La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #2
- Год: 1987
- Язык: французский
- Год: OPTA
- ISBN: 2-7201-0300-4
- Переводчик: Daniel Lemoine
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La voix des morts [Speaker for the Dead - fr]». Краткое содержание книги:
Serait-ce Lusitania ? Là vivent les piggies, drôles de petits cochons à l’esprit agile. Des êtres étranges, véritable énigme pour les hommes. N’ont-ils pas assassiné, sans mobile apparent, le scientifique qui les étudiait ? Une mort mystérieuse et rituelle. Ender s’est jure de découvrir la vérité sur ce meurtre. Malgré la peur et l’incompréhension des hommes.
La paix régnera-t-elle un jour entre des races aussi différentes ? Les hommes, les piggies et… pourquoi pas les doryphores ?
C’était le miracle de l’hostie transformée entre ses mains en la chair de Dieu. Comme nous trouvons soudainement la chair de Dieu en nous, après tout, alors que nous pensions n’être faits que de poussière.
LA REINE
L’évolution n’a donné à sa mère ni canal destiné à la naissance, ni seins. De sorte que la petite créature qui se nommerait un jour Humain ne put sortir de la matrice que grâce aux, dents de sa bouche. Ses jumeaux et lui dévorèrent le corps de leur mère. Comme Humain était plus fort et vigoureux, il mangea davantage et devint encore plus fort.
Humain vécut dans le noir total. Lorsque sa mère eut disparu, il ne lui resta plus à manger que le liquide sucré qui coulait à la surface de son univers. Il ne savait pas encore que la surface verticale était l’intérieur d’un grand arbre creux et que le liquide qu’il mangeait était la sève de l’arbre. Il ne savait pas non plus que les créatures chaudes qui étaient beaucoup plus grosses que lui étaient des piggies plus âgés, presque sur le point de quitter l’obscurité de l’arbre, et que les petites étaient des jeunes, nés après lui.
Ses seuls soucis consistaient à manger, bouger et voir la lumière. Car, de temps en temps, suivant des rythmes qu’il ne pouvait comprendre, la lumière pénétrait soudain dans les ténèbres. Cela commençait toujours avec un bruit dont il ne percevait pas la source. Puis l’arbre frémissait légèrement, la sève cessait de couler, et toute l’énergie de l’arbre était consacrée à l’altération de la forme du tronc, en un endroit, afin de ménager une ouverture qui permettait à la lumière d’entrer. Quand la lumière était là, Humain se dirigeait vers elle. Quand elle n’était pas là, Humain perdait tout sens de l’orientation et errait sans but à la recherche du liquide qu’il buvait.
Jusqu’au jour où, lorsque presque toutes les créatures furent plus petites que lui, la lumière vint, et il était devenu si fort et si rapide qu’il atteignit l’ouverture avant qu’elle ait pu se refermer. Il colla son corps sur la courbe du bois de l’arbre et, pour la première fois, sentit l’écorce rugueuse contre son ventre tendre. Ce fut à peine s’il remarqua cette douleur nouvelle, parce que la lumière l’éblouissait. Elle n’était pas en un seul endroit, elle était partout et elle n’était pas grise, mais vert et jaune. Sa fascination dura de nombreuses secondes. Puis il eut à nouveau faim et ici, à l’extérieur de l’arbre-mère, la sève ne coulait que dans les fissures de l’écorce, où elle était difficile à atteindre, et, au lieu de petites créatures qu’il était facile d’écarter, il y en avait de plus grosses que lui qui le chassaient des endroits où il était aisé de manger. C’était une chose nouvelle, un univers nouveau, une vie nouvelle, et il eut peur.
Plus tard, lorsqu’il sut parler, il se souvint du voyage de l’obscurité à la lumière, et l’appela : passage de la première vie à la deuxième, passage des ténèbres à la vie de la demi-lumière.