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Hypérion [Hyperion - fr]

Электронная книга - «Hypérion [Hyperion - fr]». Краткое содержание книги:

Hypérion marquera durablement la science-fiction. Ce splendide roman a reçu le prix Hugo aux Etats-Unis et son auteur s’annonce un rival dangereux pour Stephen King lui-même.
Hypérion est un livre-univers, comme le Dune de Frank Herbert, un roman d’aventures haletant mais aussi un exploit littéraire impressionnant qui ressuscite dans l’avenir le poète anglais John Keats et fait écho à son oeuvre majeure, Hypérion.
Au 28° siècle, sur la planète Hypérion, les dangers s’amoncellent. Celui de la guerre avec l’approche de la flottes des Extros en perpétuel conflit avec l’Hégémonie. Celui du gritche, figure mythologique et meurtrière que révère l’Eglise des Templiers. Celui de l’ouverture des Tombeaux du Temps qui dérivent de l’avenir vers le passé à la rencontre d’une imprévisible catastrophe.
Dans l’espoir de sauver Hypérion et d’accomplir leurs destins suspendus, sept pèlerins se dirigent ensemble vers le sanctuaire du gritche. Il y a le père Lenar Hoyt, prêtre catholique, qui a vu l’enfer ; le colonel Kassad, dit le Boucher de Bressia, à la recherche d’un rêve ; Martin Silenus, le poète, qui a connu la Vieille Terre et perdu les mots ; Brawne Lamia, la belle détective, qui a aimé un John Keats synthétique : le Consul qui a régné sur Hypérion ; Sol Weintraub, l’érudit, dont la fille perd des années ; et le templier Het Masteen, qui garde ses secrets.
Autant d’énigmes, autant d’histoires, qu’ils choisissent de conter avant d’affronter les labyrinthes d’Hypérion. Autant de styles différents.
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Il descendit rapidement dans l’entrepont.

— L’Arbre ! s’exclama Het Masteen.

Il désigna une tache de lumière qui se déplaçait au milieu des explosions comme un brandon au milieu d’un feu d’artifice.

Kassad remonta avec ses jumelles à amplification, qu’il fit passer à tout le monde.

— Les Extros ? demanda Lamia. Ils ont lancé leur invasion ?

— Il y a de fortes chances pour que ce soient les Extros, répondit Kassad. Mais je pense qu’il s’agit seulement d’un raid de reconnaissance. Vous voyez les essaims ? Là, ce sont les missiles de l’Hégémonie que font exploser les systèmes de contre-mesures des croiseurs extros.

Les jumelles arrivèrent jusqu’au consul. Les éclairs étaient maintenant bien visibles, avec leurs couronnes de flammes brèves. Il discerna l’ombre et la traîne d’au moins deux croiseurs poursuivis par des vaisseaux de l’Hégémonie.

— Je ne crois pas… commença Kassad…

Il s’arrêta net tandis que les voiles de leur chariot et les herbes de la plaine s’embrasaient d’une lueur orange.

— Mon Dieu ! murmura le père Hoyt. Ils ont touché le vaisseau-arbre !

Le consul braqua les jumelles sur la gauche. On voyait le nimbe grandissant des flammes à l’œil nu ; mais avec les jumelles, le tronc principal d’un kilomètre de long et les branches secondaires de l’Yggdrasill demeurèrent un instant visibles, entourés de longues flammes qui se courbaient dans l’espace sous l’effet des champs de confinement saturés et de l’oxygène qui brûlait. Puis le nuage orangé se contracta, devint flou et s’effilocha, rendant le tronc visible, l’espace d’une seconde, alors même qu’il s’embrasait une dernière fois et disparaissait comme les dernières braises d’un feu qui s’éteint. Rien n’avait pu survivre. Le vaisseau-arbre Yggdrasill avait péri avec tout son équipage, ses clones et ses maîtres d’ergs semi-sentients.

Le consul se tourna vers Het Masteen et lui tendit, un peu tard, les jumelles.

— Je… Je suis navré, murmura-t-il.

Le Templier ne prit pas les jumelles. Lentement, il baissa la tête, rajusta son capuchon puis descendit sans dire un mot.

Le vaisseau-arbre se désintégra dans une explosion finale. Dix minutes plus tard, lorsque la nuit fut redevenue calme, Brawne Lamia demanda :

— Vous croyez qu’ils les ont eus tous ?

— Les Extros ? demanda Kassad. Il est probable que non. Ces croiseurs sont faits pour la défense et la rapidité. Ils doivent déjà être à des minutes-lumière.

— Est-ce que le vaisseau-arbre était leur objectif principal, à votre avis ? demanda Silenus, qui semblait soudain étrangement sobre.

— Je ne crois pas, répondit Kassad. Il formait pour eux une cible tentante, c’est tout.

— Une cible tentante… répéta Sol Weintraub en secouant la tête. Je crois que je vais aller me reposer quelques heures, ajouta-t-il. L’aube n’est plus très loin.

