, ça m’ennuie de traiter avec vous et pas avec Sajaki.
— Il est indisponible, rétorqua Volyova. Donnez-moi votre position.
— Désolé, mais je ne peux pas.
— Il va falloir que vous trouviez mieux que ça.
— Pourquoi m’en donnerais-je la peine ? C’est vous qui avez toute la puissance de feu. À vous de trouver une solution.
Hegazi fit signe à Volyova de couper la liaison audio.
— Il ne peut peut-être pas révéler sa position.
— Comment ça, il ne pourrait pas ?
Hegazi tapota, d’un doigt d’acier, l’arête en même matériau de son nez.
— Ses ravisseurs l’en empêchent peut-être. Ils sont prêts à le laisser partir, mais ils ne veulent pas révéler leur position.
Volyova opina du chef. Après tout, Hegazi n’avait peut-être pas tort. Elle restaura la liaison.
— D’accord, Sylveste. Je veux bien comprendre votre point de vue. Je propose le compromis suivant, en supposant que vous ayez les moyens de vous déplacer. J’imagine que vos, euh, vos hôtes pourront organiser quelque chose à bref délai ?
— Nous avons des moyens de transport, si c’est ce que vous voulez savoir.
— Dans ce cas, je vous accorde six heures. Ça devrait suffire pour que vous vous éloigniez suffisamment de l’endroit où vous vous trouvez en ce moment afin de ne pas en compromettre la sécurité en révélant votre position. Mais si, dans six heures, nous n’avons pas de nouvelles de vous, nous lancerons l’attaque sur la cible suivante. C’est bien clair pour toutes les personnes concernées ?
— Oh oui, fit sèchement Sylveste. Parfaitement clair.
— Encore une chose.
— Oui ?
Amenez Calvin avec vous.
16
Sylveste sentit que l’appareil décollait. Il vola d’abord à l’horizontale, en quittant le hangar souterrain de Mantell, puis il prit rapidement de la hauteur et décrivit un virage pour éviter de s’écraser contre les strates de la mesa voisine. Sylveste créa un hublot, mais il y avait trop de poussière et c’est à peine s’il entrevit la base alors que la muraille de la mesa dans laquelle elle était enchâssée passait sous la brillante courbe de l’aile de plasma. Il ne reviendrait jamais, il en avait la certitude absolue. Et ce n’était pas seulement Mantell qu’il avait l’impression de voir pour la dernière fois, mais – il n’aurait trop su dire pourquoi – la colonie tout entière.
L’aile volante était le plus petit et le moins précieux des aéronefs que la colonie pouvait mettre à sa disposition. C’était un engin à peine plus grand que le volantor qu’il avait pris pour venir de Chasm City, il y avait une éternité de ça, mais il était assez rapide pour l’emmener à une distance significative en six heures. Bien que l’appareil soit prévu pour quatre passagers, Sylveste et Pascale étaient seuls à bord. Ce qui ne préjugeait en rien de leur liberté de mouvement : ils étaient toujours les prisonniers de Sluka. Ses gens avaient programmé le cap de l’aéronef avant son départ de Mantell, et il ne dévierait de ce plan de vol que si le pilote automatique jugeait que les conditions météo imposaient un changement de destination. Sylveste et sa femme seraient déposés à un endroit prédéterminé, qui n’avait pas encore été révélé à Volyova et à ses compagnons de bord, à moins que la situation au lieu d’atterrissage prévu ne soit désastreuse, auquel cas un autre lieu serait choisi dans la même zone.