Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Ender (fr) #4
- Год: 2000
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-30545-6
- Переводчик: Jean-Marc Chambon
- Жанр: Научная фантастика
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Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
Il passa une main à travers les plants de pommes de terre pour la poser sur sa cuisse. « Alors tu m’aimes toujours ? demanda-t-il.
— C’est pour cela que tu es ici ? Pour savoir si je t’aime toujours ? »
Il acquiesça. « En partie.
— Je t’aime, dit-elle.
— Alors je peux rester ? »
Elle éclata en sanglots. Puis se laissa tomber à terre. Il se rapprocha d’elle pour la prendre dans ses bras, sans se soucier des feuilles qu’il écrasait. Après qu’il l’eut serrée contre lui un long moment, elle cessa de pleurer, puis l’étreignit à son tour avec autant d’énergie.
« Oh, Andrew, murmura-t-elle, des sanglots dans la voix. Dieu m’aime-t-il assez pour te rendre enfin à moi, au moment où j’ai tant besoin de toi ?
— Jusqu’à ma mort.
— Je connais bien ce passage, dit-elle. Mais je prie le ciel pour que cette fois ce soit moi qui parte la première. »
3
« nous sommes trop nombreux »
« Laissez-moi vous raconter la plus belle histoire que je connaisse. On avait donné à un homme un chien que celui-ci adorait.
Le chien l’accompagnait partout, mais l’homme n’avait pu lui apprendre à faire quoi que ce soit d’utile. Le chien refusait d’aller chercher ou de tomber en arrêt, il ne courait pas, ne le protégeait pas, ne gardait pas la maison.
Au lieu de cela, il s’asseyait à côté de lui et l’observait, avec la même expression indéfinissable.
« Ce n’est pas un chien, c’est un loup », dit sa femme.
« C’est le seul qui me soit fidèle », répondit l’homme, et sa femme n’aborda plus jamais le sujet avec lui.
Un jour l’homme emmena le chien dans son avion particulier. Alors qu’il survolait les hautes montagnes enneigées, les moteurs tombèrent en panne et l’avion s’écrasa dans les arbres.
L’homme était allongé, baignant dans son sang, le ventre ouvert par des lames de métal en charpie, ses entrailles fumant dans l’air glacial, mais sa seule et unique pensée fut pour son chien fidèle.
Était-il vivant ? Était-il blessé ?
Vous imaginez son soulagement lorsqu’il vit son chien s’approcher et le regarder de ce même regard profond. Quelques instants plus tard le chien renifla ses entrailles, puis se mit à sortir les intestins, la rate et le foie pour les dévorer, tout en observant le visage de l’homme.
« Dieu merci, dit l’homme. L’un de nous deux au moins ne mourra pas de faim. »