Un par un, les autres le suivirent. Kassad et le consul demeurèrent seuls sur le pont.

— Où dois-je monter la garde ? demanda le consul.

— Faites une ronde, suggéra le colonel. De la coursive au pied de l’échelle de descente, vous pouvez surveiller toutes les portes des cabines et l’entrée de la cambuse et de la salle à manger. Vous pouvez ensuite monter sur le pont et sur la passerelle. Laissez les lanternes allumées. Avez-vous une arme ?

Le consul secoua négativement la tête.

Kassad lui tendit son bâton de la mort.

— Il est réglé sur faisceau serré, dit-il. Environ cinquante centimètres sur une distance de dix mètres. Ne vous en servez que si vous êtes sûr d’avoir vu un intrus. La pastille piquetée qui glisse en avant est la sécurité. Elle est enclenchée.

Le consul hocha la tête, en s’assurant que son doigt n’était pas en contact avec le bouton de tir.

— Je viendrai prendre la relève dans deux heures, annonça Kassad.

Il consulta son persoc.

— L’aube se lèvera avant la fin de ma faction, ajouta-t-il.

Il leva les yeux vers le ciel, comme s’il s’attendait à voir l’Yggdrasill réapparaître et continuer son chemin comme une luciole à travers le ciel. Mais seules les étoiles scintillaient là-haut. À l’horizon nord-est, une masse noire en mouvement annonçait un orage.

— Quel gâchis ! fit le colonel Kassad en secouant la tête.

Puis il descendit dans l’entrepont.

Le consul demeura quelques instants au même endroit, écoutant le bruit du vent dans la toile, les craquements du gréement et le grondement de la roue. Au bout d’un moment, il se tourna vers le bastingage et contempla les ténèbres, perdu dans ses réflexions.

5

Le lever du soleil sur la mer des Hautes Herbes était un pur objet de beauté. Le consul contempla le spectacle du point le plus élevé du pont arrière. Après son tour de garde, il avait essayé en vain de dormir, puis il était remonté sur le pont voir la nuit pâlir avec les premières lueurs du matin. Le front orageux alignait à l’horizon ses nuages sombres ourlés d’or en haut et en bas par le soleil levant qui se reflétait sur le monde. Les voiles, les cordages et les espars, polis par le temps, du chariot à vent brillèrent quelques minutes sous cette brève manne de lumière privilégiée, juste avant que les nuages, obscurcissant le ciel, retirent de nouveau toute couleur au monde. Le vent qui suivit ce tomber de rideau fut glacial, comme s’il descendait des sommets enneigés de la Chaîne Bridée, à peine visible sous la forme d’une masse floue à l’horizon du nord-est.

Brawne Lamia et Martin Silenus rejoignirent bientôt le consul sur la plage arrière avec une tasse de café chaud qu’ils s’étaient servie dans la cambuse. Le vent faisait gémir le gréement et claquer les voiles. La masse de boucles épaisses de Brawne Lamia auréolait son visage comme un nimbe noir.

— Bonjour, grogna Silenus en louchant par-dessus sa tasse en direction de la mer des Hautes Herbes creusées par le vent.

— Bonjour, répondit le consul, étonné de se sentir alerte malgré la nuit blanche qu’il venait de passer. Nous avons le vent dans la proue, mais le chariot se comporte bien. Je pense que nous atteindrons les montagnes avant le soir.

— Hmmm, commenta Silenus, le nez dans sa tasse.

— Je n’ai pas fermé l’œil, dit Brawne Lamia. Je pensais à l’histoire de H. Weintraub.

— Je ne crois pas que… commença le poète.

Il s’interrompit à l’arrivée de Weintraub avec son bébé, dont la tête dépassait du sac en bandoulière contre sa poitrine.

— Bonjour tout le monde, fit Weintraub en regardant autour de lui. Il ne fait pas chaud, ce matin, n’est-ce pas ? ajouta-t-il après avoir pris une grande inspiration.

— Vous voulez dire qu’on se les gèle, oui, lui dit Silenus. Et au nord des montagnes, ce sera pire.

— Je descends prendre un gilet, fit Brawne Lamia.

Mais avant qu’elle pût faire un pas, un cri perçant monta de l’entrepont.

— Du sang !

Il y avait, effectivement, du sang partout. La cabine de Het Masteen était curieusement intacte – le lit non défait, les malles et les autres bagages soigneusement empilés dans un coin, la robe pliée sur le dossier d’une chaise – à l’exception du sang qui couvrait de larges sections du plancher, des cloisons et du plafond. Les six pèlerins se massèrent à l’entrée, hésitant à avancer.

— Je passais dans la coursive pour monter sur le pont, expliqua le père Hoyt d’une voix étrangement monocorde. La porte était entrebâillée. J’ai aperçu le… sang sur le mur.

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